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En 2016, le terroriste de Beer Sheva avait été qualifié de « bombe à retardement »

Mohammad Ghaleb Abu al-Qian avait précédemment été emprisonné pour ses liens avec l’État islamique , un juge avait déclaré qu’il avait exprimé des « remords sincères »

Mohammad Ghaleb Abu al-Qi'an. (Crédit : Courtoisie)
Mohammad Ghaleb Abu al-Qi'an. (Crédit : Courtoisie)

Le terroriste qui a tué quatre Israéliens à Beer Sheva mardi aurait été qualifié de « bombe à retardement » par les procureurs dans une précédente affaire de sécurité et condamné à quatre années d’emprisonnement.

Âgé de 34 ans, Mohammad Ghaleb Abu al-Qian a tué trois femmes et un homme dans un attentat à l’arme blanche, dans la ville du sud du pays avant d’être abattu par des civils armés.

Originaire de la ville bédouine de Hura dans le Neguev, il avait été condamné pour terrorisme et avait purgé quatre ans de prison pour avoir comploté pour rejoindre l’État islamique, avant d’être libéré en 2019.

Abu al-Qian était enseignant dans une école primaire lorsqu’il avait été inculpé en 2015 pour affiliation à l’État islamique et pour avoir tenté de recruter des personnes pour le groupe djihadiste.

Il a admis pendant sa détention avoir créé un groupe secret tenant des réunions clandestines liées à l’État islamique et avoir prévu de quitter Israël sous prétexte d’un pèlerinage à La Mecque, mais dans le véritable but de rejoindre des combattants terroristes en Syrie.

La Douzième chaîne a précisé que dans l’affaire de 2015, au moment de la condamnation d’Abu al-Qi’an, l’accusation avait déclaré que « les criminels comme l’accusé sont une bombe à retardement, et il est impossible de savoir quand le compte à rebours commencera ».

« L’État d’Israël est un pays en proie au terrorisme, et les atteintes à sa sécurité sont beaucoup plus graves lorsqu’elles sont le fait de citoyens israéliens », avait indiqué l’accusation. La plupart des attaques terroristes en Israël sont menées par des Palestiniens, et non par des Arabes israéliens comme Abu al-Qian.

Le juge de cette affaire, Yoel Eden, avait considéré les crimes d’Abu al-Qian comme graves, mais lui avait infligé une peine relativement légère parce qu’il pensait que l’accusé ne constituait plus une menace, selon l’information donnée par la Douzième chaîne. L’accusation avait demandé qu’Abu al-Qian soit condamné à cinq ans d’emprisonnement, mais le juge avait finalement statué en faveur de quatre années.

Expliquant sa décision, le juge a déclaré que « l’accusé a exprimé des remords et dit qu’il savait qu’il avait tort, qu’il ne recommencerait pas ».

« Compte tenu de ce qu’il a dit, et en particulier en absence de casier judiciaire, de son acceptation de responsabilité et de ses remords sincères, la peine sera prononcée à l’extrémité inférieure du seuil », aurait déclaré le juge, selon la Douzième chaîne.

La police israélienne sécurise les lieux d’un attentat terroriste devant un centre commercial dans la ville de Beer Sheva, le 22 mars 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Après l’attaque de mardi, les forces de sécurité craignent des « répliques », menant à une escalade généralisée. Elles s’étaient déjà mises en alerte, craignant une résurgence de violence à l’occasion du début du Ramadan, le mois prochain.

Les hauts responsables des forces de sécurité israéliennes craindraient que des attentats similaires se produisent en Israël, et plus seulement en Cisjordanie, a affirmé la radio publique Kan.

Selon cette même information, ils redouteraient une flambée de violence comparable à la « vague de terrorisme » de 2016 qui avait vu se multiplier des attentats quasi-quotidiens, perpétrés par des loups solitaires, principalement armés de couteaux ou au volant de voitures-béliers.

L’agence de sécurité intérieure du Shin Bet recueillerait actuellement des renseignements sur les citoyens israéliens de la communauté bédouine susceptibles d’être des terroristes. Ces dernières années, l’establishment de la défense aurait relevé une implication croissante des Bédouins dans des activités terroristes, a indiqué Kan.

