Ex-chef du Shin Bet: L’annexion de la Cisjordanie provoquerait un « bain de sang »
Rechercher

Ex-chef du Shin Bet: L’annexion de la Cisjordanie provoquerait un « bain de sang »

Alors que le plan du Cabinet de sécurité avance, ses membres disent qu'Israël va étendre sa souveraineté au-delà de la Ligne verte. Yoram Cohen : l'État doit "réduire l'occupation"

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Yoram Cohen, alors patron du Shin Bet, pendant une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 18 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Yoram Cohen, alors patron du Shin Bet, pendant une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 18 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

L’ancien chef du service de sécurité du Shin Bet a mis en garde le gouvernement jeudi contre l’annexion de la Cisjordanie, quelques jours après l’approbation par le cabinet de sécurité d’un plan de construction au-delà de la Ligne verte qui, selon les ministres, rapprochera Israël de l’exercice de sa souveraineté sur ce territoire.

Selon Yoram Cohen, qui a dirigé le Shin Bet de 2011 à 2016, annexer même des parties de la Cisjordanie conduirait à un « bain de sang inutile ».

« Des mesures doivent être prises pour réduire l’occupation ou la visibilité de l’occupation en Judée et en Samarie en améliorant les transports, en améliorant le travail [opportunités]… en convertissant la zone B en zone A », a-t-il déclaré à la radio de l’armée, faisant référence à deux secteurs constituant 40 % de la Cisjordanie. La zone B est sous contrôle militaire israélien mais sous contrôle civil de l’Autorité palestinienne, et la zone A est sous contrôle total de l’Autorité palestinienne.

Mardi, le cabinet de sécurité a approuvé à l’unanimité un plan proposé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui accordera quelque 700 permis de construire aux Palestiniens et 6 000 permis de construire aux résidents israéliens de la zone C, les 60 % de la Cisjordanie sous plein contrôle israélien.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu inaugure une nouvelle promenade dans l’implantation d’Efrat en Cisjordanie le 31 juillet 2019, aux côtés du maire d’Efrat, Oded Revevi. (Igur Osdetchi)

Confirmant un rapport du site d’information Walla, un porte-parole de l’un des ministres du cabinet de sécurité a déclaré que le plan inclurait également la cartographie de tous les bâtiments et populations de la zone C, permettant à l’État de mieux comprendre quelles structures palestiniennes ont été construites légalement et lesquelles pourraient être démolies.

Le porte-parole a déclaré que cette cartographie ainsi que la nouvelle intention du gouvernement de n’autoriser la construction palestinienne que dans des « zones non stratégiques qui ne laissent pas la porte ouverte à un éventuel Etat » rapprochent Israël de l’extension de sa souveraineté sur la zone C et éventuellement sur d’autres parties de la Cisjordanie aussi.

Environ 450 000 Israéliens et plus de 200 000 Palestiniens vivent actuellement dans la zone C.

Bien que M. Cohen se soit dit favorable, en théorie, à la recherche d’une solution à deux États, il a affirmé que cette option n’était pas pertinente actuellement étant donné la nature instable de la direction palestinienne.

« La seule chose que nous pouvons faire pour l’instant, c’est [d’offrir] une ‘autonomie-plus’ parce que nous sommes préoccupés par… un État en déliquescence là-bas », a-t-il ajouté.

De jeunes Palestiniens affrontent des soldats israéliens dans le camp de réfugiés d’al-Amari, près de Ramallah, en Cisjordanie, après que les soldats ont pris d’assaut le camp, le 28 mai 2018. (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

En énumérant les moyens par lesquels Israël pourrait limiter son autorité sur les Palestiniens de Cisjordanie, M. Cohen a insisté sur le fait qu’un retrait profiterait avant tout à Israël parce qu’il pourrait empêcher un éventuel scénario dans lequel il serait contraint de gouverner des centaines de milliers, voire des millions de Palestiniens de plus.

Mardi, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, a déclaré que le plan de paix de l’administration Trump vise à « l’autonomie palestinienne » et à l’auto-gouvernance, mais ne préconisait pas la création d’un État palestinien.

Dans une interview accordée à CNN, le diplomate américain a également minimisé ses commentaires passés sur l’annexion par Israël de parties de la Cisjordanie dans le cadre d’un futur accord, affirmant que Jérusalem n’avait pas soulevé la question avec Washington, laissant le sujet totalement « hypothétique ».

Friedman, Jared Kushner, conseiller principal de la Maison Blanche, et Jason Greenblatt, envoyé spécial, ont rencontré Netanyahu à Jérusalem mercredi pour discuter du dévoilement du volet politique du projet de paix Trump.

Capture d’écran d’une vidéo tournée dans le chepoint 300, à proximité de Bethléem, au mois d’octobre 2018. (Crédit : chaîne Hadashot)

Alors qu’Israël se prépare aux élections de septembre, plusieurs partis de droite se sont engagés à empêcher l’expansion palestinienne dans des zones de Cisjordanie qu’ils espèrent voir Israël annexer.

Netanyahu lui-même s’est engagé à annexer des parties de la Cisjordanie s’il est réélu.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...