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France : L’UE devrait sanctionner les habitants d’implantations israéliens violents

Cette proposition survient deux semaines après les menaces de Joe Biden de refuser des visas américains à quiconque attaquerait des civils palestiniens en Cisjordanie

Des soldats israéliens retenant des résidents d'implantations après qu'ils ont pris d'assaut le village palestinien de Dayr Sharaf à la suite d'une attaque terroriste au cours de laquelle un conducteur israélien a été abattu, en Cisjordanie, le 2 novembre 2023. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)
Des soldats israéliens retenant des résidents d'implantations après qu'ils ont pris d'assaut le village palestinien de Dayr Sharaf à la suite d'une attaque terroriste au cours de laquelle un conducteur israélien a été abattu, en Cisjordanie, le 2 novembre 2023. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères français a déclaré jeudi que l’Union européenne (UE) devrait envisager la possibilité de sanctionner les habitants violents des implantations israéliennes qui s’en prennent aux Palestiniens en Cisjordanie.

« Nous pensons que la communauté internationale a un rôle à jouer pour faire cesser ces violences qui sont extrêmement déstabilisantes pour la région, mais qui nuisent aussi à la perspective d’une solution à deux États », a déclaré Anne-Claire Legendre lors d’un point presse.

La porte-parole française n’a pas précisé le type de sanctions envisagées, mais ses remarques interviennent moins de deux semaines après que le président américain Joe Biden a menacé de refuser les visas américains aux habitants des implantations accusés de violence.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a également souligné qu’il était impératif qu’Israël prenne « des mesures immédiates pour traduire en justice les habitants des implantations extrémistes pour les violences commises contre les Palestiniens en Cisjordanie », lors de sa rencontre avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem jeudi, selon un communiqué de presse américain.

Un responsable israélien a confié au Times of Israel au début du mois que le gouvernement avait intensifié ses activités pour lutter contre ce phénomène, qui ne serait le fait que d’un « noyau dur » composé de quelques centaines d’extrémistes au maximum. Plusieurs arrestations ont eu lieu ces dernières semaines.

Une source diplomatique française a déclaré jeudi à Reuters que Paris préférerait que les sanctions contre les habitants des implantations soient prises par l’UE dans son ensemble, plutôt que par des membres individuels, mais un autre diplomate de l’UE a déclaré que tous les membres de l’UE ne soutenaient pas cette idée – qui nécessiterait une approbation unanime – et qu’un débat formel n’avait même pas commencé.

Les sanctions contre le Hamas en sont à un stade plus avancé, comprenant des mesures visant à cibler le financement du groupe terroriste et à combattre sa propagande sur les réseaux sociaux, a indiqué Legendre, ajoutant que d’autres sanctions viseront les commandants du Hamas avec des gels d’avoirs et des interdictions de voyager. Plusieurs diplomates ont indiqué à Reuters qu’ils avaient l’intention de mettre en œuvre ces sanctions au cours des deux prochaines semaines.

Près de deux mois après l’assaut du Hamas contre Israël, le 7 octobre, au cours duquel des milliers de terroristes ont massacré 1 200 personnes dans le sud d’Israël, dont la plupart étaient des civils, les Palestiniens ont été la cible de réactions brutales en Cisjordanie contre les civils, qui ont été attaqués et harcelés de manière répétée par des extrémistes.

Un Israélien tire à bout portant sur un Palestinien non armé lors d’un incident survenu dans le village palestinien d’A-Tuwani, dans les collines du sud d’Hébron, le 13 octobre 2023. (Crédit : Capture d’écran fournie par B’tselem, utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Les organisations activistes telles que B’Tselem et La Paix maintenant, qui sont opposées à la gouvernance israélienne en Cisjordanie, ainsi que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), ont indiqué que cette vague d’attaques avait entraîné le déplacement de plus d’un millier de Palestiniens de 15 localités situées au-delà de la Ligne verte.

Depuis le 7 octobre, les troupes israéliennes ont arrêté quelque 2 000 Palestiniens recherchés en Cisjordanie, dont plus de 1 100 affiliés au Hamas. Selon le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne, quelque 200 Palestiniens de Cisjordanie ont été tués par l’armée israélienne et, dans quelques cas, par des habitants des implantations.

D’après les estimations de l’armée, la grande majorité des 200 Palestiniens tués depuis le 7 octobre ont été abattus lors d’affrontements au cours de raids d’arrestations. Environ 60 % d’entre eux, selon les données consultées par le Times of Israel, étaient munis d’une arme à feu ou d’un engin explosif.

Tsahal a connaissance d’au moins trois cas de Palestiniens non impliqués qui ont été tués par des troupes ces dernières semaines, et de plusieurs cas d’assassinat de Palestiniens par des habitants des implantations, qui sont encore en cours d’investigation.

L’organisation Yesh Din affirme qu’il y a eu plus de 185 attaques commises par des résidents d’implantations contre des Palestiniens dans plus de 84 villes et villages en Cisjordanie depuis le 7 octobre.

Jeremy Sharon et Gianluca Pacchiani ont contribué à cet article.

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