Les hauts responsables des services de sécurité considèrent les meurtres de mardi comme relevant d’un attentat de l’État islamique, bien que le groupe ne l’ait pas revendiqué et la police adéclaré qu’Abu al-Qian avait probablement agi seul.

Lors d’une évaluation de la situation mardi, le Premier ministre Naftali Bennett a demandé au ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev, qui supervise la police, ainsi qu’au chef de la police israélienne, Kobi Shabtai, d’être sur le qui-vive face à de possibles attentats.

Bennett a déclaré que les forces de sécurité traqueraient tous les complices impliqués. Il a salué l’action rapide des civils armés qui ont tiré sur le terroriste, empêchant que d’autres personnes soient blessées.

Il a déclaré que les forces de sécurité étaient en « état d’alerte maximale ».

Dans un message adressé aux responsables israéliens, les responsables de l’Autorité palestinienne auraient exprimé leur tristesse face aux meurtres et déclaré qu’ils considéraient l’incident comme un attentat terroriste grave et douloureux, a indiqué Kan.

Lieux d’un attentat terroriste mortel, devant le centre commercial BIG à Beer Sheva, dans le sud d’Israël, le 22 mars 2022. (Crédit : Flash90)

L’Autorité palestinienne n’a pas fait de déclaration publique condamnant l’attentat. Selon les mêmes informations, les responsables palestiniens craindraient que de nouvelles attaques ne conduisent Israël à renforcer les restrictions à l’occasion des prochaines fêtes du Ramadan.

Abu al-Qian avait été inculpé en 2015 avec deux autres enseignants et plusieurs autres individus pour avoir soutenu l’État islamique et prononcé des sermons devant des membres de la communauté – y compris des mineurs – faisant l’apologie du groupe djihadiste et affirmant que les extrémistes ne s’écartaient pas de l’islam.

Les informations ne permettent pas de savoir avec certitude ce qu’Abu al-Qian avait fait depuis sa libération de prison, en 2019.

Des policiers s’affairent sur les lieux d’un attentat à Beer Sheva, dans le sud d’Israël, le mardi 22 mars 2022. (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)

L’attentat à l’arme blanche de mardi a été salué par les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien, sans que ni l’un ni l’autre ne revendiquent l’appartenance d’Abu al-Qi’an à leur mouvement.

Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier contre des civils israéliens depuis juin 2016, lorsque deux terroristes avaient ouvert le feu sur le marché Sarona de Tel Aviv, faisant 4 morts et 16 blessés.

Les meurtres de mardi sont les derniers d’une série d’attentats perpétrés à Jérusalem et en Cisjordanie.

Les tensions sont montées après que neuf Palestiniens ont été tués dans de violents affrontements avec les troupes israéliennes ces dernières semaines, notamment dans des fusillades avec des soldats israéliens en Cisjordanie lors de raids ou de tentatives d’attentats.

Le sud d’Israël a également connu de fortes tensions ces derniers mois. En janvier, de violentes manifestations ont éclaté à la suite d’un programme de plantation d’arbres du Fonds national juif dans la région, considéré par les communautés bédouines comme une opération du gouvernement pour les expulser de leurs hameaux, non reconnus.

Les résidents juifs du sud du pays ont pressé la police de réprimer une criminalité omniprésente et manifesté contre la police après l’attentat de mardi.

Les quatre victimes d’un attentat terroriste à Beer Sheva, le 22 mars 2022 : Laura Yitzhak, en haut à gauche ; Le rabbin Moshe Kravitzky, en haut à droite ; Doris Yahbas, en bas à gauche et Menahem Yehezkel, en bas à droite. ( Réseaux sociaux/Autorisation)

Les quatre personnes tuées dans l’attaque de mardi sont Doris Yahbas, 49 ans, mère de trois enfants, Laura Yitzhak, 43 ans, également mère de trois enfants, le rabbin Moshe Kravitzky, père de quatre enfants et Menahem Yehezkel, 67 ans, issu d’une fratrie de quatre enfants. Deux autres personnes ont été blessées.

Comme en témoignent des images de l’attentat, Abu al-Qian s’en est pris à un chauffeur de bus armé qui a tenté de l’amener à baisser son arme.

L’agresseur s’est alors jeté sur le conducteur, qui a ouvert le feu en même temps qu’un autre civil israélien, lui aussi armé. Les premiers secours ont indiqué que l’agresseur avait succombé à des blessures par balle.

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