Fermeture des cimetières pour Yom HaZikaron et confinement pour Yom HaAtsmaout
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Fermeture des cimetières pour Yom HaZikaron et confinement pour Yom HaAtsmaout

Le gouvernement rejette les demandes des familles endeuillées qui voulaient se recueillir dans les cimetières militaires pour les cérémonies commémoratives

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une Israélienne endeuillée se recueille près des tombes de soldats tombés au combat au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, à l'occasion du Yom HaZikaron, en souvenir des soldats israéliens tués dans les guerres depuis 1860 et des victimes du terrorisme en Israël. Le 18 avril 2018. (Miriam Alster/Flash90)
Une Israélienne endeuillée se recueille près des tombes de soldats tombés au combat au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, à l'occasion du Yom HaZikaron, en souvenir des soldats israéliens tués dans les guerres depuis 1860 et des victimes du terrorisme en Israël. Le 18 avril 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Mardi, le cabinet a annoncé qu’il prévoyait de fermer les cimetières militaires du pays lors de Yom HaZikaron la semaine prochaine, en raison de la pandémie de coronavirus – une première pour l’État d’Israël.

Le cabinet du Premier ministre a également fait savoir par la même occasion que le gouvernement prévoyait d’imposer un confinement national le lendemain, le jour de l’indépendance d’Israël, afin d’empêcher les grands rassemblements et célébrations.

Lundi soir, le pays a marqué le jour de commémoration de la Shoah par de petites cérémonies ou par vidéoconférence, pour donner un aperçu de ce à quoi ressemblera probablement Yom HaZikaron.

Avant la décision officielle du cabinet de fermer les cimetières du pays, les familles endeuillées des soldats tombés au combat et des personnes tuées dans des attentats terroristes avaient supplié le gouvernement de leur permettre de se rendre sur les tombes de leurs proches, comme le veut la tradition le jour de la commémoration.

Yom Hazikaron commencera dans la nuit du 27 avril et se poursuivra jusqu’au lendemain. Il sera suivi immédiatement par le Jour de l’Indépendance du pays, ou Yom HaAtsmaout, dans la soirée du 28 avril, qui se poursuivra jusqu’au soir suivant.

Un officier de police et un soldat israélien à un barrage temporaire à Jérusalem le 11 avril 2020 pour s’assurer que la population respecte bien le règles de confinement contre le COVID-19.(Olivier Fitoussi/Flash90)

Le bureau du Premier ministre a déclaré que les déplacements interurbains seraient interdits le jour du souvenir, à l’exception des personnes se rendant au travail et faisant leurs achats dans les magasins autorisés.

Le confinement prévu pour le jour de l’indépendance serait similaire à ceux qui étaient en vigueur le premier et le dernier jour de la semaine de Pessah, lorsque les Israéliens n’ont pas été autorisés à quitter leur ville et que les magasins ont été contraints de fermer.

Le gouvernement a expliqué que les gens devraient se rendre sur les tombes de leurs proches dans les jours à venir et rester chez eux le jour même de Yom HaZikaron, un jour qui est normalement marqué par des cérémonies dans les cimetières militaires du pays.

Le mois dernier, le ministère de la Défense a annoncé que les célébrations nationales se dérouleraient sans public et que les petits événements prévus dans les cimetières municipaux du pays seraient carrément annulés par crainte d’une propagation du nouveau coronavirus.

Les événements de Yom HaZikaron commencent par une commémoration nationale nocturne au mur Occidental à Jérusalem et une sirène retentit dans tout le pays. Le jour suivant, deux cérémonies sont organisées au cimetière national du mont Herzl à Jérusalem – l’une pour les soldats tombés au combat, l’autre pour les victimes du terrorisme – ainsi que des événements de moindre envergure dans les 52 cimetières militaires du pays.

Alors que des sirènes résonnent pendant deux minutes dans tout Israël, les passants respectent un moment de silence en hommage aux soldats tombés, pour Yom HaZikaron, à Jérusalem, le 11 mai 2016. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Il s’agit de l’une des rares journées nationales non religieuses en Israël, au cours de laquelle une grande partie de la population se rend généralement sur les tombes de ses proches.

Dans son annonce du mois dernier, le ministère de la Défense a fait savoir qu’il changerait radicalement les méthodes traditionnelles de commémoration de cette journée.

« Dans un effort pour préserver la santé publique d’une part et pour maintenir les traditions nationales d’autre part, le ministre de la Défense a ordonné au ministère et à la direction du personnel de l’armée de tenir les cérémonies centrales au mur Occidental (la veille de Yom HaZikaron) et au mont Herzl (le jour de Yom HaZikaron) comme prévu mais sans public, et qu’elles seront retransmises en direct ».

Les petites cérémonies qui devaient avoir lieu dans les cimetières militaires à travers le pays seront annulées « et à leur place, les soldats de l’armée israélienne tiendront une veillée aux bougies et diront le Kaddish [prière] », avait ajouté le ministère.

Les membres d’une famille en deuil devant la tombe de leur proche disparu au cimetière militaire d’Ashkelon à Yom HaZikaron, le 8 mai 2019 (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

En outre, un grand nombre des grandes cérémonies prévues par les organisations pour les familles endeuillées n’auront pas lieu.

Il a été demandé aux Israéliens de ne pas se rendre sur les tombes de leurs proches, mais d’allumer une bougie commémorative à la maison.

Un drapeau, une couronne et une bougie commémorative seront placés sur les tombes des soldats et des civils tués lors de guerres ou d’attaques terroristes par des représentants du ministère de la Défense, a fait savoir le directeur général adjoint du ministère, Aryeh Mualem, aux journalistes le mois dernier.

Les sirènes qui retentissent à cette occasion – une à 20 heures pour marquer le jour férié et une à 11 heures le lendemain – seront entendues normalement. Les magasins seront fermés comme d’habitude la veille de Yom HaZikaron, a précisé M. Mualem.

Une cérémonie d’allumage des torches, organisée au coucher du soleil pour marquer la fin de cette journée et le début du Jour de l’Indépendance, a également été délaissée en faveur d’un événement plus petit sans spectateurs.

Des gens regardent la démonstration aérienne de l’armée de l’Air israélienne pour Yom HaAtsmaout sur la plage Bugrashov de Tel Aviv, le 9 mai 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La fête de l’indépendance est généralement marquée par de grands concerts gratuits et des feux d’artifice la nuit.

Le jour suivant, les Israéliens se pressent généralement dans les parcs, les plages et autres espaces publics pour des barbecues et des fêtes.

Dimanche, l’armée israélienne a déclaré qu’elle annulait un spectacle aérien annuel au cours duquel des avions de chasse et d’autres avions militaires traversent le pays, afin d’empêcher les spectateurs de se rassembler. À la place, quatre avions de combat survoleront les hôpitaux pour rendre hommage aux personnels de santé.

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