Garde à vue pour un soldat qui appelle à venger le rabbin Shevach
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Garde à vue pour un soldat qui appelle à venger le rabbin Shevach

La police militaire a découvert des prospectus contenant des appels à la violence contre les Palestiniens

Oneg Hen Shahar explique pourquoi il a décidé de s'enrôler dans l'armée israélienne dans une vidéo publiée sur YouTube le 6 décembre 2017 (Capture d'écran : Screen capture/YouTube)
Oneg Hen Shahar explique pourquoi il a décidé de s'enrôler dans l'armée israélienne dans une vidéo publiée sur YouTube le 6 décembre 2017 (Capture d'écran : Screen capture/YouTube)

Un soldat de l’armée israélienne a été placé en garde à vue par la police militaire mardi. L’homme avait distribué des prospectus dans lesquels il appelait à venger la mort du rabbin Raziel Shevach, tué en Cisjordanie la semaine dernière.

Les prospectus appelaient les nouvelles recrues désireuses de « restaurer l’honneur national » à rejoindre une unité des forces spéciales qui vengerait l’assassinat de Shevach.

Raziel Shevach, père de 6 enfants, a été tué lors d’une fusillade alors qu’il circulait en voiture sur une route du sud de Naplouse à proximité de Havat Gilad, l’avant-poste dans lequel il résidait.

Le soldat placé en détention, identifié sous le nom d’Oneg Hen Shahar, avait posté une vidéo sur Facebook la vieille de son entrée dans l’armée, le mois dernier, déclarant que son enrôlement émanait du souhait de « faire changer la situation ».

« Un Juif, et très certainement un soldat juif, n’est pas une lavette et un Arabe qui tente de blesser le peuple israélien recevra une balle dans la tête, c’est simple », avait écrit Shahar.

Le rabbin Raziel Shevach avec sa famille, photo non-datée (Autorisation de la famille)

Les prospectus affichaient le symbole de l’armée israélienne, ce qui laissait penser que les militaires avaient ratifié le texte. Ils comportaient également une ligne disant que le contenu ne devait pas être évoqué auprès de responsables civils.

Dans un entretien téléphonique avec la chaîne Hadashot, Shahar avait fait savoir qu’il chercher à ré-instituer une unité qui avait été démantelée, connue sous le nom d’unité 101, une équipe de forces spéciales controversée qui avait été établie par l’ancien Premier ministre Ariel Sharon dans les années 1950 pour mener des opérations de représailles contre les Palestiniens auteurs d’attentats terroristes contre des Israéliens.

« Nous espérons et nous croyons qu’une telle unité résoudra de nombreux problèmes de sécurité dans le pays aujourd’hui », avait commenté Shahar, qui avait affirmé avoir déjà recruté 20 soldats.

Ce militant d’extrême-droite avait ajouté qu’il tentait de reporter son affectation militaire le temps de recevoir l’autorisation du chef d’Etat-major concernant le rétablissement de cette force spéciale.

Dans un communiqué annonçant l’arrestation de Shahar, l’armée a indiqué avoir ouvert une enquête sur les prospectus.

« L’armée israélienne condamne avec force tous les cas de violences et d’incitations et souligne que de tels actes seront traités avec sévérité », a ajouté le communiqué.

Lors de l’enterrement de Shevach, mercredi dernier, des douzaines de personnes ont interrompu l’éloge funèbre du ministre de l’Education Naftali Bennett avec des appels à la « vengeance ». Le chef du parti HaBayit HaYehudi avait tenté de calmer la foule en disant que « la seule revanche est de continuer les constructions », demandant au Premier ministre Benjamin Netanyahu la légalisation de l’avant-poste.

Le président Reuven Rivlin avait tempéré ces propos durant une visite de condoléances effectuée dimanche au domicile de la famille du défunt, disant à la famille que « la terre d’Israël se construit sur l’amour, pas sur la vengeance ».

Répondant au président, le père de Shevach, Moshe, a répondu : « la vengeance ne nous intéresse pas. Nous voulons la renaissance ».

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