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Fin du témoignage de Nir Hefetz: c’était « très difficile » de parler contre Netanyahu

L'ancien confident de l'ex-Premier ministre a déclaré, au terme de 5 semaines d'audience dans un procès de corruption très médiatisé qu'il n'a "fait que dire la vérité"

Nir Hefetz à la cour de district de Jérusalem, le 28 décembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Nir Hefetz à la cour de district de Jérusalem, le 28 décembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Après plus de cinq semaines et 17 audiences, un ancien proche collaborateur de Benjamin Netanyahu a mis fin mercredi à son témoignage dans le procès pour corruption contre l’ex-Premier ministre, mettant un terme à la déposition clé du témoin de l’État, un témoignage crucial qui pourrait influencer considérablement le dossier de l’accusation.

L’audience de mercredi au tribunal de district de Jérusalem a mis fin au contre-interrogatoire de Nir Hefetz, qui a déclaré après coup qu’il lui avait été exceptionnellement difficile de témoigner contre son ancien patron.

« Je me sens soulagé après cinq semaines à la barre, devant une série d’avocats les plus chevronnés du pays », a déclaré Hefetz aux journalistes. « Ça y est. J’espère avoir réussi à apporter mon humble point de vue à la recherche de la vérité. »

« C’était une épreuve presque impossible de participer à un tel procès contre Netanyahu », a-t-il ajouté. « C’était très difficile mentalement et émotionnellement. Je n’ai fait que dire la vérité. J’espère que je dis au revoir aux agents de sécurité pour le reste de ma vie. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Nir Hefetz, à gauche, lorsqu’il était à la tête de l’administration d’information nationale, arrivent à la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le dimanche 27 décembre 2009 (Crédit : Yossi Zamir/Flash 90)

Hefetz a ajouté qu’après avoir rompu quatre ans de silence sur cette affaire, il préférait toujours ne pas discuter publiquement du contenu de son témoignage.

Hefetz est le témoin clé de l’État dans le procès contre le chef de l’opposition Netanyahu, qui doit faire face à des accusations dans trois affaires de corruption distinctes : fraude et abus de confiance dans les affaires 1000 et 2000, et accusations de corruption, fraude et abus de confiance dans l’affaire 4000.

Dans l’affaire 4000, la plus grave contre l’ancien Premier ministre, il est accusé d’avoir travaillé pour bénéficier de manière illicite et lucrative des intérêts commerciaux de l’actionnaire majoritaire de la société de médias Bezeq, Shaul Elovitch, en échange d’une couverture positive sur le site d’information Walla appartenant à Elovitch.

Shaul Elovitch à la cour de district de Jérusalem, le 14 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Dans l’affaire 1000, il est accusé d’avoir accepté des centaines de milliers de dollars de cadeaux de la part de deux milliardaires – le magnat israélien du cinéma Arnon Milchan, basé à Hollywood, et le magnat australien James Packer.

L’audience de mercredi portait essentiellement sur l’affaire 2000, dans laquelle Netanyahu est accusé d’avoir tenté de conclure un accord avec Arnon Mozes, éditeur du journal Yedioth Ahronoth, afin d’obtenir une couverture médiatique de sa personne positive en échange d’une législation visant à limiter l’influence du quotidien rival Israel Hayom. Mozes est accusé de corruption dans cette affaire.

Israel Hayom, un journal de droite largement considéré comme un véritable porte-parole de Netanyahu, a commencé à fonctionner en 2007 sous la direction de Sheldon Adelson, décédé au début de l’année. Il a rapidement dépassé le Yedioth Ahronoth – jusqu’alors le journal le plus vendu en Israël – en termes de tirage, grâce à sa diffusion agressive et à sa distribution gratuite.

Après qu’il a été interrogé par les avocats de l’accusation, de Netanyahu et d’Elovitch, l’audience relativement courte de mercredi a comporté un contre-interrogatoire par Iris Niv Sabag, l’avocate de Mozes, ainsi qu’une brève série de questions supplémentaires de la part des procureurs.

Nir Hefetz arrive à la Cour de district de Jérusalem, le 30 novembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Interrogé par l’avocat de Mozes, Hefetz a déclaré qu’une bataille de plusieurs années très médiatisée entre les journaux, au cours de laquelle Israel Hayom a souvent dénigré le Yedioth Ahronoth, ne concernait « en fait que Netanyahu, la poursuite de son leadership ».

« La personne qui a initié et fait avancer cette bataille, en l’utilisant comme un outil contre quelqu’un considéré comme un ennemi pendant une décennie », a-t-il dit, apparemment en référence à Mozes, « était Netanyahu. Elle aurait pu se terminer ou s’intensifier selon son souhait. »

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