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Gallant : « La 2e phase de la guerre durera des mois, des résistants subsisteront »

Selon le ministre de la Défense, Israël n'a pas de plan pour déterminer qui dirigera Gaza après le Hamas, mais insiste sur le fait que "quoi qu'il en soit, ce sera mieux"

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant s'adressant à la presse israélienne depuis le quartier général de Tsahal, à Tel Aviv, le 26 octobre 2023. (Crédit : Elad Malka/Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Yoav Gallant s'adressant à la presse israélienne depuis le quartier général de Tsahal, à Tel Aviv, le 26 octobre 2023. (Crédit : Elad Malka/Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a déclaré que la nouvelle et deuxième phase de la guerre d’Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza pourrait durer « des mois », et l’armée s’attend à ce qu’elle soit insuffisante pour éradiquer complètement le groupe terroriste palestinien qui contrôle le territoire côtier depuis 16 ans.

Lors d’une rencontre avec des journalistes au quartier général militaire de Tel Aviv vendredi matin, Gallant, membre du cabinet de guerre, a déclaré que l’élargissement actuel de l’opération terrestre, qui a débuté vendredi soir, et une manœuvre terrestre de plus grande envergure attendue, ne constituent que la deuxième des quatre phases prévues de la guerre. Israël a lancé cette opération par un bombardement aérien de trois semaines sur les infrastructures du Hamas bande de Gaza et des raids terrestres limités, à la suite de l’assaut le 7 octobre par des terroristes, l’attaque la plus dévastatrice de l’Histoire d’Israël.

Israël s’est fixé comme objectif de guerre d’éradiquer le Hamas en tant que force armée et politique dans la bande de Gaza et de libérer les 239 otages capturés par le groupe terroriste palestinien sur le territoire israélien trois semaines plus tôt, dans le cadre d’assaut meurtrier qui a fait plus de 1 400 morts.

Le ministère de la Santé de Gaza, controlé par le Hamas, fait état de plus de 8 000 morts, terroristes compris, depuis le début de la guerre. Le président américain Joe Biden a mis en doute l’exactitude de ces chiffres, bien qu’un organe des Nations unies les ait jugés crédibles.

Face à l’infrastructure profondément ancrée du Hamas, notamment un réseau de « centaines de kilomètres » de tunnels souterrains et de bunkers interconnectés, Gallant a déclaré que « notre travail ne sera pas [encore] terminé » après l’incursion terrestre.

En conséquence, l’armée se prépare à une troisième phase de combat, intermédiaire, au cours de laquelle elle commencera à chercher de nouveaux dirigeants pour l’enclave meurtrie, tout en éradiquant les « poches de résistance ».

Le ministre de la Défense Yoav Gallant, à gauche, procédant à une évaluation quotidienne de la situation sécuritaire avec les hauts responsables de la sécurité, dont le chef d’état-major de l’armée israélienne Herzi Halevi, 26 octobre 2023. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Ce n’est qu’après cette bataille de moindre intensité, dont la durée est également estimée à plusieurs mois, a déclaré Gallant, qu’Israël passera à sa phase finale : la déconnexion de la bande de Gaza.

La phase finale de la guerre « nécessitera la suppression de la responsabilité d’Israël pour la vie dans la bande de Gaza et l’établissement d’une nouvelle réalité sécuritaire pour les citoyens d’Israël », avait déclaré Gallant le 20 octobre.

Outre le fait que ni Israël ni le Hamas ne contrôleront la bande de Gaza au lendemain de la guerre, le ministre de la Défense n’a pas détaillé ce que cette « déconnexion » impliquerait concrètement.

Avant la guerre, Israël fournissait environ 9 % des besoins en eau de Gaza et 50 % de son électricité. L’année dernière, l’Etat hébreu a traité environ 22 millions de tonnes de marchandises sur 20 000 camions dans la bande de Gaza, a déclaré dimanche un responsable du Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires (COGAT). Environ 18 500 habitants de Gaza entraient quotidiennement en Israël pour y travailler, jusqu’à ce que le Hamas prenne Israël d’assaut avec ses brutales attaques du 7 octobre. Dans le cadre de ce massacre, le Hamas a détruit le poste frontière d’Erez, tout en tuant ou en enlevant le personnel qui s’occupait des Gazaouis qui traversaient la frontière quotidiennement.

Coordination avec les États-Unis

Les États-Unis ont fermement soutenu le droit d’Israël à se défendre et ont également insisté sur l’aide humanitaire à apporter aux civils de Gaza, compte tenu des restrictions imposées par Israël et de ce que le gouvernement israélien et le New York Times ont décrit comme une accumulation par le Hamas de carburant, de nourriture et de fournitures médicales de première nécessité.

