Gantz salue le plan de paix qu’il compte mettre en oeuvre après les élections
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Gantz salue le plan de paix qu’il compte mettre en oeuvre après les élections

Après une rencontre sans précédent avec Trump, le chef de Kakhol lavan évoque un "tournant historique", disant que le plan doit être promu "avec les autres pays de la région"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président américain Donald Trump rencontre le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la Maison Blanche à Washington, le 27 janvier 2020 (Crédit : Elad Malka)
Le président américain Donald Trump rencontre le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la Maison Blanche à Washington, le 27 janvier 2020 (Crédit : Elad Malka)

WASHINGTON — Le dirigeant de Kakhol lavan, Benny Gantz, a rencontré lundi le président des Etats-Unis Donald Trump à la Maison Blanche pour évoquer le plan de paix, mis au point par l’administration américaine, pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien.

Il a qualifié ce plan d’historique et promis d’œuvrer à le mettre en oeuvre aux côtés des autres acteurs régionaux, et au lendemain du scrutin israélien du 2 mars.

C’était le premier entretien à huis-clos de Gantz avec le leader américain. Cette rencontre a été hautement inhabituelle, les présidents américains ne rencontrant presque jamais les chefs d’opposition des pays étrangers. Plus tôt dans la journée, Trump a également accueilli le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour une réunion.

Contrairement à ce qu’il s’est passé avec Netanyahu, Trump n’a fait aucune déclaration à la presse aux côtés de Gantz.

S’exprimant devant les journalistes dans son hôtel de Washington, au retour de la Maison Blanche, Gantz a dit que son entretien avec Trump dans le bureau ovale avait été « important et exceptionnel » et il a salué le président comme un « ami véritable et courageux » de l’Etat juif.

« Nous avons discuté de sujets qui sont de la plus haute importance pour le futur et pour la sécurité d’Israël, avec des détails que je ne suis pas en mesure de vous révéler pour le moment », a-t-il commenté, entouré des drapeaux israélien et américain au Jefferson Hotel, un établissement chic de Washington, environ deux heures après la fin de sa rencontre.

« Le plan de paix de l’administration Trump est en effet un tournant historique et significatif », a continué Gantz, d’abord en hébreu puis en anglais. « Immédiatement après les élections, je travaillerai à le mettre en oeuvre dans le cadre d’un gouvernement stable, en bonne marche, en tandem avec les autres pays de notre région ».

Selon un proche de l’entourage de Gantz, l’aspirant au poste de Premier ministre a aussi demandé à Trump de ne pas tenter de mettre à exécution la proposition de paix, qualifiée dans le passé « d’accord du siècle » par le président américain, avant le scrutin du 2 mars.

Gantz a également déclaré que lui et Trump avaient évoqué « l’importance du dialogue avec les Palestiniens, les pays voisins et le roi de Jordanie ».

Prenant la parole devant une salle bondée de journalistes israéliens et étrangers, Gantz a indiqué remercier Trump pour « son profond soutien apporté aux citoyens israéliens et pour son attachement à leur sécurité, particulièrement en ce qui concerne la riposte à l’Iran et à ses groupes mandataires qui n’ont cessé de menacer nos frontières au cours des dernières années ».

Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz s’exprime devant les journalistes à Washington, le 27 janvier 2020 (Crédit : Elad Malka)

Les deux hommes ont également évoqué les menaces posées par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par la république islamique, et « les activités croissantes sur les frontières syrienne et libanaise récemment », a poursuivi Gantz.

Il a remercié Trump et les autres hauts-responsables de l’administration qu’il a rencontrés pour cette « invitation inhabituelle » qui, a-t-il reconnu, est allée à l’encontre du protocole diplomatique.

Etaient également présents le vice-président Mike Pence, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël David Friedman, le haut-conseiller de Trump Jared Kushner, l’envoyé spécial de Trump pour le processus de paix Avi Berkowitz, le conseiller à la sécurité nationale Robert C. O’Brien et le représentant spécial américain dans le dossier iranien Brian Hook.

Un fait notable : Ron Dermer, ambassadeur israélien aux Etats-Unis, était pour sa part absent. Dermer est considéré comme – très – proche de Netanyahu.

Gantz a expliqué qu’il repartait rapidement en Israël dans l’espoir d’assister aux délibérations qui auront lieu mardi à la Knesset sur la requête d’immunité parlementaire déposée par le Premier ministre.

Ces débats sont « importants pour l’avenir de notre démocratie », a clamé Gantz.

« Personne n’a le droit de diriger un pays tout entier avec une situation si compliquée aux niveaux diplomatique et sécuritaire alors que toutes ses pensées et ses activités sont tournées vers ses intérêts personnels. C’est ce que Netanyahu avait dit au sujet d’Olmert et c’est ce que je dis, moi, au sujet de Netanyahu », a-t-il affirmé.

Gantz faisait là référence à des propos tenus par Netanyahu, chef de l’opposition d’alors, concernant le Premier ministre de l’époque, Ehud Olmert, dans lesquels il avait estimé qu’un « Premier ministre noyé jusqu’au cou dans des enquêtes n’a pas le mandat moral ou public nécessaire pour prendre des décisions cruciales pour Israël ». « On arrête là, » avait alors dit Netanyahu à Olmert.

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