Friedman: Washington refuserait l’annexion si Israël « ignore » les termes du plan
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Friedman: Washington refuserait l’annexion si Israël « ignore » les termes du plan

L'ambassadeur américain nie menacer Israël, veut seulement "faire savoir où nous en sommes" ; il reconnaît les "divergences" à la Maison Blanche sur le calendrier de l'annexion

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L'ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, lors d'un briefing organisé par le Jerusalem Center for Public Affairs, le 9 février 2020. (Matty Stern/ Ambassade des États-Unis à Jérusalem)
L'ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, lors d'un briefing organisé par le Jerusalem Center for Public Affairs, le 9 février 2020. (Matty Stern/ Ambassade des États-Unis à Jérusalem)

Dimanche, l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, a mis en garde le gouvernement israélien contre l’application de la souveraineté sur une quelconque partie de la Cisjordanie avant l’élection à la Knesset le mois prochain, citant la commission bilatérale qui doit conclure son travail de cartographie avant que Jérusalem ne soit autorisée à aller de l’avant avec son annexion prévue, mentionnée par le président américain Donald Trump.

« Je ne suggère pas que le gouvernement d’Israël ne devrait pas faire ce qu’il veut. Israël est un État souverain. Mais les gens doivent savoir que si la position du président est simplement ignorée, nous ne serons pas en mesure d’aller de l’avant », a-t-il déclaré lors d’une réunion d’information au Jerusalem Center for Public Affairs, un groupe de réflexion de type « faucon ».

« Il n’y a aucune chance qu’un président ayant précédé le président Trump reconnaisse l’annexion de quoi que ce soit par Israël à un moment donné. Ne suggérez donc pas que nous soyons d’une manière ou d’une autre plus sévères que les présidents précédents », a-t-il déclaré.

« Le président a fait un discours. Et il a dit qu’il y aura une commission et que celle-ci passera par un processus ; le processus ne durera pas très longtemps, mais nous voulons passer par un processus ».

Friedman faisait référence à une déclaration de Trump faite lors du dévoilement de son plan de paix le 28 janvier à la Maison Blanche. « Nous allons former une commission conjointe avec Israël pour faire de cette carte conceptuelle un rendu plus détaillé et calibré afin que la reconnaissance puisse être immédiatement obtenue », avait alors déclaré le président américain, aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Nous allons passer par un processus de cartographie pour traduire une carte tracée à grands traits en quelque chose qui montre vraiment sur le terrain comment le territoire sera constitué », a déclaré l’envoyé américain dimanche.

« Ce n’est pas excessivement difficile, mais ce n’est pas non plus simple, car il y a beaucoup de décisions à prendre. Nous ne voulons pas faire cela de manière fragmentaire », a-t-il poursuivi, ajoutant que ce serait « une erreur » de voir Israël appliquer la souveraineté sur différentes zones de la Cisjordanie de manière progressive, forçant les États-Unis à reconnaître de nombreuses annexions.

« Nous voulons le faire en une fois, de manière holistique, dans sa totalité, et le faire bien », a déclaré M. Friedman. « Nous voulons juste que ce soit bien fait. Ce n’est pas trop demander. Et c’était le message du président quand il en a parlé la première fois ».

La Maison Blanche attend maintenant d’Israël qu’il accepte cet accord, a-t-il ajouté.

Le président américain Donald Trump (à droite) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu participent à une conférence commune dans l’East Room de la Maison Blanche, le 28 janvier 2020 à Washington DC. (Sarah Silbiger/Getty Images/AFP)

Lors de son briefing dimanche, l’envoyé américain a évoqué les pressions politiques exercées sur Netanyahu par sa base de droite, y compris par des membres de son propre cabinet, pour qu’il entame le processus d’annexion avant les élections à la Knesset du 2 mars.

« Il semble que des politiciens se mettent à dire : peu importe le processus, faisons ce que nous voulons », a-t-il déclaré. « Je ne peux pas empêcher cela. »

Plus tôt dimanche, Friedman a publié deux tweets dans lesquels il semblait menacer le gouvernement israélien de ne pas se précipiter pour procéder à l’annexion.

« Comme nous l’avons déclaré, l’application du droit israélien au territoire que le plan prévoit de rattacher à Israël est soumise à l’achèvement d’un processus de cartographie par une commission conjointe israélo-américaine », a-t-il écrit. « Toute action unilatérale avant l’achèvement du processus de la commission met en danger le Plan et la reconnaissance américaine ».

S’adressant aux journalistes à la fin de sa brève présentation sur « l’affaire du siècle », Friedman a déclaré que ses tweets ne devaient pas être compris comme une menace mais plutôt comme un rappel courtois de la position du président.

« Un peu de patience pour mener à bien un processus, pour le faire correctement, n’est pas quelque chose que nous pensons être trop demandé. Israël est une nation souveraine. Mais il me semble qu’avec les informations selon lesquelles le cabinet était sur le point d’être poussé dans une direction qui pourrait être contraire à notre vision du processus – au moins faire savoir aux gens où nous en sommes », a-t-il déclaré. « Ce n’était pas une menace. Simplement faire savoir aux gens où nous en sommes ».

Friedman semble également reconnaître publiquement pour la première fois que Jérusalem a reçu des messages contradictoires de l’administration américaine concernant le moment exact où Israël serait autorisé à annexer.

« Nous avons peut-être eu des divergences de vues quant au calendrier, mais en très peu de temps, il est apparu clairement que nous étions tous sur la même longueur d’onde », a déclaré M. Friedman.

Quelques instants seulement après le dévoilement de l’accord de paix le 28 janvier, Netanyahu a déclaré aux journalistes que son cabinet voterait en faveur de l’annexion dès la semaine suivante. Friedman a semblé soutenir cette déclaration, disant aux journalistes qu’“Israël n’a pas besoin d’attendre du tout” lorsqu’on lui a demandé s’il y avait une « période d’attente » qui devrait s’écouler avant que le pays puisse étendre sa souveraineté à la vallée du Jourdain et aux implantations.

Le conseiller du président américain Donald Trump, Jared Kushner, lors d’une interview à la Maison Blanche à Washington, le 29 janvier 2020. (Crédit : SAUL LOEB / AFP)

Peu de temps après, le conseiller principal du président, Jared Kushner, l’auteur principal du plan de paix, a apparemment contredit Friedman, affirmant clairement dans une série d’interviews que la Maison Blanche s’attendait à ce qu’Israël n’annexe aucune zone avant que le travail de la commission bilatérale soit terminé.

L’administration ne pense pas que le travail de la commission puisse être terminé d’ici le 2 mars, a déclaré M. Friedman. La commission compte six membres – trois Israéliens et trois Américains – et il est le seul membre de la délégation américaine vivant en Israël, de sorte que son travail devra inclure plusieurs voyages dans la région par ses autres membres, a déclaré Friedman dimanche.

« La commission va procéder aussi vite que possible », a-t-il précisé.

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