Gallant a confirmé les informations selon lesquelles les dirigeants américains ont partagé les leçons tirées de leur propre expérience en matière de lutte contre l’État islamique (EI) à Mossoul et d’invasion de Falloujah pendant la guerre d’Irak. Les États-Unis auraient fait pression sur Israël pour qu’il envisage un modèle similaire à celui de Mossoul.

Le président américain Joe Biden rencontrant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Tel Aviv, le 18 octobre 2023. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Concernant ces exemples évoqués par les Américains, le ministre de la Défense a déclaré que « la situation n’est pas exactement la même » entre Israël et le Hamas, mais qu’il y a une « conversation en cours ».

Il a également indiqué qu’il était en contact quasi-quotidien avec le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, et que le chef d’état-major de Tsahal, Herzi Halevi, était en contact étroit avec le commandant du Commandement central des États-Unis (CENTCOM), le général Michael E. Kurilla, et avec le président de l’état-major interarmées, le général Charles Quinton Brown.

« Nous partageons 100 % des valeurs et 99 % des intérêts », a déclaré Gallant à propos des alliés américains d’Israël.

Ces derniers jours, des groupes liés à l’Iran ont tiré depuis l’Irak et la Syrie sur des positions américaines en Syrie. La semaine dernière, les rebelles houthis soutenus par l’Iran au Yémen ont tiré plusieurs projectiles – selon le Pentagone, « potentiellement » en direction d’Israël – qu’un destroyer de la marine américaine a interceptés.

Vendredi, Israël a déclaré avoir fait décoller des avions pour contrer une « menace aérienne » en mer Rouge, et l’Égypte a signalé qu’un drone s’était écrasé sur la station balnéaire de Taba, à cheval sur la frontière avec Eilat, la ville la plus méridionale d’Israël.

Les États-Unis sont en train d’envoyer un deuxième porte-avions sur le théâtre méditerranéen, ce qui est perçu comme un avertissement contre l’intensification des actions des groupes soutenus par l’Iran, au premier rang desquels le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah .

Les États-Unis auraient fait pression sur Israël pour qu’il attende l’arrivée des navires, des missiles et des troupes américaines avant de procéder à une manœuvre terrestre de grande envergure. Gallant a refusé de dire si Israël intensifiera ses efforts une fois que les renforts américains seront arrivés pour protéger les positions américaines dans la région.

Limiter les combats sur le front nord

Parmi les groupes que les Américains et les Israéliens espèrent voir dissuadés par l’augmentation de la puissance de feu des alliés dans la région, le Hezbollah, le groupe terroriste qui contrôle le Sud-Liban et une grande partie de son Parlement, est le principal bras long de l’armée iranienne.

Gallant, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le porte-parole en chef de Tsahal ont tous réaffirmé que le combat d’Israël était contre le Hamas à sa frontière sud-ouest, et non contre les milices du nord. Alors que les escarmouches se multiplient à la frontière libanaise, où la politique actuelle de l’armée israélienne consiste à répondre aux infiltrations, aux roquettes, aux mortiers ou à toute autre agression violente en frappant les positions du Hezbollah ou du Hamas au Liban, les dirigeants israéliens ont également déclaré qu’ils étaient prêts à combattre le groupe terroriste chiite libanais, si cela s’avérait nécessaire.

« Nous ne cherchons pas à faire de grandes guerres, mais nous nous préparons [à faire face à toute menace, que ce soit] contre l’Iran et particulièrement contre le Hezbollah », a déclaré Gallant.

Un obus de l’artillerie israélienne explosant au-dessus d’une maison à al-Bustan, un village libanais frontalier avec Israël, au sud du Liban, le 15 octobre 2023. (Crédit : Hussein Malla/AP)

Notant qu’Israël dispose de nombreuses brigades et divisions déployées près de la frontière libanaise, le ministre de la Défense a qualifié de solide la défense du nord d’Israël.

Bien que l’Iran soit le principal soutien du Hezbollah et du Hamas, Gallant et Netanyahu se sont efforcés ces derniers jours de dire qu’Israël ne disposait pas de preuves établissant un lien direct entre l’État qui soutient le terrorisme et la décision du Hamas d’exécuter son attaque sanglante du 7 octobre.

« L’l’Iran soutient le Hamas (…). Téhéran fournit plus de 90 % du budget du Hamas. L’Iran finance, organise, dirige, donne des orientations », a déclaré Netanyahu samedi soir, tout en ajoutant qu’Israël ne pouvait pas affirmer « avec certitude » que l’Iran avait conçu ou approuvé, comme l’a rapporté le Wall Street Journal, le plan du Hamas.

