En Israël, le président tchèque doute du réalisme de la solution à 2 États
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En Israël, le président tchèque doute du réalisme de la solution à 2 États

Milos Zeman a déclaré à Rivlin qu'il aimait son idée "provocante" d'un "État avec deux nations" ; l'ambassadeur tchèque confirme qu'il travaillera depuis les bureaux de Jérusalem

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président israélien Reuven Rivlin (à droite) avec son homologue tchèque Milos Zeman, à Jérusalem, le 26 novembre 2018 (Crédit : présidence tchèque via Twitter)
Le président israélien Reuven Rivlin (à droite) avec son homologue tchèque Milos Zeman, à Jérusalem, le 26 novembre 2018 (Crédit : présidence tchèque via Twitter)

Le président tchèque Milos Zeman a fait part lundi de son scepticisme quant au réalisme de la solution à deux Etats, affirmant qu’il était intéressé à en apprendre davantage sur les approches alternatives pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

‘J’ai été inspiré par votre idée d’un Etat à deux nations, et je sais que l’idée est provocante – et ce, le cas de toutes les grandes idées », a déclaré Zeman au président Reuven Rivlin durant un entretien à Jérusalem.

« Je me demande quels seront vos arguments pour étayer cette idée, parce que pendant des décennies, il y a une discussion sur [la création] de deux Etats indépendants. Mais franchement, je ne vois pas Gaza comme une état indépendant, parce que je considère le Hamas comme une organisation terroriste et non pas comme un État », a-t-il poursuivi.

Durant leur entretien à huis-clos, Rivlin est revenu sur les propos de Zeman sur la solution à un État, mais s’est abstenu de soutenir un quelconque modèle de résolution du conflit avec les Palestiniens.

« Quand je parle d’Israël, je veux dire qu’Israël est un Etat juif et démocratique. Israël ne peux pas être un Etat juif sans être démocratique, et ne peux pas être démocratique s’il n’est pas juif », a-t-il dit.

Rivlin a souligné que les Israéliens et les Palestiniens doivent « partager la terre », et indiqué qu’il faut trouver un moyen pour mettre en oeuvre ce vivre-ensemble. « Nous devons trouver un moyen de comprendre que nous tous, ici, ne sommes pas destinés à vivre ici. Notre destin, c’est de vivre ici tous ensemble, et notre futur à tous peut-être merveilleux », a-t-il dit.

Les Palestiniens doivent comprendre qu’Israël est « un foyer national juif » et les Israéliens doivent se faire à l’idée que des Arabes y vivent aussi.

Zeman, fervent supporter d’Israël est arrivé dimanche soir pour un voyage officiel de trois jours, durant lequel il inaugurera la « Maison tchèque » à Jérusalem, un bureau qui servirait de tremplin pour le transfert de l’ambassade à Jérusalem.

En recevant le président Zeman à la résidence présidentielle lundi, Rivlin à salué l’étroitesse des relations bilatérales entre Israël et la République tchèque.

« Dans la conjoncture actuelle, notre amitié est plus importante que jamais. Nous saluons votre soutien à un éventuel transfert de l’ambassade tchèque à Jérusalem », a-t-il dit. « Jérusalem est une ville de paix. Puisse la paix commencer à Jérusalem, et puisse-t-elle se répandre depuis Jérusaelm et sur le monde. »

Zeman s’adressera à la Knesset lundi, en commençant par le mot « Shalom », a-t-il dit à Rivlin.

Mardi, il ouvrira officiellement la Maison tchèque à la cinémathèque de Jérusalem en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu et et se rendra au musée du mémorial de Yad Vashem.

En avril, Zeman avait annoncé le lancement du processus de transfert de la mission diplomatique de Tel Aviv à Jérusalem, mais l’échéance d’un véritable transfert reste floue.

Jiri Ovcacek, porte-parole de Zeman, a déclaré que la Maison tchèque abriterait les institutions gouvernementales, notamment le Centre des Affaires étrangères, du commerce et du tourisme.

Le ministre des Affaires étrangères tchèque a avait réaffirmé mercredi dernier que l’ambassade de la République tchèque ne sera pas transférée de Tel Aviv à Jérusalem et que la Maison tchèque « n’avait aucun statut diplomatique et n’était qu’un centre culturel ».

Lundi, la vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely a déclaré que l’ambassadeur « travaillera à temps partiel depuis Jérusalem », tout comme l’ambassadeur américain David Friedman.

« Nous avons reçu des garanties » à ce sujet, a-t-elle déclaré à la radio militaire. « C’est la première fois qu’un drapeau israélien flottera à Jérusalem. »

L’ambassadeur tchèque Martin Stropnický, a confirmé au Times of Israël qu’il organiserait certaines rencontres à la Maison tchèque, mais a réaffirmé qu’elle n’aurait aucun statut diplomatique.

« Je suis de toutes façons à Jérusalem deux fois par semaine », a-t-il dit, alors au lieu de se donner rendez-vous dans des cafés, je peux inviter les responsables ici. »

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