Eurovision : Tel Aviv proposera deux lignes de bus gratuites pendant Shabbat
Les bus du centre ville conduiront le public vers le lieu du concours, alors que les transports publics sont généralement arrêtés pendant le jour du repos juif
Dimanche, la municipalité de Tel Aviv a annoncé qu’elle allait mettre en place deux lignes gratuites de bus pour le concours de chanson de l’Eurovision, dont la finale doit avoir lieu un samedi, le jour du repos juif.
Les transports publics ne fonctionnent pas dans la majorité d’Israël du coucher du soleil vendredi à la tombée de la nuit samedi, quand les Juifs pratiquants ne travaillent pas et n’utilisent pas de machines.
Israël s’attend à voir affluer des dizaines de milliers de touristes pour le concours de chant, un événement sur plusieurs jours qui débutera à la mi-mai, avec une finale prévue pour le 18 mai. Le concours attire plus de 200 millions de téléspectateurs internationaux et est perçu comme l’une des rares occasions pour Israël montrer un visage plus positif de lui-même au reste du monde.
La municipalité a déclaré que les deux lignes de bus fonctionneront entre l’espace de l’Expo Tel Aviv, où le concours aura lieu, et de la station de bus Carmelit, à proximité du village Eurovision au parc Charles Clore, qui accueillera des expositions sur le concours, des performances en live d’anciens et d’actuels compétiteurs, et des écrans géants diffusant en direct la compétition. Une ligne de bus passera le long de la côte, et la deuxième traversera le centre de la ville.
La municipalité a également déclaré qu’elle s’efforçait d’améliorer les transports publics de la ville à l’approche de la compétition, y compris en proposant des traductions de panneaux aux arrêts de bus. Il y aura une augmentation du nombre des taxis collectifs (des minibus connus sous le nom de « sherut » qui circulent sur des itinéraires régulier) et la municipalité a déclaré qu’elle travaillait aussi avec des fournisseurs privés de moyens de transports publics électriques, comme des scooters. Une vingtaine de chauffeurs de taxi de Tel Aviv a pris des cours d’anglais le mois dernier afin d’améliorer leur service à l’approche d’un afflux attendu de touristes pour la compétition.
En outre, la municipalité recrute des centaines de volontaires pour aider les touristes dans la ville pendant le concours, et prépare des brochures d’information.
L’organisation par Israël de la compétition a déjà donné lieu à plusieurs problèmes pour la finale du concours, qui a traditionnellement lieu un samedi. Un candidat favori pour représenter Israël au concours, le groupe Shalva de musiciens avec différents handicaps, s’est retiré de la compétition afin de ne pas avoir à jouer pendant le shabbat. La vedette de la pop Omer Adam a été invité à produire pour la cérémonie d’ouverture, mais il a refusé l’invitation pour respecter le Shabbat.
Les responsables du concours ont conditionné l’organisation de l’événement par Israël à une garantie du gouvernement qu’il octroiera des visas quelles que soient les opinions politique des visiteurs et qu’ils laissent les participants faire des répétitions générales pendant shabbat.
Israël a remporté le concours de l’Eurovision pour la première fois depuis vingt ans l’année dernière, quand Netta Barzilai a pris la première place avec son hymne à l’émancipation des femmes, « Toy » (jouet, en français).
La victoire a donné à Israël la droit d’organiser le concours, mais a aussi entraîné plusieurs mois d’agitation pour savoir comment financer le concours et quelle ville allait l’organiser.
L’organisation du concours devrait coûter jusqu’à 190 millions de shekels à Israël (47 millions d’euros), selon les médias, mais aussi rapporter des millions de shekels avec l’arrivée de nombreux touristes et une couverture médiatique importante.
Une étude de l’Université hébraïque d’Israël sur le bilan de l’organisation de l’événement en 1999 a montré qu’Israël avait légèrement bénéficié économiquement de l’Eurovision, et que cela pouvait ensuite conduire à un développement économique limité.
« Organiser avec succès des événements médiatiques de cette ampleur constitue une vitrine et ouvre la porte à de futurs événements », avaient écrit les auteurs Aliza Fleischer et Daniel Felsenstein.