France : Un tag « Allah Akbar » à l’entrée du cimetière juif de Koenigshoffen
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France : Un tag « Allah Akbar » à l’entrée du cimetière juif de Koenigshoffen

Le cimetière abrite les sépultures juives les plus anciennes de Strasbourg, mais n’est plus utilisé ; il a été inscrit au titre des monuments historiques en 2002

Le cimetière juif de Koenigshoffen, à Strasbourg. (Crédit : Micharthur 007 / CC BY-SA 3.0)
Le cimetière juif de Koenigshoffen, à Strasbourg. (Crédit : Micharthur 007 / CC BY-SA 3.0)

L’inscription « Allah Akbar » a été retrouvée taguée jeudi soir dernier devant l’entrée du cimetière juif de Koenigshoffen, quartier de Strasbourg, a rapporté le journal Dernières Nouvelles d’Alsace.

Peint en rose fluo, le tag a été réalisé sur le panneau indiquant l’entrée du cimetière. Celui-ci abrite les sépultures juives les plus anciennes de Strasbourg, mais n’est plus utilisé. Il a été inscrit au titre des monuments historiques en 2002.

« Ce n’est pas le tag qui est antisémite, c’est l’acte qui est antisémite », a réagi Maurice Dahan, président du Consistoire du Bas-Rhin, propriétaire des cimetières juifs du département. « Le fait de recouvrir le panonceau à l’entrée est affligeant, innommable. Mais si j’avais découvert un tag équivalent devant un cimetière musulman, j’aurais réagi de la même manière. L’antisémitisme, qu’il vise les Juifs ou les musulmans, qui sont aussi des Sémites, va à l’encontre des valeurs de la République, pour qui tous les hommes sont égaux. »

Le Conseil régional du culte musulman lui a apporté son soutien face à cette « infamie » et « hérésie ». « Utiliser le nom de Dieu pour dégrader un cimetière où reposent de nombreux Juifs, qui eux-mêmes ont déjà de leur vivant été victimes d’antisémitisme, est une infamie et une hérésie », a indiqué Saïd Aalla, qui dirige la Grande mosquée de Strasbourg. « Cette profanation s’inscrit dans la lignée de très nombreuses autres dans le Bas-Rhin », a-t-il ajouté, appelant à « l’union des citoyens » face « à la tentative de fracture entre les communautés ».

Début mai dernier, la mairie verte de Strasbourg, critiquée pour avoir rejeté en début d’année la définition d’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), a finalement voté une motion n’intégrant qu’une partie de cette définition.

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