France : Zemmour et Le Pen d’accord pour une rencontre mais pas sur son format
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France : Zemmour et Le Pen d’accord pour une rencontre mais pas sur son format

La candidate à l'Elysée veut bien rencontrer le polémiste dans le cadre d'un "dîner" privé quand le journaliste voudrait un "débat" public

Le journaliste et écrivain français Eric Zemmour au tribunal de Paris, pour son procès pour incitation à la haine raciale, le 6 novembre 2015. (Crédit : BERTRAND GUAY/AFP/Getty Images)
Le journaliste et écrivain français Eric Zemmour au tribunal de Paris, pour son procès pour incitation à la haine raciale, le 6 novembre 2015. (Crédit : BERTRAND GUAY/AFP/Getty Images)

Le maire de Béziers proche du Rassemblement national Robert Ménard a proposé vendredi à Marine Le Pen et au polémiste Eric Zemmour de « discuter » dans sa ville, mais les deux invités sont en désaccord sur le format de la rencontre.

La cheffe du RN et le journaliste controversé de CNews, pour qui Mme Le Pen « ne gagnera jamais » en 2022 et qui pourrait aussi se présenter, « sont suicidaires. Il faut qu’ils arrêtent de se tirer dans les pattes les uns et les autres », a affirmé sur BFMTV et RMC M. Ménard.

« Marine et Éric, je leur dis: ‘venez à Béziers, et on discute’, parce que je suis ami avec les deux », a ajouté l’édile qui a renouvelé sa proposition dans un tweet, auquel Eric Zemmour a répondu qu’il « acceptait l’invitation » et « débattrait volontiers avec Marine Le Pen ».

L’entourage de Marine Le Pen, interrogé par l’AFP, a indiqué pour sa part que la candidate « n’avait jamais refusé de discuter avec quiconque » mais que la proposition de M. Ménard portait sur une « discussion autour d’une table » pas sur « un débat » public.

Quelques heures plus tard, Robert Ménard rapportait que « Marine Le Pen était « d’accord pour un dîner avec Éric Zemmour à Béziers » qualifiant cet engagement de « très bonne nouvelle ».

Cependant l’entourage d’Eric Zemmour a précisé à l’AFP que le polémiste était « d’accord pour un débat mais pas pour des magouilles d’arrière-cuisine ». « Non à la cuisine politicienne, oui au débat démocratique », a-t-on ajouté.

La dirigeante du Front national (aujourd’hui Rassemblement National) Marine Le Pen assiste au congrès annuel du parti d’extrême droite dans la ville française de Lille le 10 mars 2018. (AFP Photo/Philippe Huguen)

Selon l’eurodéputé du RN Thierry Mariani, Marine Le Pen entend « discuter », ce qui veut dire « échanger, voir ce qu’on a en commun » mais « pas du tout faire un débat devant les télés ».

« On n’est pas là (…) pour faire une sorte de show qui ferait certainement plaisir aux médias mais (ne ferait) pas avancer nos idées », avait ajouté sur BFMTV l’ancien ministre sarkozyste, qui « rêve d’un gouvernement avec Éric Zemmour et Marine Le Pen ensemble ».

Le maire de Béziers a appelé à voter en 2022 pour Marine Le Pen, malgré son « entourage (qui) est un vrai problème pour elle ».

« Je crois qu’elle a changé. Elle a évolué. Aujourd’hui, elle est moins doctrinaire, plus ouverte (…), plus raisonnable », a fait valoir Robert Ménard, qui publie le 13 septembre un livre de conseils à la dirigeante d’extrême droite intitulé « Chère Marine, ce qu’elle doit faire pour gagner » (éditions La Nouvelle Librairie, 54 p).

M. Ménard, qui avait un temps poussé Éric Zemmour à se présenter, considère désormais que ce dernier peut « faire perdre (son) camp ». « Je pense qu’il n’est pas capable de réussir le passage entre polémiste et chef de l’État », ce qui n’est « pas tout à fait la même chose », a-t-il redit.

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