Gabbay: Le sommet Trump-Kim montre que la paix en Israël est possible
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Gabbay: Le sommet Trump-Kim montre que la paix en Israël est possible

Le chef du parti d'opposition salue le rapprochement entre les USA et la Corée du Nord ; la droite affirme que cela prouve que le programme nucléaire iranien peut être démantelé

Le président de l'Union sioniste Avi Gabbay dirige une réunion de faction à la Knesset le 7 mai 2018. (Miriam Alster/Flash90)
Le président de l'Union sioniste Avi Gabbay dirige une réunion de faction à la Knesset le 7 mai 2018. (Miriam Alster/Flash90)

La gauche et la droite en Israël se sont inspirées du sommet organisé mardi par le président américain Donald Trump avec le dictateur nord-coréen Kim Jong Un, les premiers affirmant que la paix était possible entre Israéliens et Palestiniens, et les seconds exprimant l’espoir que le programme nucléaire iranien puisse être démantelé tout comme celui de la Corée du Nord.

Le chef du Parti travailliste de centre gauche israélien est allé sur Twitter pour se réjouir : « ce qui s’est passé ce soir… peut aussi se passer ici au Moyen-Orient ».

« Comme pour toute négociation, la voie à suivre exige d’établir la confiance (même lorsque cela semble impossible) et de trouver des intérêts communs », a déclaré Avi Gabbay dans un message Twitter.

« Ce n’est qu’un premier pas, a-t-il ajouté, mais les dirigeants qui ont le courage d’initier et de rassembler les gens peuvent faire toute la différence. Ce qui s’est passé ce soir entre les États-Unis et la Corée du Nord peut aussi se produire ici, au Moyen-Orient, ou n’importe où. Cela peut paraître fou jusqu’à ce que ça arrive. »

Trump et Kim ont tenu cette réunion sans précédent à Singapour, après quoi ils ont signé un document commun dont les deux dirigeants ont fait l’éloge.

Yuli Edelstein, président de la Knesset, le 30 janvier 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, député du Likud, a déclaré à l’ambassadeur de Corée du Sud, Gun-tae Lee, lors d’une réunion mardi, qu’il espérait que le processus en cours pour dénucléariser la Corée du Nord pourrait être reproduit avec le régime iranien.

« La Corée du Sud est menacée par la Corée du Nord, et Israël est menacé par [la perspective] des armes nucléaires entre les mains de l’Iran », a dit Edelstein. « Nous devons mettre fin à cela. J’espère que l’accord que Trump et Kim ont signé mènera à un processus similaire dans notre région ».

Edelstein a qualifié le sommet de « pas de géant, non seulement pour la Corée du Sud, mais pour le monde entier ». Ce sera un long processus, mais le résultat pourrait être révolutionnaire. Il y a quelques années, nous ne pouvions pas imaginer que des régimes de ce genre renonceraient à leurs armements et à leur pouvoir. J’espère que ce processus, qui commence aujourd’hui, créera un engouement pour des processus similaires au Moyen-Orient ».

Le président américain Donald Trump (2e à droite) et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (2e à gauche) signent des documents alors que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo (à droite) et la sœur du dirigeant nord-coréen Kim Yo Jong (à gauche) assistent à une cérémonie de signature lors du sommet États-Unis-Corée du Nord à l’hôtel Capella sur l’île de Sentosa, à Singapour, le 12 juin 2018. (Saul Loeb/AFP)

Il a déclaré que la paix dans la péninsule coréenne semblait être une perspective lointaine pendant de nombreuses années.

« Lorsque j’ai visité Séoul il y a dix ans, j’ai été étonné de découvrir que les citoyens de cette ville avaient un réel espoir de relations normalisées et même de paix avec leurs voisins du Nord. Puis cela m’a semblé être un faux espoir, mais il semble que j’avais tort. J’espère que les Sud-Coréens obtiendront la paix à laquelle ils aspirent depuis tant d’années », a-t-il ajouté.

Un autre député du Likud, le ministre de la Coopération régionale, Tzachi Hanegbi, a également établi un parallèle avec l’Iran, saluant le sommet comme un « coup mortel » porté aux politiques régionales de la République islamique.

Le ministre de la Coopération régionale Tzachi Hanegbi à la Knesset, le 9 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Les premières lueurs de réconciliation entre les États-Unis et la Corée du Nord sont un coup mortel porté à l’axe extrémiste dirigé par l’Iran », a-t-il affirmé dans un communiqué mardi.

« Ce n’est que le début d’un long et épuisant processus de négociation, plein de crises et de désaccords. Mais le résultat net, à partir de maintenant, est le bienvenu : La politique agressive et intransigeante de Trump fait ses preuves. C’est une merveilleuse nouvelle pour le monde libre et pour Israël. »

Plus tôt mardi, le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan, le député n°2 sur la liste de la Knesset du parti au pouvoir, a déclaré que la rencontre avec Kim était « une prouesse extraordinaire » et qu’une rencontre similaire entre Trump et le président iranien Hassan Rouhani ne serait « pas si terrible ».

« Le fait même que l’intention semble être que la relation et les pourparlers vont se poursuivre, et qu’il est clair pour nous que le président Trump n’aime pas passer pour un idiot, et qu’il comprend que s’il n’y a pas dénucléarisation, il aura l’air ridicule… c’est une prouesse extraordinaire qui montre qu’une politique de détermination et de dissuasion semble être beaucoup plus efficace face aux tyrans, aux empires ou aux États dont les valeurs diffèrent des nôtres », a déclaré Erdan dans un entretien accordé mardi matin à la radio de l’Armée.

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan prend la parole à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, à l’hôtel Inbal à Jérusalem, le 19 février 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Erdan a fait l’éloge de la rencontre comme un reproche aux critiques et aux sceptiques du président américain controversé.

« Les experts devraient faire un examen de conscience aujourd’hui », a-t-il précisé.

Interrogé sur la possibilité d’une réunion similaire entre Trump et Rouhani, Erdan a accueilli favorablement l’idée.

« Étant donné les valeurs de Trump, telles qu’exprimées pendant l’élection et par la suite dans ses actions, il ne serait pas si terrible qu’une telle réunion ait lieu, tant que son objectif est de démanteler le programme nucléaire de l’Iran, et aussi, comme Trump le comprend, ce n’est pas suffisant, mais [l’objectif doit aussi être] de changer la nature du régime et son soutien au terrorisme dans le monde entier, en particulier au Proche-Orient ».

L’ancien Premier ministre israélien et chef de l’armée Ehud Barak était moins enthousiaste, mais pas moins optimiste.

« Un événement incroyable à Singapour », a-t-il écrit dans un message Twitter. « Qui s’attendait à cela il y a quatre mois ? L’équilibre jusqu’à présent reste inquiétant : une énorme réussite pour le jeune dictateur coréen, un énorme pari pour le président Trump. Feux d’artifice en l’honneur du ‘grand succès’ ce soir. La question : Et si nous nous réveillons avec une gueule de bois. La consolation : Ça ne sera pas ennuyant. »

Ce sommet – impensable il y a quelques mois seulement – survient après que les deux ennemis dotés d’armes nucléaires aient été au bord du conflit à la fin de l’année dernière, alors qu’ils se livraient à des insultes personnelles et que Kim effectuait des essais nucléaires et de missiles.

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