France/européennes: l’échec des « gilets jaunes » dans les urnes
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France/européennes: l’échec des « gilets jaunes » dans les urnes

Selon un sondage Ifop, 44 % des personnes se sentant "gilet jaune" indiquaient vouloir voter pour le RN contre 4 % pour la coalition menée par LREM

Une affiche électorale Alliance Jaune à Toulouse le 23 mai 2019. (Crédit :  PASCAL PAVANI / AFP)
Une affiche électorale Alliance Jaune à Toulouse le 23 mai 2019. (Crédit : PASCAL PAVANI / AFP)

Les « gilets jaunes » français ont mobilisé dans la rue, mais pas dans les urnes. Les deux listes issues du mouvement de contestation sociale, qui a provoqué la plus grande crise du quinquennat d’Emmanuel Macron, ont recueilli à peine 1 % des suffrages aux élections européennes dimanche, selon les premières estimations.

La liste « Alliance jaune », menée par le chanteur Francis Lalanne, a obtenu environ 0,5 % des voix, et la liste « Evolution citoyenne » moins de 0,5%, loin du seuil des 5% nécessaires pour envoyer des élus au Parlement européen.

« C’est décevant, je visais plutôt entre 1 et 2 % », a regretté Frédéric Mestdjian, cinquième sur la liste « Alliance jaune ».

« On nous vole le scrutin », a accusé Christophe Chalençon, tête de liste d' »Evolution citoyenne ». Il a déclaré à l’AFP qu’il allait déposer des recours pour « faire invalider les élections » du fait du rejet dans des bureaux de vote des bulletins de sa liste, imprimés sur du papier non conforme.

Tous deux regrettent que le « vote sanction » contre le président Emmanuel Macron se soit « cristallisé » autour du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen.

A part ces deux listes, des « gilets jaunes » étaient intégrés sur les listes des partis souverainistes Debout la France (qui a obtenu environ 3,6% des voix), Les Patriotes (entre 0,5 et 0,7 %) ou l’Union populaire républicaine (UPR, environ 1 %), et également sur celle du Parti communiste français (PCF, entre 2,3 et 2,7 %).

Erosion des intentions de vote

Né d’une protestation contre le prix des carburants qui s’est étendue à des revendications sur le pouvoir d’achat, la justice fiscale et la participation politique, le mouvement des « gilets jaunes » a mené de nombreux samedis de manifestations, rassemblant jusqu’à 282 000 personnes lors de son premier jour de mobilisation le 17 novembre, selon le ministère de l’Intérieur.

Des manifestants défilent sur l’avenue des Champs-Élysées le 16 février 2019, lors de la 14e semaine consécutive de manifestations des « gilets jaunes ». (Eric Feferberg/AFP)

Très vite, la question d’une traduction politique et électorale du mouvement s’est posée. Dans les premiers sondages qui, dès décembre, introduisaient dans leurs enquêtes l’éventualité d’une liste « gilets jaunes », celle-ci était donnée aux alentours de 10% d’intentions de vote.

Mais à l’approche du scrutin, les résultats se sont érodés. Plusieurs figures du mouvement ont tenté de monter des listes, la plupart ont abandonné. Les deux représentants qui ont persisté ont été critiqués par des historiques du mouvement.

« C’est un mouvement qui a pour caractéristique de voir systématiquement les personnes qui veulent en être les représentants délégitimées, attaquées par leurs pairs », résume Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’institut de sondages Ifop.

Sur quelles listes s’est déporté le vote « gilet jaune » ? Selon un sondage Ifop publié vendredi, 44 % des personnes se sentant « gilet jaune » indiquaient vouloir voter pour le RN contre 4 % pour la coalition menée par La République en marche (LREM, le mouvement de M. Macron).

« Le débouché politique du mouvement des +gilets jaunes+ dans ces élections européennes, c’est très clairement le RN », analysait Jérôme Sainte-Marie, président de PollingVox.

La création de listes électorales a divisé au sein des « gilets jaunes », certains considérant que leur mouvement était profondément anti-système et d’autres pensant qu’il fallait intégrer le système pour le changer.

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