En Suède, personnels de cabine et d’hôtel à la rescousse des soignants
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En Suède, personnels de cabine et d’hôtel à la rescousse des soignants

Vendredi, la Suède recensait 9 685 cas confirmés d'infections au nouveau coronavirus et 870 décès

Un bénévole propose du désinfectant pour les mains lors d'une campagne d'information en plusieurs langues sur la nouvelle pandémie de coronavirus COVID-19, dans la banlieue de Tensta à Stockholm, qui abrite un grand nombre d'immigrants, le 12 avril 2020. (Crédit : ALI LORESTANI / TT Agence de presse / AFP) / Suède OUT)
Un bénévole propose du désinfectant pour les mains lors d'une campagne d'information en plusieurs langues sur la nouvelle pandémie de coronavirus COVID-19, dans la banlieue de Tensta à Stockholm, qui abrite un grand nombre d'immigrants, le 12 avril 2020. (Crédit : ALI LORESTANI / TT Agence de presse / AFP) / Suède OUT)

Au chômage technique en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, des employés de compagnies aériennes et d’hôtels en Suède ont été mis à contribution pour aider les hôpitaux et les maisons de retraite, dans un pays qui approche le millier de décès liés au virus.

L’initiative propose aux personnels d’hôtellerie-restauration et de cabine des sessions d’apprentissage pour venir étoffer les rangs des équipes soignantes en pleine crise sanitaire.

« Je n’aurais jamais pu imaginer, au début de l’année, que je finirais par travailler ici », témoigne à l’AFP Leena Engblom, employée de la compagnie aérienne scandinave SAS et aujourd’hui en formation au centre hospitalier universitaire de Sophiahemmet, à Stockholm.

A l’issue de trois jours de cours intensifs sur les maladies infectieuses, l’hygiène et le traitement des patients – suivis d’une journée de formation pratique – cette quadragénaire a commencé à travailler début avril comme assistante médicale au sein de l’établissement.

Ses missions : gérer les tâches administratives, aider au nettoyage et accueillir les patients. Plusieurs de ses collègues ont été envoyés dans d’autres hôpitaux de la région.

Pour la présidente de l’université de Sophiahemmet, l’expérience déjà acquise du personnel de bord leur permet d’avoir la plupart des compétences nécessaires pour assurer la mission.

Dans le cadre de leur travail, « ils sont formés aux premiers secours, aux maladies les plus courantes, mais sont aussi amenés à réfléchir sur la sécurité et à la manière de soigner les gens », juge Johanna Adami.

L’arrivée de ces assistants d’un autre genre permet ainsi de soulager le travail du personnel hospitalier face au nombre croissant de patients atteints du Covid-19 dans le royaume scandinave.

Vendredi, la Suède recensait 9 685 cas confirmés d’infections au nouveau coronavirus et 870 décès.

A proximité du bâtiment où Johanna Adami donne habituellement ses cours, deux tentes jaunes ont été installées à l’extérieur pour dépister les cas suspects. Ceux porteurs du virus et nécessitant des soins sont ensuite transférés dans l’un des hôpitaux de la capitale suédoise.

Pendant que le personnel hospitalier s’active sous les tentes ou dans les murs de l’hôpital aux côtés des patients habituels, les nouveaux assistants ont passé la journée à préparer les vêtements de protection pour infirmiers et médecins en charge de l’unité dédiée aux dépistages du Covid-19.

Le premier cycle de formation pour 30 membres du personnel de cabine SAS a débuté le 31 mars. Quelque 300 autres employés doivent être formés dans les semaines à venir.

La compagnie avait annoncé mi-mars mettre jusqu’à 90 % de son personnel au chômage technique – soit près de 10 000 employés, en raison de la chute de la demande causée par l’épidémie.

Le programme actuel – le Skill Shift Initiative – a été lancé peu après par l’agence pour l’emploi Novare, SAS et les fondations Wallenberg.

L’une des fondations a fourni jusqu’à sept millions de couronnes (644 000 euros) pour financer le programme. Elle a depuis lancé une nouvelle initiative avec le Grand Hôtel, célèbre établissement de la capitale suédoise, pour mettre à contribution les employés de l’hôtellerie et de la restauration en chômage technique, afin qu’ils puissent s’occuper des personnes âgées.

Dans l’une des salles de conférence du luxueux hôtel, en ce mercredi d’avril, 25 de ses employés assistent à une formation délivrée par des infirmières afin de connaître les bons gestes à effectuer à l’égard d’un public fragile.

A l’issue de cette session d’apprentissage de trois jours, ils seront placés dans l’une des structures d’accueil pour personnes âgées de la capitale.

Pour Christina Riddeback, infirmière dans la région de Stockholm, cette initiative arrive à point nommé face à l’augmentation du nombre de cas déclarés dans les maisons de retraite.

« Ici, nous avons un grand besoin de soutien de ce type », explique-t-elle.

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