En Cisjordanie, un vigneron israélien déterminé à rester malgré les sanctions
Malgré l’interdiction d’importer les produits des implantations annoncée par Londres, Paris et Ottawa, Yaakov Berg assure vouloir rester et développer son domaine
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Avec les sanctions annoncées par le Royaume-Uni, la France et le Canada contre des commerces comme le sien, le propriétaire du domaine viticole israélien Psagot, situé en Cisjordanie, risque de perdre un marché important. Toutefois, il ne compte pas partir.
« Évidemment, nous allons perdre quelques ventes », confie à l’AFP Yaakov Berg depuis son domaine dans l’implantation de Shaar Binyamin, en face du village palestinien de Mikhmas.
« Mais à long-terme, je vous promets que si vous revenez dans un ou deux ans, vous verrez qu’elles n’auront cessé d’augmenter », prédit-il.
Autour de lui, comme à l’accoutumée, les verres tintent, les conversations sont bruyantes et les clients, certains avec une arme automatique en bandoulière, circulent entre les tables, tandis que les employés emballent soigneusement des cartons de bouteilles.
« Eux qui vont souffrir »
« Les conséquences de cette décision, aussi stupide que cruelle, seront supportées par les Britanniques plus que par nous. Ce sont eux qui vont souffrir », affirme le vigneron.
Il explique pourtant exporter environ 60 % de sa production. Vers le Royaume-Uni (près d’un million de dollars de ventes annuelles), mais aussi vers les États-Unis et des pays d’Amérique du Sud ou d’Europe.
« On trouve nos vins presque partout », dit-il.
Mais plus pour longtemps, en tout cas au Royaume-Uni, en France et au Canada, qui ont annoncé mardi qu’ils allaient interdire l’importation de produits en provenance des implantations.
« L’expansion systématique des colonies » en Cisjordanie, reprise par Israël depuis 1967, et « la hausse considérable de la violence des colons » représentent « une menace directe et urgente » pour la « solution à deux États au conflit israélo-palestinien », ont-ils estimé.
Neuf autres pays européens envisagent des mesures similaires.
Israël ne publie aucune donnée publique précise sur les exportations de ses implantations, qui se limitent principalement à des produits agricoles, du vin et des cosmétiques de la mer Morte. Les ventes sont généralement intégrées au commerce extérieur du pays et sont donc difficiles à retracer.
Calcalist, le principal quotidien économique israélien, estime toutefois qu’elles ne représentent que moins de 1 % du total des exportations nationales de biens et de services.
« Dans notre patrie »
Près de 500 000 Israéliens vivent aujourd’hui aux côtés de quelque trois millions de Palestiniens, et les implantations se sont multipliées sous l’action du gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu.
Berg dit avoir été confronté à des appels au boycott depuis qu’il a ouvert son commerce il y a une vingtaine d’années, et n’a donc « pas peur » de ces nouvelles mesures.
« Nous sommes dans notre patrie et nous croyons en ce que nous faisons », dit-il.
Depuis la terrasse en gravier ensoleillée de son domaine, on aperçoit le village palestinien de Mikhmas, sur le versant opposé.
Ce village a subi plusieurs attaques depuis le début de l’année et une communauté bédouine, qui dénonçait un harcèlement constant de la part de ses voisins israéliens, a été déplacée en février.
Berg est dubitatif quant au niveau de violences. Et met les sanctions de Londres, Paris et Ottawa sur le compte de « l’antisémitisme ».
Les mesures, comme les accusations de « nettoyage ethnique » en cours dans les Territoires palestiniens par la diplomatie britannique, n’ont fait que renforcer ses convictions, confie-t-il.
« Nous cultiverons davantage de raisins, nous construirons plus de maisons, et nous resterons. »
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