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Gantz souligne la coopération israélo-américaine « face à l’agression de l’Iran »

Le ministre de la Défense israélien a déclaré que le partenariat conjoint changeait la donne en ce qui concerne la capacité d'Israël à faire face à l'Iran

Le ministre de la Défense Benny Gantz s'entretenant avec le personnel de l'US Air Force à l'aile de ravitaillement de la base aérienne MacDill, à Tampa, en Floride, le 25 août 2022. (Crédit : Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Benny Gantz s'entretenant avec le personnel de l'US Air Force à l'aile de ravitaillement de la base aérienne MacDill, à Tampa, en Floride, le 25 août 2022. (Crédit : Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a déclaré qu’Israël et les États-Unis « continueront à étendre leur coopération face à la menace iranienne », lors de sa visite du quartier général du Commandement central des États-Unis (CENTCOM) sur la base aérienne MacDill à Tampa, en Floride, jeudi.

Gantz a fait ces commentaires lors de sa visite de l’aile de ravitaillement en vol de la base, aux côtés du chef du CENTCOM, le général Michael Kurilla.

Cette visite, au QG du CENTCOM, était une première pour un ministre de la Défense israélien.

Gantz et Kurilla ont discuté de l’augmentation des exercices conjoints et de la coopération sur terre, en mer et dans les airs, ainsi que de la cybersécurité et du renseignement, selon un communiqué publié par le ministère de la Défense.

« Je tiens à remercier le général Kurilla de m’avoir reçu », a déclaré Gantz. « La coopération d’Israël avec le CENTCOM et les pays de la région change la donne dans notre capacité à maintenir la sécurité, la stabilité et la paix au Moyen-Orient, en particulier face à l’Iran et ses mandataires », a-t-il ajouté.

« Nous continuerons à renforcer notre coopération, à étendre les actions requises pour cibler les mandataires iraniens et à faire en sorte que l’Iran n’obtienne jamais l’arme nucléaire. Nous comprenons tous la nécessité de veiller à ce que l’Iran ne dispose jamais d’un parapluie nucléaire par le biais duquel il pourrait répandre le terrorisme et menacer le monde et le Moyen-Orient », a déclaré Gantz.

Il a ajouté que ce sera le message qu’il entend transmettre vendredi lors de sa rencontre prévue avec le conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan à Washington.

En décembre, Israël aurait demandé aux États-Unis d’accélérer la livraison des avions de ravitaillement qu’il a achetés et qui pourraient être utilisés pour attaquer les sites nucléaires iraniens – mais l’administration Biden lui a répondu que le premier avion ne serait probablement pas livré avant 2024.

La vente de huit nouveaux avions-citernes KC-46 Pegasus à Israël a été approuvée par le département d’État en mars 2020. Il n’est pas certain que la visite de Gantz à l’aile de ravitaillement aérien du CENTCOM était liée à l’accord en cours.

Citant des responsables américains et israéliens, le New York Times rapportait à l’époque que la demande avait été faite par Gantz lors d’une réunion avec son homologue américain, Lloyd Austin, à Washington.

L’article notait que les avions-citernes renforceraient significativement Israël et que, sans eux, Jérusalem devrait compter sur sa flotte vieillissante d’avions de ravitaillement lors d’une éventuelle attaque contre l’Iran, ou se retrouver dans l’oblation de faire une halte en Arabie saoudite ou aux Émirats arabes unis, dont aucun ne voudrait être associé à une attaque contre son rival iranien.

Selon d’anciens et actuels responsables cités dans l’article, les planificateurs militaires israéliens estimaient que toute frappe sur l’Iran nécessitera probablement de multiples frappes sur certains sites, tels que l’installation souterraine d’enrichissement d’uranium de Fordo, ce qui nécessitera un ravitaillement rapide.

Un Boeing KC-46 Pegasus de l’US Air Force de ravitaillement en vol se connectant à un avion de chasse F-35 au-dessus de la Californie, le 22 janvier 2019. (Crédit : Photo de l’US Air Force/Ethan Wagner)

Gantz s’est rendu aux États-Unis la même semaine que le conseiller israélien à la sécurité nationale, Eyal Hulata, tous deux porteurs d’un message de mécontentement de Jérusalem concernant l’accélération des pourparlers visant à relancer l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran.

L’Iran a déclaré mercredi qu’il avait bien reçu la réponse des États-Unis à sa proposition de retour à l’accord sur le nucléaire iranien, le JCPOA, abandonné par le président américain de l’époque, Donald Trump, en 2018.

Selon un reportage diffusé jeudi par la Douzième chaîne, l’accord émergent n’exigerait pas des États-Unis qu’ils retirent le Corps des gardiens de la Révolution iranienne de leur liste d’organisations terroristes étrangères, ni qu’ils reviennent sur l’obligation faite à l’Iran de répondre aux inquiétudes de l’Agence internationale de l’énergie atomique concernant des sites où certaines activités nucléaires sont suspectées.

Même si le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, a refusé de s’étendre sur la réponse de l’administration à la dernière proposition iranienne, il a tout de même noté qu’ils « s’approchent de plus en plus d’un accord car l’Iran a pris la décision de faire quelques concessions ».

Le Premier ministre Yair Lapid a déclaré jeudi aux journalistes que les efforts d’Israël pour influencer le résultat des négociations avaient porté leurs fruits, mais que l’accord était toujours « mauvais » pour Israël.

Juste avant son départ, Gantz a écrit sur Twitter que l’objectif de son déplacement était « de transmettre un message clair concernant les négociations entre l’Iran et les puissances mondiales sur l’accord nucléaire ».

« Un accord qui ne fait pas reculer de plusieurs années les capacités de l’Iran et qui ne restreint pas son programme dans les années à venir est un accord qui portera préjudice à la sécurité régionale et mondiale. »

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