Erekat : les États-Unis n’ont pas de plan de paix au Moyen-Orient
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Erekat : les États-Unis n’ont pas de plan de paix au Moyen-Orient

Le négociateur en chef palestinien déclare que le monde rejette les idées de l’administration Trump

Le négociateur en chef palestinien et secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saeb Erekat, prend la parole lors d'une conférence de presse dans la ville de Jéricho, en Cisjordanie, le 15 février 2017. (AFP/Ahmad Gharabli)
Le négociateur en chef palestinien et secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saeb Erekat, prend la parole lors d'une conférence de presse dans la ville de Jéricho, en Cisjordanie, le 15 février 2017. (AFP/Ahmad Gharabli)

Les États-Unis n’annonceront jamais leur plan de paix pour le Moyen-Orient et, à la place, ils changent unilatéralement les « termes de référence » en faveur d’Israël avant tout accord futur, a déclaré Saeb Erekat, le négociateur palestinien en chef, samedi.

« Je ne pense pas qu’ils présenteront un plan un jour, a dit Erekat, selon Reuters. Le monde entier rejette leurs idées. Ils mettent déjà en place leur plan en changeant les termes de référence ».

Erekat a ajouté que les États-Unis ont accepté la position d’Israël sur la désignation de Jérusalem comme capitale d’Israël, tout comme le statut des implantations en Cisjordanie et la question des réfugiés palestiniens.

« Ils nous disent : “la paix basée sur la vérité’ », a déclaré Erekat.

« La vérité de Kushner et la vérité de Netanyahu est que Jérusalem est la capitale d’Israël, il n’y a pas de droit au retour des réfugiés, les implantations sont légales, il n’y a pas d’État palestinien dans les [frontières] de 1967, et la bande de Gaza doit être séparée de la Cisjordanie – tout cela n’est absolument pas acceptable », a-t-il dit en référence aux positions de Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain Trump, et au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

« La seule chose que cette administration a fait depuis qu’elle est arrivée au pouvoir est d’écarter les Israéliens et les Palestiniens du chemin de la paix, du chemin d’une solution à deux États », a déclaré Erekat.

Le mois dernier, les États-Unis ont coupé plus de 300 millions de dollars d’aide aux Palestiniens et ont arrêté de soutenir l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

Un Palestinien transporte des sacs de farine hors d’un centre de distribution d’aide de l’UNRWA, l’agence de travaux et de secours chargée des réfugiés palestiniens aux Nations unies, à Khan Younis, dans le centre de la bande de Gaza, le 4 septembre 2018 (Crédit : Said Khatib/AFP)

Dans son annonce, le Département d’État américain a fustigé l’agence pour ce qu’il a qualifié de « mauvaises pratiques », et a indiqué qu’il rejetait les critères avec lesquels l’UNRWA définit les réfugiés palestiniens.

En effet, l’agence des Nations unies ne confère pas seulement le statut aux réfugiés originaux, mais aussi à leurs millions de descendants.

Le Département d’État a déclaré que les États-Unis, la plus grande source de financement de l’UNRWA, « ne participerait plus au financement de cette organisation irrémédiablement biaisée ».

Pourtant, le gouvernement a déclaré que les États-Unis chercheraient à trouver d’autres moyens d’aider les Palestiniens.

Fait exceptionnel, l’UNRWA accorde le statut de réfugié à tous les descendants des Palestiniens qui ont quitté ou fui Israël au moment de la création de l’état en 1948. Dans cette configuration, le nombre de réfugiés palestiniens est estimé à cinq millions aujourd’hui, alors que le nombre réel de réfugiés issus du conflit n’est que de quelques dizaines de milliers.

Lors des diverses négociations de paix, l’Autorité palestinienne (AP) a toujours demandé un “droit au retour” à Israël pour ces millions de personnes. Ce retour, s’il était accepté par Israël, impliquerait la fin d’une majorité juive démographique dans le pays.

Vendredi dernier, le Département d’État américain a annoncé une nouvelle réduction de l’aide aux hôpitaux de Jérusalem-Est, qui se chiffrerait à 25 millions de dollars. Cette réduction pourrait conduire à la faillite de ces centres médicaux très importants pour les Palestiniens.

Des écoliers palestiniens chantent des slogans et font le signe de la victoire devant le drapeau de l’ONU lors d’une manifestation organisée le 5 septembre 2018 dans le camp de réfugiés d’Arroub, près de Hébron, en Cisjordanie, dans une école financée par les États-Unis, qui a été construite sous les auspices de l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency – UNRWA). Les Etats-Unis, premier contributeur de l’UNRWA, ont annoncé le 31 août qu’ils mettaient fin à tout financement de l’organisation, qu’ils ont qualifié de « irrémédiablement défectueuse » (Crédit : AFP PHOTO / HAZEM BADER)

Selon le New York Times, les États-Unis vont couper leur participation financière à tous les programmes qui rapprochent les Palestiniens et les Israéliens. Une politique qui mettra un terme à tout financement américain de l’aide aux civils palestiniens, selon le journal américain.

L’article précise que la Maison Blanche a décidé d’arrêter son aide aux programmes de coexistence, une mesure qui s’inscrit dans une politique générale de punition des Palestiniens pour leur refus de coopérer avec l’administration Trump.

Bien que saluées par la classe politique israélienne, y compris par Benjamin Netanyahu, ces réductions américaines ne conviendraient cependant pas à certains responsables de la défense israélienne. Ces derniers craignent ainsi d’alimenter les troubles palestiniens et de compromettre la sécurité d’Israël.

L’Autorité palestinienne a boycotté l’administration Trump et repoussé ses efforts de paix depuis la reconnaissance par le président américain de Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre dernier. Les Palestiniens prétendent que Jérusalem-Est – qu’Israël a reconquise lors de la guerre des Six jours de 1967 et plus tard annexée – est la capitale de leur futur État.

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