Trump annoncera son plan de paix mardi
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Trump annoncera son plan de paix mardi

Le président américain s'est entretenu séparément avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef de l'opposition Benny Gantz

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président américain Trump accueille le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, le 27 janvier 2020. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)
Le président américain Trump accueille le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, le 27 janvier 2020. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)

WASHINGTON – L’administration américaine publiera mardi sa proposition de paix israélo-palestinienne tant attendue, a confirmé lundi le président américain Donald Trump, aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche.

« La paix au Moyen-Orient est recherchée depuis longtemps, depuis de nombreuses années, des décennies et des siècles. C’est une opportunité. Nous allons voir ce qui se passe », a-t-il dit.

« Demain à 12 heures, nous allons montrer un plan, il a été travaillé par tout le monde. Et nous verrons s’il accroche ou non. Si c’est le cas, ce serait formidable. Et si ce n’est pas le cas, nous devrons aussi vivre avec cela. Mais je pense que cela pourrait avoir une chance. »

« Je pense qu’il a une chance » de favoriser la paix, « c’est un très bon début », a-t-il plaidé. Il a ajouté espérer obtenir, in fine, le « soutien » des Palestiniens.

S’exprimant depuis le bureau ovale, Trump a prédit que les Palestiniens viendraient « en fin de compte » pour apporter leur soutien. « Ils ne le voudront probablement pas au début. Je pense qu’à la fin, ils le feront », a-t-il dit. « Je pense qu’à la fin ils vont le vouloir. C’est très bien pour eux. En fait, c’est trop bon pour eux. Nous verrons donc ce qui se passe. Maintenant, sans eux, nous ne concluons pas l’affaire. » Si aucun accord de paix ne peut être conclu, a-t-il dit, « la vie continue ».

Il a mentionné le faible niveau de vie des Palestiniens et le fait que son administration ait coupé toute aide à l’Autorité palestinienne (AP). « Nous pensons qu’il y a de très bonnes chances qu’ils le souhaitent », a-t-il déclaré à propos du prochain accord de paix, qui s’accompagne de très importantes incitations financières. Il a dit qu’il pensait que le rejet actuel de la proposition était une réponse « initiale », car les Palestiniens étaient de « grands négociateurs ».

Le président américain a refusé de répondre à des questions spécifiques sur les paramètres de la proposition. Mais il a affirmé que « de nombreuses nations arabes l’ont accepté. Ils aiment ça, ils pensent que c’est super. Ils pensent que c’est un grand début. »

Mais le président américain n’a jamais expliqué jusqu’ici comment il entendait faire revenir à la table des négociations des Palestiniens qui jugent que Washington n’a plus la crédibilité nécessaire pour agir en médiateur après une série de décisions favorables à Israël.

Netanyahu a remercié le président pour son soutien continu à Israël, réitérant son espoir d’ « écrire l’histoire » avec lui.

« J’ai hâte d’écrire l’histoire avec vous demain. Et je pense que nous allons parler du plan », a-t-il dit, ajoutant que la vision du président pour une paix israélo-palestinienne est « historique ». Il a dit que la proposition était « l’opportunité du siècle. Et nous n’allons pas passer à côté. »

Netanyahu a remercié le président d’avoir reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et d’avoir « reconnu nos droits en Judée-Samarie, le cœur de notre patrie biblique », ainsi que la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan et une coopération bilatérale sans précédent en matière de sécurité et de renseignement.

« La liste des choses que vous avez faites pour Israël depuis que vous êtes devenu président – est très longue. Mais l’essentiel est court : vous avez renforcé notre alliance plus que jamais. Et j’ai hâte dans les années à venir de la rendre encore plus forte avec un traité de défense historique qui ancrera notre alliance pour des générations », a-t-il déclaré.

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Notant que lundi correspondait à la journée internationale du souvenir de la Shoah, le Premier ministre a également exprimé sa gratitude à l’égard de l’administration pour « avoir affronté le régime le plus antisémite de la planète ».

« Lorsque vous êtes entré en fonction, l’Iran était en marche. Grâce à notre leadership, l’Iran est désormais en perte de vitesse. Vous vous êtes retiré du dangereux accord nucléaire. Vous avez flanqué d’énormes sanctions », a poursuivi le Premier ministre.

Qassem Soleimani, commandant de la Force iranienne Al-Qods. (Capture d’écran)

Netanyahu a noté que les États-Unis ont « éliminé le terroriste le plus dangereux de la planète », une référence à Qassem Soleimani, le commandant de la Force Qods du Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran.

Après la réunion, un membre de l’entourage officiel de Netanyahu à Washington a déclaré que l’entretien avait été « excellent », précisant que les deux dirigeants « ont parlé de l’accord de paix qui sera présenté demain, bien que la majeure partie de la réunion ait été consacrée à l’Iran ».

Il a déclaré que Trump et Netanyahu avaient discuté de la « nécessité de stopper l’agression iranienne ainsi que des efforts de l’Iran pour devenir une puissance nucléaire et de la nécessité de continuer la pression sur tous les fronts ». Ils ont également parlé des « opportunités régionales » qui se sont présentées au lendemain de l’assassinat de Soleimani.

En outre, le Premier ministre a parlé au président de la « nécessité de lutter contre la tentative de la Cour pénale internationale de poursuivre Israël », a déclaré le responsable.

Juste après la réunion de Netanyahu, son principal rival politique, le chef du parti bleu et blanc Benny Gantz, a rencontré Trump au bureau ovale. Contrairement au Premier ministre, qui a eu à la fois une « réunion bilatérale restreinte » et une « réunion bilatérale élargie » au début de laquelle les deux hommes ont fait des commentaires aux journalistes, le chef de l’opposition de facto s’est vu accorder une réunion « bilatérale » plus courte et fermée à la presse.

« Comme vous le savez, ce sont deux bons concurrents. Ils se battent », a déclaré Trump à propos de Gantz. « Il s’agit de la troisième élection. Nous continuons d’attendre et d’attendre et d’attendre », a-t-il dit, faisant référence à l’impasse politique en Israël. « De quel genre de système s’agit-il ? Un système très étrange que vous avez. Nous en parlons depuis de nombreux mois. Il faut donc examiner ce système. »

Le président américain Donald Trump rencontre le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la Maison Blanche à Washington, le 27 janvier 2020 (Crédit : Elad Malka)

Annonçant son voyage pour rencontrer Trump samedi soir, Gantz avait déclaré que le prochain plan de paix « restera dans l’histoire comme un jalon significatif, ouvrant la voie à différents acteurs du Moyen-Orient pour finalement aller de l’avant vers un accord régional historique ».

Des sources proches de Gantz ont ensuite précisé qu’il n’y aurait pas de briefing avec Trump car la rencontre entre les deux hommes a duré plus longtemps que prévu.

Ces sources ont aussi qualifié la réunion d’ « excellente », ajoutant que le vice-président Mike Pence, le secrétaire d’État Mike Pompeo et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman y avaient également assisté, mais pas l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Ron Dermer.

S’adressant aux journalistes depuis son hôtel de Washington après sa rencontre avec Donald Trump, le leader de Kakhol lavan a déclaré qu’il soutenait la proposition de paix de l’administration américaine, promettant de la mettre en œuvre en tant que Premier ministre après les élections de la Knesset le 2 mars.

Le plan est une « étape importante et historique », a déclaré Gantz, ajoutant qu’il doit être mis en œuvre dans le cadre d’un accord avec les voisins d’Israël.

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