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Erekat : Israël doit s’excuser pour la “Nakba”

Le négociateur palestinien exige aussi des excuses du Royaume-Uni pour la déclaration Balfour et son rôle dans la création de l’Etat d’Israël

Saeb Erekat, secrétaire général de l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, le 23 novembre 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Saeb Erekat, secrétaire général de l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, le 23 novembre 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Saeb Erekat, négociateur palestinien en chef, a déclaré dimanche qu’Israël devait reconnaître que sa fondation en 1948 a été une « catastrophe » pour les Palestiniens, et s’en excuser « afin de parvenir à une paix juste et durable entre Israël et la Palestine. »

Les Palestiniens et certains Arabes israéliens commémorent la Nakba, la « catastrophe » qui a accompagné la création de l’Etat d’Israël, tous les ans le 15 mai, la date anniversaire de la déclaration d’indépendance d’Israël.

Erekat a déclaré que cette journée « signifie un périple de douleur, de perte et d’injustice ».

Erekat a appelé le gouvernement israélien à « ouvrir toutes ses archives de 1948 et à montrer à sa propre nation la vérité faite à notre peuple, notamment concernant les politiques de nettoyage ethnique et la politique d’abattre les Palestiniens qui tentaient de rentrer chez eux. »

Des centaines de milliers de Palestiniens ont fui ou ont été expulsés pendant la guerre qui a suivi la création d’Israël en 1948. Les réfugiés, dont le nombre est estimé aujourd’hui à 5,5 millions, en comptant leurs descendants, vivent encore principalement dans la région. Des dizaines de milliers d’autres ont été déplacés pendant la guerre de 1967 où Israël a conquis la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem Est, des territoires que les Palestiniens revendiquent pour leur état futur.

Pour les Palestiniens, le droit de revenir dans les maisons dont ils ont fui où ont été expulsés est un préalable à tout accord de paix avec Israël, mais cette demande a été rejetée par l’Etat juif.

Lord Arthur James Balfour, secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni en 1917, et le texte de la déclaration qui porte son nom et soutient l'établissement d'un foyer national juif en Palestine. (Crédit : Domaine public/Wikipédia)
Lord Arthur James Balfour, secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni en 1917, et le texte de la déclaration qui porte son nom et soutient l’établissement d’un foyer national juif en Palestine. (Crédit : Domaine public/Wikipédia)

Dimanche, Erekat a également appelé le Royaume-Uni à « s’excuser pour son rôle dans la catastrophe palestinienne, à commencer par l’infâme déclaration Balfour et le déni de nos droits nationaux. »

En février, la Campagne d’excuse pour Balfour, menée par le Centre pour le droit au retour palestinien, a lancé une pétition sur le site du Parlement britannique appelant le Royaume-Uni à « s’excuser ouvertement auprès du peuple palestinien pour avoir publié la déclaration Balfour. La politique coloniale de la Grande-Bretagne entre 1917 et 1948 a entraîné le déplacement massif de la nation palestinienne. »

Le mois dernier, le gouvernement britannique a répondu en refusant catégoriquement de s’excuser pour le document et déclarant qu’il était fier du rôle joué par le Royaume-Uni dans la fondation d’Israël.

« La déclaration Balfour est une déclaration historique pour laquelle le gouvernement de Sa Majesté ne compte pas s’excuser, ont répondu les Britanniques. Nous sommes fiers de notre rôle dans la création de l’Etat d’Israël. La tâche est à présent d’encourager les mesures pour la paix. »

Signée le 2 novembre 1917 par Arthur James Balfour, qui était alors le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères du royaume, la déclaration annonçait l’intention de son gouvernement d’établir « un foyer national pour le peuple juif » en Terre d’Israël.

Elle a été perçue comme une reconnaissance officielle accordée au mouvement sioniste et un soutien de la part d’une puissance majeure, à la veille de la conquête britannique du territoire de la Palestine ottomane.

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