Gantz pourrait soutenir une grâce de Netanyahu en échange de son départ
Rechercher

Gantz pourrait soutenir une grâce de Netanyahu en échange de son départ

Lançant la campagne de son parti, le dirigeant de Kakhol lavan accuse le Premier ministre d'avoir "menti et trompé" pendant les tractations de coalition

Le président du parti Kakhol lavan, le député Benny Gantz, prend la parole lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 2 décembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le président du parti Kakhol lavan, le député Benny Gantz, prend la parole lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 2 décembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le dirigeant centriste Benny Gantz a déclaré jeudi qu’il réfléchirait à apporter son soutien à un accord qui verrait le Premier ministre Benjamin Netanyahu éviter la prison en échange de son départ de la vie politique, une proposition défendue la veille par le numéro un d’Yisrael Beytenu, Avidgor Liberman.

Netanyahu est visé par des poursuites dans trois affaires de corruption et soupçonné de chercher à obtenir l’immunité au Parlement.

« Nous y réfléchirons — ce serait bien pour éviter l’image honteuse d’un Premier ministre en prison », a commenté Benny Gantz lors d’une réunion de son parti.

Donnant le coup d’envoi de la campagne de Kakhol lavan après la convocation officielle de nouvelles élections — les troisièmes en 11 mois — actée mercredi soir, le chef de Kakhol lavan a accusé Benjamin Netanyahu de ne jamais avoir voulu de gouvernement d’unité et d’avoir uniquement tenté de tromper le parti centriste pour lui faire signer un accord inférieur.

« J’ai tendu la main à la réconciliation, tu as essayé de la mordre », a-t-il ainsi dénoncé. « Tu as l’habitude de mentir et tromper, c’est plus fort que toi. J’ai tenté de faire des concessions pour parvenir à une avancée, et tu as posé des pièges à la moindre occasion. »

Il a réitéré des accusations passées au sujet du refus du chef de Likud de ne plus négocier au nom de son bloc de  sièges constitué de ses alliés de droite et religieux et de diriger le gouvernement en second dans le cadre d’un accord de rotation. Il lui a également reproché de ne pas avoir été disposé à discuter des bases politiques d’un éventuel gouvernement d’unité.

« J’ai parlé et je voulais l’unité ; tu voulais l’immunité », a-t-il ajouté. « C’est le véritable accord que tu as mis sur la table. Une fausse unité en échange de l’immunité ».

Le député Yair Lapid à la Fondation des alliés d’Israël, le 9 décembre 2019 (Crédit : Avi Hayun)

Le numéro 2 du parti, Yair Lapid, a également fustigé le Premier ministre lors de la réunion : « Je préviens chacun d’entre vous dans cette salle, faites attention à vous. Lorsque le Premier ministre ne cesse d’inciter à la violence, il y aura des gens dérangés qui finiront par l’écouter ».

Le Likud a réagi dans un communiqué, affirmant que Benny Gantz avait « fait tout son possible pour contrecarrer un gouvernement d’unité et traîner le pays vers de nouvelles élections. Le Premier ministre Netanyahu était d’accord pour accepter toutes les concessions pour former un gouvernement d’unité ».

Les dirigeants des partis de gauche ont attaqué Benny Gantz et sa disposition à soutenir une grâce de Benjamin Netanyahu en échange de sa démission.

« Je ne veux pas voir plus que vous un Premier ministre en prison », a commenté le chef du Camp démocratique, Nitzan Horowitz, dans un communiqué. « Mais pour cela, il nous faut un Premier ministre qui ne soit pas corrompu. »

Et de promettre : « Il n’y a et n’y aura pas d’immunité parlementaire pour Benjamin Netanyahu. En Israël, nous sommes tous égaux devant la loi. Si Netanyahu est reconnu coupable des crimes graves dont il est accusé, il devra purger sa peine ».

Les coprésidents du parti Travailliste-Gesher, Amir Peretz et Orly Levy-Abekasis s’entretiennent avec des électeurs potentiels afin de les convaincre de voter pour le « parti Travailliste-Gesher » au siège du parti à Tel Aviv, le 15 septembre 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le président du Parti travailliste-Gesher, Amir Peretz, a fait écho à ces propos.

« Personne ne veut voir un Premier ministre aller en prison. Mais tous les citoyens israéliens doivent être égaux devant la loi. On ne peut pas acheter et vendre le poste de Premier ministre », a déclaré Amir Peretz.

« Netanyahu peut parvenir à un arrangement judiciaire », a-t-il ajouté, « plutôt que de continuer de se réfugier à Balfour » [la rue de Jérusalem abritant la résidence du Premier ministre].

Les Israéliens doivent retourner aux urnes le 2 mars prochain, pour la troisième fois en moins d’un an après deux séries de négociations de coalition qui n’ont pas donné lieu à la formation d’un gouvernement.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...