Frappes iraniennes meurtrières dans le Golfe et en Israël au lendemain de la mort de Khamenei
Le CGRI a déclaré avoir lancé une attaque "de grande envergure contre l'ennemi", un responsable iranien précisant que Téhéran visait les bases US dans les pays voisins
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L’Iran a mené des frappes meurtrières contre des pays du Golfe alliés des États-Unis et contre Israël, après avoir appelé, dimanche, à venger la mort du guide suprême, Ali Khamenei, éliminé dans l’attaque israélo-américaine lancée la veille.
Alors que l’attaque israélo-américaine sans précédent se poursuit contre l’Iran, le secrétaire-général des Nations unies, Antonio Guterres, a mis en garde contre une « série d’événements que personne ne peut contrôler », tandis que le pape Léon XIV a appelé à mettre fin à la « spirale de la violence ».
En riposte à l’attaque qui a coûté la vie à plusieurs hauts responsables iraniens samedi, la République islamique a lancé des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, ainsi qu’en Israël, où huit personnes ont été tuées dimanche selon les secouristes.
Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, a déclaré avoir lancé une attaque « de grande envergure » contre « l’ennemi », un responsable iranien précisant que Téhéran visait les bases américaines dans les pays voisins, et non ces pays.
« Revenir à la raison »
Des journalistes de l’AFP ont entendu de nouvelles explosions à Dubaï, Doha, Ryad et Manama. Oman, qui a joué le rôle de médiateur dans les négociations entre l’Iran et les États-Unis, a été ciblé pour la première fois dimanche.
L’armée iranienne a affirmé avoir visé « des bases américaines dans les pays du Golfe », qui ont déclaré avoir intercepté des projectiles iraniens.
Les Émirats arabes unis, où trois personnes ont été tuées et 58 blessées depuis samedi, ont appelé l’Iran à revenir « à la raison », et une réunion entre les monarchies du Golfe est prévue dimanche.
Les hostilités ont entraîné l’annulation de plusieurs centaines de vols à destination du Moyen-Orient.
Le Royaume-Uni a exhorté ses citoyens se trouvant à Bahreïn, au Koweït, au Qatar et aux Émirats arabes unis à « rester à l’abri ».
La France dit se tenir prête à évacuer ses ressortissants au Proche-Orient.
Comme elle l’avait annoncé, l’Iran a également répliqué par de nouvelles frappes contre Israël.
Dimanche, neuf personnes ont été tuées à Beit Shemesh, dans le centre d’Israël, lorsque le bâtiment dans lequel elles se trouvaient s’est effondré à la suite d’une « frappe directe » de missile iranien, ont annoncé les secouristes, précisant avoir évacué 28 blessés, dont deux dans un état grave.
Plus de vingt personnes ont également été blessées à Tel Aviv. Dimanche matin, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti dans plusieurs régions d’Israël.
Un homme âgé de 102 ans a succombé à ses blessures survenues lors d’une chute dans les escaliers alors qu’il se rendait dans l’abri de son immeuble à Ramat Gan.
La mort d’Ali Khamenei, d’abord annoncée par Donald Trump, a été confirmée par la télévision d’État iranienne.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré dimanche que venger sa mort était un droit « légitime », considérant cela comme une « déclaration de guerre contre les musulmans ».
« HIER, L’IRAN A TIRÉ DES MISSILES SUR LES ÉTATS-UNIS ET ISRAËL, ET ILS ONT FAIT MAL. AUJOURD’HUI, NOUS LES FRAPPERONS AVEC UNE FORCE QU’ILS N’ONT JAMAIS CONNUE », a prévenu le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, sur le réseau social X.
Des milliers de personnes se sont rassemblées à Téhéran, certaines en larmes, brandissant des drapeaux iraniens et criant « Mort à l’Amérique ! Mort à Israël ! » selon un journaliste de l’AFP présent sur place.
Même slogans à Shiraz, la grande ville du sud, où une foule a crié vengeance, selon l’agence de presse Tasnim.
« Frapper avec force »
Dans la nuit, la nouvelle de la disparition de celui qui a dirigé l’Iran d’une main de fer pendant près de 37 ans a également été accueillie à Téhéran par des musiques jouées depuis des fenêtres et des acclamations dans les rues, comme le montrent des vidéos vérifiées par l’AFP.
« Nous sommes dans la rue et nous célébrons la nouvelle », a déclaré à un journaliste de l’AFP basé à Paris une habitante quadragénaire de Téhéran, tandis que des cris de joie étaient entendus en arrière-plan.
Alors que les États-Unis et Israël ont déclaré qu’ils poursuivraient leurs frappes, plusieurs explosions ont été entendues dans la matinée à Téhéran, selon des journalistes de l’AFP, peu avant que l’armée israélienne n’annonce avoir frappé « au cœur » de la capitale.
Après de premières menaces de représailles du CGRI, Trump a prévenu sur sa plateforme Truth Social : « S’ILS LE FONT, NOUS LES FRAPPERONS AVEC UNE FORCE SANS PRECEDENT ! »
Il a ajouté que le peuple iranien tenait là sa « plus grande chance » de « reprendre » le contrôle du pays.
Outre Khamenei, sept autres hauts responsables iraniens, dont Mohammad Pakpour, le chef du CGRI, Ali Shamkhani, un conseiller du guide suprême, et Abdolrahim Moussavi, le chef d’état-major de l’armée régulière, ont été tués, a confirmé la télévision d’État.
Israël a affirmé avoir tué, dès son attaque initiale, 40 hauts gradés, dont Ali Khamenei.
« Couper la tête du serpent »
La transition du pouvoir sera assurée par un triumvirat composé de Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei et d’Alireza Arafi, un haut dignitaire religieux membre du Conseil des Gardiens de la Révolution, a rapporté un média d’État.
En Iran, le Croissant-Rouge iranien a annoncé samedi la mort de plus de 200 personnes dans les frappes à travers le pays. Le pouvoir judiciaire a notamment fait état d’au moins 108 morts dans une école de filles, un bilan qui n’a pas pu être vérifié par des sources indépendantes. Israël a déclaré ne pas être au courant d’une frappe sur une école.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a justifié l’opération par la « menace existentielle » que faisait peser l’Iran sur Israël. Son pays célébrait dimanche la mort de l’ennemi juré de l’État.
« Khamenei [était] un dirigeant du même type que d’autres autocrates, [comme] Hitler […], et quand on coupe la tête du serpent, alors le serpent ne peut plus se relever », déclare à l’AFP Me Moti Arad, avocat, à Tel Aviv.
De son côté, Trump a déclaré répondre à des menaces « imminentes » contre les États-Unis, liées à la fois au programme nucléaire et aux capacités de missiles iraniennes.
Samedi, de hauts responsables américains ont accusé les autorités iraniennes d’avoir lancé la reconstruction des sites nucléaires frappés en juin 2025 et d’exclure toute discussion sur leurs missiles balistiques, sujet de grande inquiétude pour Israël.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé une réunion extraordinaire pour lundi à Vienne.
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