Face à « l’armada » américaine, l’Iran met en garde contre une intervention
Le porte-avions Abraham Lincoln, qui se trouvait en mer de Chine méridionale, est arrivé au Moyen-Orient lundi
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L’Iran a mis en garde lundi contre une intervention américaine après le récent mouvement de contestation réprimé dans le sang, au moment où les Etats-Unis renforcent leur présence dans la région, avec l’arrivée prévue d’un porte-avions.
Parallèlement, dans un pays toujours privé d’Internet, le décompte des morts se poursuit avec difficulté.
La semaine dernière, Donald Trump avait annoncé qu’une « armada » navale américaine était en route pour le Golfe, maintenant la pression sur Téhéran, qu’il a plusieurs fois menacé de frapper.
« Je préférerais que rien ne se passe, mais nous les surveillons de très près », avait lancé le président des États-Unis.
Le porte-avions Abraham Lincoln, qui se trouvait en mer de Chine méridionale, est arrivé au Moyen-Orient lundi.
« L’arrivée d’un tel navire de guerre ne va pas affecter la détermination de l’Iran […] à défendre la nation », a déclaré Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, dans une référence manifeste au porte-avions.
« La République islamique d’Iran a confiance en ses propres capacités », a-t-il ajouté.
En juin 2025, l’Iran et Israël se sont livré une guerre de douze jours, déclenchée par une attaque sans précédent d’Israël contre des installations militaires et nucléaires iraniennes, ainsi que des zones habitées. Les États-Unis s’étaient joints à l’offensive de leur allié en frappant trois sites nucléaires.
Symbole de ces tensions, les autorités iraniennes ont installé sur une place du centre de Téhéran un immense panneau d’affichage anti-américain représentant un porte-avions en train d’être détruit.
« Qui sème le vent récolte la tempête », affirme le slogan traduit en anglais.
Nouveau bilan
Déjà affaibli par la guerre de juin 2025, le pays a étouffé dans le sang les récentes manifestations. Initié en décembre par des commerçants pour protester contre la situation économique, le mouvement a pris une ampleur considérable le 8 janvier, constituant le plus grand défi auquel la République islamique est confrontée depuis sa création en 1979.
Ce jour-là, l’accès à Internet a été bloqué et les Iraniens sont encore largement coupés du monde aujourd’hui, a souligné lundi l’ONG Netblocks, spécialisée dans la surveillance de la cybersécurité. Selon elle, cette décision viserait à « masquer l’ampleur de la répression meurtrière contre les civils ».
Pendant ce temps, « les comptes du régime promeuvent le discours de la République islamique », a-t-elle ajouté sur son compte X.
Le guide suprême, Ali Khamenei, est apparu pour la dernière fois en public le 17 janvier, avertissant dans un discours retransmis par la télévision nationale que les autorités « briseraient le dos des séditieux ».
Selon l’agence de presse Human Rights Activists News Agency (HRANA), 5 848 personnes ont été tuées au cours du mouvement de contestation, dont 5 520 manifestants, 77 mineurs, 209 membres des forces de sécurité et 42 passants.
L’ONG ajoute qu’elle examine actuellement 17 091 autres décès possibles, tandis que les défenseurs des droits humains estiment que le bilan pourrait être bien plus élevé que les milliers de morts déjà confirmés.
HRANA a par ailleurs fait état de l’arrestation d’au moins 41 283 personnes.
Mercredi, les autorités iraniennes ont communiqué leur premier bilan total : 3 117 morts, dont la grande majorité (2 427) sont, selon elles, des « martyrs » – forces de sécurité ou passants – et non des « émeutiers », terme utilisé pour qualifier les manifestants.
La chaîne d’opposition Iran International, basée à l’étranger, affirme pour sa part que plus de 36 500 personnes ont été tuées, citant notamment des documents classifiés et des sources sécuritaires.
Au Liban, le groupe terroriste chiite pro-Iran du Hezbollah affaibli par une guerre avec Israël qui s’est conclue par un cessez-le-feu en novembre 2024, organise des rassemblements dans plusieurs régions lundi après-midi pour soutenir l’Iran « face au sabotage et aux menaces américano-sionistes », avec une prise de parole prévue de son chef, Naïm Qassem.
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