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Facebook aurait vendu des publicités comparant le vaccin à la Shoah – CNN

Les publicités sont apparues en ligne car les modérateurs de Facebook ne contrôlent pas de façon manuelle et systématique ces contenus achetés

Crédit : www.thoughtcatalog.com
Crédit : www.thoughtcatalog.com

Le média américain CNN Business a rapporté la semaine dernière que Facebook avait vendu et tiré profit de publicités véhiculant des messages anti-vaccin, comparant la réponse gouvernementale à la COVID-19 à l’Allemagne nazie, remettant en question le résultat des élections de 2020, et encouragent les violences politiques.

Ces publicités ont été achetées et payées par des sociétés qui ont dépensé des centaines de milliers de dollars auprès de Facebook depuis ces dernières années.

La chaîne cite notamment le cas de la page Facebook « Ride the Red Wave », site qui vend des vêtements porteurs de slogans et de symboles d’extrême droite. Celle-ci a notamment acheté des publicités pour un pull orné de la phrase « Je suis originaire d’Amérique mais je réside actuellement dans l’Allemagne de 1941 ». Il y a quelques mois, la même page avait déjà payé pour promouvoir un post comparant la vaccination contre la COVID-19 à la Shoah. Elle avait aussi fait la promotion d’un tee-shirt portant l’inscription « Make hanging traitors great again », phrase appelant à « pendre les traitres ».

Depuis mai, Facebook aurait gagné 280 000 dollars grâce à la page « Ride the Red Wave » – qui compte moins de 10 000 abonnés, mais qui bénéficie d’une très large audience grâce à ses investissements dans des publicités sur la plateforme.

La société et la page « Next Level Goods » sont également citées par CNN – celles-ci auraient dépensé plus de 500 000 dollars en publicités sur Facebook depuis 2019 et font régulièrement la promotion de t-shirts anti-vaccin.

Contacté, un porte-parole de Meta, la société-mère de Facebook, a déclaré que ces publicités – qui comparent la réponse américaine contre la COVID-19 à l’Allemagne nazie, comparent les vaccins à la Shoah, et font la promotion de théories anti-vaccin – allaient à l’encontre des politiques de Facebook au sujet des contenus concernant les vaccins.

Les publicités sont ainsi apparues en ligne car les modérateurs de Facebook ne contrôlent pas de façon manuelle et systématique ces contenus achetés.

Il y a quelques jours, l’Anti-Defamation League (ADL) a fait savoir qu’un an après l’interdiction du négationnisme de la Shoah sur la plateforme Facebook, il restait des « failles » dans la mise en œuvre de cette politique qui permettent aux négationnistes de se livrer à des discours de haine.

Récemment, la Fédération juive du comté de Broward en Floride a elle regretté ne pas avoir pu acheter une publicité sur Facebook attirant l’attention sur le problème de l’antisémitisme dans le cadre d’une nouvelle campagne nationale américaine baptisée « Shine a Light ». Le système automatisé de Facebook a en effet rejeté la publicité sans explication, ce qui a conduit les responsables de la fédération à soupçonner que le message avait été accidentellement piégé par un filtre conçu pour bloquer les discours de haine.

Dans un cas récent notable, des rabbins Habad américains ont également signalé que leurs efforts pour promouvoir sur Facebook des vidéos contre l’antisémitisme avaient été interdites, sans qu’il soit possible de savoir si l’algorithme appliqué pour éviter les discours de haine était en cause.

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