« Je ne peux pas vous dire de manière certaine que dans cette opération spécifique, à ce moment particulier, l’Iran a été impliquée dans micro-planification », a-t-il poursuivi.

De même, Gallant a déclaré : « Je n’ai aucune preuve que [l’Iran] ait coordonné le jour exact [de l’assaut], mais il [en ] connaissait les grandes lignes. »

La menace des roquettes pour les civils israéliens

Alors que la guerre à Gaza s’accélère, des salves de roquettes ont continué à frapper le sud et le centre d’Israël, tandis que des groupes terroristes basés au Liban ont tiré sur des communautés du nord.

Selon le bureau du Premier ministre, plus de 8 100 roquettes ont été tirées sur Israël depuis le début de la guerre. Gallant a déclaré que le Hamas disposait d’un stock estimé à 15 000 roquettes au début de la guerre, qu’il stocke dans des tunnels, des hôpitaux et des écoles pour les mettre à l’abri des attaques de Tsahal.

La scène de l’impact d’une roquette, à Kiryat Shmona, le 29 octobre 2023. (Crédit : Capture d’écran/X)

On estime que le Hezbollah possède une réserve de 150 000 roquettes, plus sophistiquées et plus précises que celles du Hamas. Si le Hezbollah entrait de plain pied dans le conflit, comme le prévoient certains analystes une fois qu’Israël aura intensifié son incursion terrestre, le groupe terroriste chiite libanais pourrait submerger les capacités du système de défense anti-missile « Dôme de fer », selon les évaluations.

Vision d’après-guerre

Le ministre de la Défense a souligné qu’Israël n’a aucun intérêt à réoccuper Gaza, mais qu’il n’a pas encore déterminé qui, en dehors d’Israël et du groupe terroriste palestinien du Hamas, gouvernera la bande de Gaza.

« Quelle qu’elle soit, la suite sera meilleure », a déclaré Gallant.

Le ministre de la Défense a expliqué qu’il avait déjà cherché à éliminer le Hamas, mais que ses suggestions n’avaient pas été approuvées par les dirigeants politiques de l’époque.

Lors de l’Opération « Plomb Durci » de 2008-2009, alors que Gallant était le général militaire en charge du Commandement du Sud, il avait présenté au gouvernement du Premier ministre de l’époque, Ehoud Olmert, des plans visant à éradiquer le Hamas. Le cabinet avait rejeté sa proposition, a-t-il déclaré.

Les hauts responsables israéliens se sont engagés à traquer les terroristes impliqués dans les attentats du 7 octobre, aux côtés du Hamas. Gallant a déclaré que des centaines de civils gazaouis ont pris part au massacre, faisant partie d’une force déclarée de 2 500 terroristes qui ont pénétré en Israël par la frontière.

Funérailles de trois membres de la famille Sharabi, Lian, Noya et Yahel, qui ont été assassinés par des terroristes du Hamas dans le kibboutz Beeri le 7 octobre 2023, au moshav Kfar HaRif, dans le sud d’Israël, le 25 octobre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

« Je suis le fils de survivants de la Shoah, je ne permettrai pas que cela se reproduise », a déclaré Gallant, à propos de la possibilité pour le Hamas ou une autre menace terroriste de s’installer à côté des communautés du sud d’Israël.

Les dirigeants civils et militaires israéliens ont souligné leur intérêt pour l’augmentation de l’aide humanitaire dans la partie sud de la bande de Gaza, qui transitera par l’Égypte vers Gaza. Israël a tenté d’inciter les habitants de Gaza vivant dans la partie nord de la région à se déplacer vers le sud, afin de nettoyer la zone avant l’intensification des combats.

« Nous ne combattons pas la multitude palestinienne et le peuple palestinien de Gaza », a déclaré Gallant.

Le porte-parole de l’armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari, a déclaré samedi que les habitants de Gaza pourraient retourner chez eux dans le nord après les combats, alors que « la rue arabe » craint qu’Israël ne cherche à déposséder les Palestiniens de leurs terres.

Israël s’est unilatéralement désengagé de Gaza en 2005 et le Hamas a été élu à la tête de la bande de Gaza en 2006. Alors que les dirigeants israéliens affirment qu’Israël ne veut pas réoccuper Gaza, le Hamas, selon Gallant, a mal compris les Israéliens et leur détermination à vivre dans le pays qu’ils considèrent comme souverain depuis 75 ans.

« Les 75 prochaines années seront définies à bien des égards par les résultats de cette guerre », a déclaré Gallant, décrivant la lutte d’Israël contre le groupe terroriste fondamentaliste comme « la ligne de front du monde occidental ».

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