Frappes israéliennes à Gaza après une 2e attaque à la roquette en 24 heures
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Frappes israéliennes à Gaza après une 2e attaque à la roquette en 24 heures

Ce sursaut de violences survient dans un contexte de tensions élevées, notamment avec la capture de 4 des 6 fugitifs palestiniens par Israël

Photo d'illustration : Après un tir de roquette vers Israël, une boule de feu s'élève à Khan Younes, dans le sud de Gaza, suite à une frappe aérienne, le 11 septembre 2021. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)
Photo d'illustration : Après un tir de roquette vers Israël, une boule de feu s'élève à Khan Younes, dans le sud de Gaza, suite à une frappe aérienne, le 11 septembre 2021. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

L’armée israélienne a mené de nouvelles frappes aériennes de représailles dans la bande de Gaza dans la nuit de samedi à dimanche, suite à deux attaques à la roquette visant le sud d’Israël qui se sont produites en moins de 24 heures.

Les militaires ont indiqué que les raids avaient visé un atelier de production de roquettes clandestin du Hamas, un entrepôt d’armes, une structure de formation et un tunnel. L’armée israélienne a noté qu’elle considérait le Hamas comme responsable de tous les tirs de roquette émanant de l’enclave.

Samedi soir, les terroristes palestiniens de la bande de Gaza ont tiré une roquette vers le sud d’Israël, faisant planer l’ombre d’un nouveau conflit. Le missile a été intercepté par le système de défense antiaérien du Dôme de fer. L’attaque a fait résonner les sirènes d’alerte dans la ville de Sdérot et dans les communautés environnantes du sud d’Israël.

Un homme de 29 ans a été légèrement blessé à la tête après une chute, survenue alors qu’il se ruait vers un abri antiaérien. Il a été évacué vers l’hôpital Barzilai d’Ashkelon et y a été pris en charge, ont fait savoir les médecins.

Peu après 23h, vendredi, les terroristes de la bande de Gaza ont lancé une roquette vers l’État juif qui a été interceptée par le système du Dôme de fer, a annoncé Tsahal. Les sirènes ont retenti dans la région d’Eshkol et les résidents ont fait savoir qu’ils avaient entendu plusieurs explosions. Il n’y aurait eu ni blessé, ni dégât.

En réponse aux tirs de roquette, vendredi soir, l’armée a frappé des cibles terroristes de la bande de Gaza aux premières heures de la matinée de samedi, a rapporté l’armée.

Le système antimissile du Dôme de Fer tire un missile d’interception sur des roquettes tirées depuis la bande de Gaza vers Ashkelon, le 19 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les militaires ont également noté avoir frappé un poste du Hamas et un site de stockage situé aux abords d’une école et d’une mosquée. L’armée n’a pas précisé la nature du matériel stocké dans l’entrepôt.

Elle a ajouté avoir détruit un complexe utilisé pour produire le béton servant à construire le réseau de tunnels souterrains du groupe terroriste, qui se serait situé près de sites culturels.

Il n’y aurait pas eu de blessé.

Dans le communiqué, l’armée a répété tenir pour responsable le Hamas de toutes les activités terroristes menées depuis l’enclave.

Par ailleurs, en Cisjordanie, plusieurs centaines de Palestiniens ont affronté les forces israéliennes à plusieurs endroits, samedi soir. Les soldats ont utilisé des moyens de dispersion d’émeute pour venir à bout de ces heurts.

Le Croissant-Rouge palestinien a fait savoir qu’il avait pris en charge huit personnes blessées par des balles en caoutchouc et 15 autres qui avaient été indisposées par les gaz lacrymogènes pendant des échauffourées au checkpoint de Hawara, au sud de Naplouse.

Ces tirs de roquette de samedi sont survenus peu après la capture de deux prisonniers, membres du Jihad islamique, qui s’étaient échappés en compagnie de quatre autres détenus d’une prison de haute-sécurité, dans la journée de lundi.

Deux autres fuyards avaient d’ores et déjà été retrouvés la veille.

Ils ont aussi eu lieu une journée après l’annonce, par l’envoyé qatari à Gaza, que sa tentative de remettre l’aide financière apportée par son pays à la bande de Gaza – une aide financière qui devait être notamment apportée aux employés du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza – avait échoué en raison du retrait de l’Autorité palestinienne de l’accord qui avait été conclu entre les parties intéressées.

Le Qatar avait promis de remettre 500 millions de dollars à Gaza suite au conflit de onze jours qui, au mois de mai, avait entraîné de lourds bombardements dans la bande et des tirs de roquette intenses vers Israël.

L’effondrement de cet accord devrait encore aggraver les tensions entre Israël et le Hamas qui n’a cessé de renforcer ses provocations pour pousser l’État juif à laisser entrer l’argent.

La roquette a probablement été tirée par le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, juste après l’annonce faite par Israël de la capture de deux fugitifs appartenant au groupe terroriste qui s’étaient échappés de la prison de Gilboa.

Les Palestiniens lors d’un rassemblement à Khan Younès, dans la bande de Gaza, en solidarité avec les prisonniers palestiniens qui se sont évadés de la prison de Gilboa, en Israël, photo prise le 8 septembre 2021. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

L’envoyé qatari, Mohammed al-Emadi, a affirmé que l’accord avait été rompu parce que l’Autorité palestinienne, qui avait accepté que ses banques transfèrent l’argent aux employés du Hamas, était revenue sur sa décision. Il a ajouté que les banques avaient refusé de coopérer, craignant d’être frappées de sanctions si elles acceptaient de transférer des fonds à un groupe terroriste.

La question des fonctionnaires a été un point de friction concernant la mise en place d’un mécanisme permettant de transférer les fonds. Lundi dernier, al-Emadi avait annoncé que le problème avait été résolu « suite à un accord entre les différentes parties ».

Cette annonce a été faite alors que des sources proches du Premier ministre Naftali Bennett auraient dit, selon la Douzième chaîne, qu’Israël jugeait comme inévitable une nouvelle escalade des violences à Gaza – peut-être dans les prochaines semaines – et que l’État juif se préparait à cette perspective au niveau militaire.

La chaîne a précisé qu’Israël voulait gérer ses relations avec le Hamas selon son propre agenda et son propre calendrier et ne pas entrer dans un conflit dont les termes seraient dictés par le Hamas.

Le soutien apporté par le Qatar est considéré comme une bouée de sauvetage cruciale pour les Palestiniens les plus pauvres qui vivent à Gaza. L’enclave côtière est soumise à un blocus israélien depuis 2007, l’année de la prise de pouvoir du Hamas.

L’État juif, qui autorise l’entrée de nombreux produits dans la bande, considère que ce blocus est nécessaire pour empêcher les groupes terroristes de s’armer librement et de représenter une menace qui serait bien plus grande.

Avant le dernier conflit à Gaza entre Israël et les combattants palestiniens dirigés par le Hamas, au mois de mai, les fonds versés par le Qatar étaient considérés comme déterminants dans le maintien d’un calme relatif entre l’État juif et les islamistes.

Toutefois, Israël a fait savoir que le pays s’opposait à une reprise du versement des fonds dans les mêmes conditions qui prévalaient avant les hostilités du mois de mai, affirmant que l’argent était utilisé par les groupes armés et qu’il ne servait pas strictement à répondre aux besoins humanitaires des résidents.

Emanuel Fabian, l’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article.

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