En visite en Israël, le chef du parti autrichien d’extrême-droite se rend à Yad Vashem
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En visite en Israël, le chef du parti autrichien d’extrême-droite se rend à Yad Vashem

Heinz-Christian Strache, invité par des membres du Likud mais boycotté par Peres, voudrait "se casheriser en Israël", selon un journal viennois

Heinz-Christian Strache, chef de la formation autrichienne d'extrême-droite, le parti de la Liberté. (Crédit : CC-BY-SA Christian Jansky/Wikipedia)
Heinz-Christian Strache, chef de la formation autrichienne d'extrême-droite, le parti de la Liberté. (Crédit : CC-BY-SA Christian Jansky/Wikipedia)

Heinz-Christian Strache, chef du parti de la Liberté autrichien, une formation d’extrême-droite, et qui avait provoqué quatre ans auparavant une controverse en publiant une caricature antisémite sur sa page Facebook, a visité le musée de Yad Vashem en Israël, mardi, dans le cadre de ce qu’il prétend être une visite officielle en Israël à l’invitation du parti du Likud.

Le quotidien autrichien Die Presse a rapporté mardi que le motif de la visite de Strache était « de se casheriser en Israël », pensant que si l’Etat juif acceptait de le recevoir, d’autres dirigeants du monde feraient de même.

La page Facebook officielle de Strache indique qu’il est dans le pays pour une visite officielle à l’invitation du Likud et qu’il rencontrera des politiciens israéliens de haut rang.

Mais un homme politique ne le rencontrera pas. Il s’agit de l’ancien président Shimon Peres qui, après avoir consulté le ministère des Affaires étrangères, a rejeté une demande de réunion reçue par le bureau de Strache en mars.

Une source de haut rang dans le bureau de Peres a déclaré à Haaretz que l’avis du ministère des Affaires étrangères était « très négatif » et que le parti de la Liberté est considéré comme un parti d’extrême-droite avec lequel aucun contact n’est maintenu. Strache ne devrait donc pas être légitimé par une réunion avec Peres.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a déclaré que la visite de Strache n’a pas été coordonnée par le gouvernement et qu’elle « n’a aucun lien » avec lui.

L'ancien président Shimon Peres à Jérusalem, le 2 novembre 2015 (Crédit : Flash90)
L’ancien président Shimon Peres à Jérusalem, le 2 novembre 2015 (Crédit : Flash90)

Arrivé lundi par un vol El Al, Strache fait partie d’une délégation de sept personnes dirigée par David Lasar, politicien juif et membre du conseil municipal de Vienne.

Strache a été invité à se rendre en Israël en janvier, par Eli Hazan, directeur de l’information et des communications extérieures du Likud, et par l’ancien député Michael Kleiner, président du tribunal interne du Likud, a rapporté Haaretz.

La politique officielle d’Israël envers le parti de la Liberté est de le boycotter et d’interdire aux représentants du gouvernement de rencontrer ses représentants.

Pourtant, certaines personnalités israéliennes de droite – parmi lesquelles Kleiner, qui est proche de Strache et du Parti de la Liberté – ont fait pression pendant des années pour que cette interdiction soit annulée, en citant les positions anti-musulmanes de Strache et son soutien à la construction d’implantations israéliennes.

Michael Kleiner, alors qu'il était membre de la Knesset, le 17 avril 2002. (Crédit : Flash 90)
Michael Kleiner, alors qu’il était membre de la Knesset, le 17 avril 2002. (Crédit : Flash 90)

Il y a environ deux ans, pendant le mandat d’Avigdor Liberman (Yisrael Beitenu) comme ministre des Affaires étrangères, le directeur général du ministère des Affaires étrangères Nissim Ben-Shitreet a rencontré des représentants du parti de la Liberté afin de vérifier s’il n’y avait pas lieu de changer de position à l’égard de ce parti.

Des contacts se sont poursuivis lorsque le Premier ministre Benjamin Netanyahu a assumé la charge de ministre des Affaires étrangères, mais la cause du parti de la Liberté a perdu de l’élan face à l’opposition véhémente des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères, ainsi que face à une couverture négative dans la presse.

Strache a hérité de la direction du parti de la Liberté en 2005 après le départ de son mentor, Jörg Haider.

En 2012, une controverse a éclaté concernant une bande dessinée qu’il avait postée sur sa page Facebook, désignant un banquier avec un grand nez crochu et une étoile de David, profitant de la crise financière en Europe.

La bande dessinée montrait le banquier corpulent se faisant nourrir par un personnage baptisé « le Gouvernement ». Un troisième personnage à table, intitulé « le Peuple », mince et mal habillé, avait un os dans son assiette et regardait la scène avec consternation.

Die Presse a rapporté mardi que les Juifs autrichiens étaient divisés à propos de Strache. La plupart des survivants de l’Holocauste s’opposent au parti de la Liberté, a indiqué le journal, mais certains sont de l’avis de Strache, selon qui, la vague actuelle de réfugiés avive les sentiments anti-juifs en Autriche.

Durant les élections générales autrichiennes en 2013, le parti de la Liberté a gagné un vote sur cinq, près de quatre pour cent de plus que lors des élections tenues cinq ans auparavant.

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