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Prague ne transférera pas l’ambassade à Jérusalem, dit le chef de la diplomatie

Tomáš Petříček a déclaré aux Palestiniens que Prague s'aligne sur l'UE au sujet de Jérusalem et que le nouveau centre culturel dans la capitale n'a aucun statut diplomatique

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L'Ambassadeur d'Israël à Prague, Daniel Meron, à gauche, accompagne le ministre tchèque des Affaires étrangères, Tomáš Petříček, au mur Occidental à Jérusalem, le 13 novembre 2018 (Crédit : Twitter)
L'Ambassadeur d'Israël à Prague, Daniel Meron, à gauche, accompagne le ministre tchèque des Affaires étrangères, Tomáš Petříček, au mur Occidental à Jérusalem, le 13 novembre 2018 (Crédit : Twitter)

Le ministre des Affaires étrangères tchèque a indiqué mercredi que l’ambassade de la République tchèque ne sera pas transférée de Tel Aviv à Jérusalem.

En visite à Ramallah, Tomáš Petříček a déclaré que la position de Prague sur le statut de Jérusalem était « aligné avec le droit international et la position de l’Union européenne », selon l’agence de presse palestinienne Ma’an.

L’UE s’oppose fermement à tout reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël, et a condamné l’ouverture de l’ambassade américaine dans la ville le 14 mai.

Durant un entretien avec le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne (AP) Riyad al-fa, Petříček a souligné que la « Maison tchèque », qui ouvrira officiellement à la fin du mois, « n’avait aucun statut diplomatique et n’était qu’un centre culturel ».

Située dans la cinémathèque de la capitale, la « Maison tchèque » a été décrite par Prague comme le « premier pas » vers un transfert de l’ambassade à Jérusalem.

En avril, le président Miloš Zeman avait annoncé le début d’un processus qui permettrait de déplacer les missions diplomatiques de Tel Aviv vers Jérusalem, bien que l’hypothèse et le calendrier d’un transfert restaient flous.

A cette époque, le ministre des Affaires étrangères à Prague avait assuré que l’ouverture d’un centre tchèque à Jérusalem « ne préjugeait aucunement d’un accord final » concernant la ville. « La République tchèque respecte pleinement la politique commune de l’Union européenne, qui considère Jérusalem comme la future capitale de l’Etat d’Israël et d’un futur état de Palestine », avait déclaré le ministère dans un communiqué.

Mardi soir, Petříček a pris des mesures inédites, qui semblaient affirmer un soutien aux revendications sur la Vieille Ville de Jérusalem, alors qu‘il s’est rendu au mur Occidental en compagnie de Daniel Meron, ambassadeur d’Israël à Prague.

Les autorités israéliennes et palestiniennes n’ont pas minimisé l’importance de cette démarche.

« Le ministre des Affaires étrangères est entré dans l’Histoire en devenant le premier ministre européen à se rendre au mur accompagné d’un ambassadeur israélien », a tweeté la vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely.

Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a fustigé cette visite.

Les tierces parties « ont l’obligation de ne pas reconnaître les situations illégales, y compris l’annexion illégale de Jérusalem par Israël », a tweeté Erekat.

En visitant la Vieille Ville accompagné d’un responsable israélien, Petříček « a violé ce principe », a-t-il écrit, ajoutant que Ramallah s’attend à ce que la position tchèque soit conforme à celle de l’Union européenne (UE).

L’UE, à l’instar d’une grande partie de la communauté internationale, ne reconnaît pas l’annexion par Israël de Jérusalem Est, y compris de la Vieille Ville, et les responsables des États membres s’abstiennent généralement d’y aller en compagnie de responsables israéliens. Les dignitaires européens qui souhaitent visiter le site le font généralement à titre privé.

« Ces derniers années, la République tchèque a été active dans le secteur de l’énergie palestinienne. Nous avons l’intention de continuer à travailler dans ce secteur et de voir davantage d’écoles et d’hôpitaux palestiniens [fonctionner] à l’énergie solaire », a tweeté Petříček.

Il a également annoncé que son gouvernement fera don de 220 000 € à l’URNWA, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens.

En Israël, Petříček devait rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu mais leur entretien a été annulé en raison de la démission surprise du ministre de la Défense Avigdor Liberman. Petříček a rencontré Tzachi Hanegbi, ministre de la Coopération régionale.

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