Gantz: les guerres ne doivent pas être « exploitées » à des fins politiques
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Gantz: les guerres ne doivent pas être « exploitées » à des fins politiques

L'ex-chef d'Etat-major semble soutenir Netanyahu dans sa tentative d'éviter des élections anticipées

Le chef d'état-major Benny Gantz (à gauche) avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie de la Marine, le 11 septembre 2013. (Crédit : AP Photo/Dan Balilty)
Le chef d'état-major Benny Gantz (à gauche) avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie de la Marine, le 11 septembre 2013. (Crédit : AP Photo/Dan Balilty)

L’ancien chef d’Etat-major Benny Gantz a paru dimanche appuyer la tentative du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’éviter de nouvelles élections, disant que les politiciens ne doivent pas exploiter les guerres défensives d’Israël à leur « bénéfice personnel ou politique ».

« La sécurité est avant tout une armée forte, mais ce n’est pas seulement cela », a dit Gantz, prenant la parole lors d’une cérémonie de remise des prix à l’université Ben Gurion. « La sécurité implique également une économie prospère, une société soudée et un gouvernement au service de sa population ».

Gantz qui, selon de nombreuses personnes, devrait entrer dans la course aux prochaines élections, a ajouté que les députés avaient le devoir d’agir de manière responsable, ce qui nécessite, selon lui, « de ne pas exploiter nos guerres justifiées et nécessaires pour un bénéfice personnel ou politique ».

L’ancien chef de l’armée israélienne a noté lors de cette cérémonie que le pays a besoin d’une politique ferme et mesurée « qui renforcera la résilience d’Israël ».

Dimanche dans la matinée, Netanyahu a dénoncé les appels à des élections anticipées, jurant de persévérer dans sa mission malgré une crise de la coalition qui menace de renverser son gouvernement.

Dans un discours télévisé, Netanyahu a annoncé qu’il assumerait le portefeuille de la Défense suite au départ d’Avigdor Liberman, estimant qu’organiser des élections maintenant, dans un contexte de confrontations violentes et répétées avec les groupes terroristes de Gaza, serait « irresponsable ».

« Nous sommes au milieu d’une campagne militaire et on ne peut pas quitter le front pendant une campagne, on ne joue pas avec la politique », a déclaré Netanyahu dans une critique cinglante de Liberman qui a démissionné la semaine dernière et du ministre de l’Education Naftali Bennett, qui menace de suivre son exemple. « La sécurité de l’Etat vient avant tout », a affirmé Netanyanu.

Dans une autre pique lancée au président du parti HaBayit HaYehudi Bennett, qui avait à ce moment-là conditionné son maintien au sein de la coalition au poste de ministre de la Défense, Netanyahu a fait valoir que « les considérations politiques ou personnelles n’ont pas leur place » lorsqu’il s’agit de la sécurité israélienne. Bennett est depuis revenu sur son ultimatum et n’a pas quitté la coalition.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d’une conférence de presse au ministère de la Défense à Tel-Aviv, le 18 novembre 2018. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Cette crise de la coalition a été entraînée par la démission de Liberman de sa fonction de ministre de la Défense, la semaine dernière, en réponse au cessez-le-feu qui a mis un terme à des affrontements intenses entre les groupes terroristes palestiniens et l’armée israélienne dans la bande de Gaza.

Le départ de Liberman et de son parti Yisrael Beytenu laisse la coalition avec une minuscule majorité – une simple avance de deux sièges face à l’opposition à la Knesset, composée de 120 membres. Les autres partenaires de la coalition de Netanyahu disent que gouverner avec une si petite majorité est intenable et ils réclament des élections anticipées, bien avant la date initialement prévue du mois de novembre 2019.

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett, à gauche, avec la ministre de la Justice Ayelet Shaked, lors d’une réunion de leur parti de la maison juive à la Knesset, le 5 février 2018. (Miriam Alster/FLASH90)

La majorité des sondages d’opinion révèlent que Netanyahu remporterait facilement de nouvelles élections, ce qui ferait de lui le dirigeant étant resté le plus longtemps au pouvoir de toute l’histoire d’Israël. Mais plusieurs facteurs pourraient toutefois le faire tomber et notamment une inculpation potentielle pour corruption qui pourrait le mettre hors-compétition.

Gantz, qui a pris sa retraite de l’armée en 2015, devrait intégrer la sphère politique au centre-gauche de l’échiquier avant les élections du mois de novembre 2019. Même s’il commente rarement ses points de vue politiques, Gantz réfléchirait également à rejoindre la formation d’opposition de l’Union sioniste en tant que candidat au poste de Premier ministre.

La chaîne Hadashot a diffusé les résultats d’un sondage, samedi soir, qui a noté que 53 % des Israéliens estiment que la situation politique justifie des élections anticipées, contre 32 % – 15 % précisant ne pas avoir d’opinion.

L’enquête a été réalisée par l’Institut Midgam pour la chaîne Hadashot TV et par l’enquêtrice Mina Tzemach en partenariat avec iPanel, une plate-forme de sondage en ligne. La chaîne n’a pas précisé le nombre de personnes interrogées ni les potentielles marges d’erreur.

L’enquête a également montré qu’en cas d’élections anticipées, le Likud remporterait 26 sièges, contre 30 actuellement, et que si Gantz devait rejoindre l’Union sioniste de centre-gauche, le parti récolterait 24 sièges, une hausse significative depuis les enquêtes récentes qui n’accordaient pas plus de huit sièges à la formation. D’autres sondages ont montré que Gantz engrangerait 12 sièges ou un peu plus s’il devenait chef de son propre parti.

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