Erdan veut durcir les conditions des prisonniers sécuritaires palestiniens
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Erdan veut durcir les conditions des prisonniers sécuritaires palestiniens

Le ministre de la Sécurité intérieure a formé un panel chargé d'étudier ces conditions de détention afin de faire pression sur le Hamas pour libérer les captifs

Ministre de l'Intérieur Gilad Erdan du Likud à Tel Aviv, le 16 février 2015 (Crédit : Gili Yaari / Flash90)
Ministre de l'Intérieur Gilad Erdan du Likud à Tel Aviv, le 16 février 2015 (Crédit : Gili Yaari / Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan envisage de retirer tous les privilèges accordés aux prisonniers palestiniens incarcérés pour des délits sécuritaires dans les prisons israéliennes, afin d’exercer une pression sur les groupes terroristes auxquels ils sont affiliés, principalement le Hamas, et qu’ils libèrent les citoyens israéliens et les dépouilles des soldats retenus à Gaza.

Erdan a annoncé mercredi la formation d’une commission chargée de réexaminer les conditions d’incarcération des prisonniers.

Cet organe sera chargé de déterminer les conditions de vie les plus rudimentaires possibles qu’Israël doit fournir aux prisonniers sécuritaires, dans le cadre des limites imposées par la loi.

Durant une conférence sur le contre-terrorisme à Herzliya, Erdan a déclaré que « quiconque prévoit de mener une attaque terroriste doit savoir qu’ils le payeront de leur vie, ou qu’ils pourriront en prison pendant des années ».

Security prisoners in Ofer Prison, Israel (photo credit: Moshe Shai/FLASH90)
Des prisonniers sécuritaire de la prison d’Ofer, en Israël, le 20 août 2008. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Il a ajouté que des études menées par le ministère ont déterminé que certains Palestiniens commettent des attentats afin d’être arrêtés et incarcérés, et ainsi fuir les problèmes qu’ils auraient chez eux.

Il a suggéré que la dégradation des conditions de vie pourrait les dissuader de mener ces attentats.

Le mois dernier, Erdan a ordonné que les prisonniers du Hamas incarcérés dans les prisons israéliennes soient soumis à une interdiction de regarder les matchs de la Coupe du Monde de football.

« Je n’ai pas l’intention de permettre aux terroristes du Hamas de regarder la Coupe du Monde alors que les dépouilles de nos soldats sont retenues à Gaza aux côtés de nos citoyens kidnappés », avait dit Erdan à la chef des services carcéraux Ofra Klinger.

Le ministre a réuni des experts juridiques pour examiner la possibilité de modifier les régulations pour empêcher les prisonniers sécuritaires de regarder des chaînes spécifiques de télévision.

Cette initiative est complexe à mettre en oeuvre, étant donné que les détenus sécuritaires et les détenus en simple état d’arrestation ne sont pas séparés et que le règlement spécifie que les détenus doivent pouvoir profiter des programmes du petit écran.

« Ceux qui ont abandonné la famille des nations et qui ont choisi la culture du meurtre et du terrorisme ne devraient pas pouvoir profiter d’une compétition sportive internationale qui rassemble les populations du monde entier », avait dit le ministre.

« Nous continuerons à avoir la main lourde envers les prisonniers issus de l’organisation terroriste du Hamas et nous chercherons également à rendre les choses plus dures pour les prisonniers sécuritaires des autres organisations », a-t-il ajouté.

L’idée de priver les détenus sécuritaires des diffusions des matchs de la Coupe du Monde vient de 74 familles de victimes appartenant au forum « Choisir la vie » qui ont indiqué qu’ils espéraient que l’initiative d’Erdan serait la première d’une série de « mesures dissuasives » destinées à « empêcher que les terroristes qui ont tué ceux que nous aimions continueront à se réjouir dans les prisons ».

Au cours de la guerre de Gaza, en 2014, le Hamas a capturé les dépouilles de deux soldats israéliens, Hadar Goldin et Oron Shaul, qu’il détiendrait encore.

L’année suivante, l’organisation terroriste a enlevé deux civils israéliens atteints apparemment de pathologies mentales, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, entrés de leur propre gré dans la bande de Gaza. Ils seraient retenus au sein de l’enclave côtière.

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