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Gantz : l’alliance régionale de défense aérienne a déjoué des attaques iraniennes

Le ministre de la Défense espère que l'alliance accueillera d'autres membres après la visite de Biden en Arabie saoudite

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 20 juin 2022. (Crédit : Noam Moskowitz/ Porte-parole de la Knesset )
Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 20 juin 2022. (Crédit : Noam Moskowitz/ Porte-parole de la Knesset )

Le ministre de la Défense Benny Gantz a déclaré, lundi, qu’un pacte de défense aérienne « actif » entre Israël et ses alliés régionaux avait déjà permis de déjouer des attaques iraniennes, et qu’il espérait son extension avec la visite du président américain, Joe Biden, en Arabie saoudite le mois prochain.

Lors d’une présentation aux députés dans le cadre de la Commission de la défense et des affaires étrangères de la Knesset, Gantz a déclaré qu’Israël et ses alliés régionaux – sous la direction des États-Unis – élaboraient un pacte de défense conjoint pour se protéger contre la menace des drones et missiles de Téhéran et de ses alliés régionaux.

« Je suis à la tête, depuis un an, avec mes collègues du Pentagone et de l’administration [Biden], d’un vaste programme visant à renforcer la coopération entre Israël et les pays de la région, sous la direction américaine et du CENTCOM, qui, je l’espère, progressera à l’issue de la visite du président [américain] [Joe] Biden au Moyen-Orient. », a-t-il dit.

« Une partie du programme concerne la défense aérienne du Moyen-Orient [acronyme anglais MEAD], que nous construisons pour faire face aux menaces de l’Iran envers les pays de la région avec roquettes, missiles de croisière et drones », a-t-il ajouté.

« Ce programme, déjà actif, a permis de déjouer des attaques iraniennes en Israël et dans d’autres pays du Moyen-Orient », a confié Gantz.

L’idée d’un système de défense aérienne conjoint entre Israël et ses voisins arabes n’est pas nouvelle. Elle a été évoquée lors du sommet du Neguev réunissant les ministres des Affaires étrangères d’Israël, des États-Unis, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Maroc et de l’Égypte en mars dernier et aurait fait l’objet de pourparlers entre les États-Unis et l’Arabie saoudite. Washington espère ainsi que Ryad s’engage à normaliser ses relations avec Israël.

Le premier voyage très attendu de Biden au Moyen-Orient, du 13 au 16 juillet prochain, comprendra des étapes en Israël, Cisjordanie et Arabie saoudite.

Un drone iranien Shahed-136 est lancé lors d’un exercice militaire en Iran, en décembre 2021. (Capture d’écran : Twitter)

Selon les informations disponibles, l’idée d’une alliance défensive aéroportée est née dans la foulée des accords de normalisation entre Israël et les pays arabes, dont les Émirats arabes unis et Bahreïn, géographiquement plus proches de l’Iran.

Des responsables militaires israéliens ont indiqué avoir constaté une augmentation des attaques de drones iraniens ces dernières années, qualifiées de « terrorisme des drones ». L’armée israélienne a confirmé avoir intercepté au moins quatre drones iraniens à destination d’Israël ou de Cisjordanie et la bande de Gaza, ces dernières années. Deux autres drones partis d’Iran et à destination d’Israël ont été interceptés par des avions américains au-dessus de l’Irak en février.

L’armée israélienne estime que l’Iran cherche à doter ses alliés dans la région –Syrie, Liban, Irak et Yémen – de centaines, voire de milliers de drones, en plus d’une formation militaire.

Illustration : Le chef d’état-major général des Forces armées, le Général Mohammad Hossein Bagheri, à gauche, et le Général Abdolrahim Mousavi visite un tunnel souterrain utilisé comme base de drone de l’armée au cœur de l’ouest des montagnes de Zagros, samedi 28 mai 2022. (Crédit : Armée iranienne via AP)

Le CENTCOM – le Commandement central des États-Unis – a officiellement pris en charge les relations de l’armée américaine avec Israël en septembre 2021.

Jusque-là, Israël avait été maintenu dans la zone de responsabilité de l’EUCOM afin d’éviter d’éventuelles tensions entre le CENTCOM et les nations arabes et musulmanes relevant de sa compétence, dont beaucoup n’entretenaient pas de liens formels avec Israël et ne souhaitaient pas être considérés comme alliés.

Ces dernières années, les alliés arabes du CENTCOM ont développé des relations diplomatiques avec Israël, certains de manière informelle, de sorte que les problèmes se sont grandement atténués.

La zone de responsabilité du Commandement central des États-Unis s’étend du Moyen-Orient à l’Asie centrale, en passant par la région perse ou du Golfe, l’Afghanistan et le Pakistan.

Toujours au cours de la présentation faite lundi, Gantz a signalé avoir demandé à la hiérarchie de la défense israélienne de préparer une riposte « puissante » à toute attaque iranienne contre des ressortissants israéliens en Turquie.

Des agents de la police anti-émeute turque patrouillent devant la Mosquée bleue à Istanbul, le 14 juin 2022. (Crédit: Yasin Akgul/AFP)

Les tensions entre Israël et l’Iran se sont accrues ces dernières semaines, à la défaveur de l’assassinat d’un haut responsable iranien à Téhéran, imputé à Israël, de la mort de plusieurs membres de la communauté sécuritaire et scientifique en Iran, des frappes aériennes contre des cibles liées à l’Iran en Syrie, du discours menaçant des dirigeants iraniens et des violations toujours plus nombreuses des accords nucléaires par l’Iran.

Pour ces motifs, Israël a invité ses ressortissants en Turquie à quitter au plus vite le pays, redoutant des enlèvements ou assassinats par des agents iraniens. Les alertes ont été émises suite à des informations parues dans la presse indiquant que les services de renseignement israéliens et turcs avaient déjoué ensemble plusieurs attaques planifiées par un vaste réseau d’agents iraniens. Des suspects auraient été interpelés.

« J’ai demandé aux responsables de la défense de préparer des ripostes puissantes et nous les déclencherons en cas de besoin. Nous avons un grand nombre d’options et d’objectifs. Si d’aventure nos ressortissants étaient agressés, nous les activerions », a déclaré Gantz lors d’une présentation à la Commission de la défense et des affaires étrangères de la Knesset.

« Nous saurons comment réagir -en temps, lieu et moyens- face à toute action agressive de l’Iran, quelle qu’en soit la dimension et la nature, physique ou cybernétique », a-t-il ajouté.

Les propos de Gantz font suite aux informations données par la Direction nationale de la cybersécurité d’Israël, estimant que les sirènes entendues à Jérusalem et Eilat, ce dimanche, étaient le résultat d’une cyber-attaque. Selon des informations non sourcées parues dans les médias israéliens, les responsables mèneraient l’enquête sur l’origine de l’attaque.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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