GayPride/Jérusalem : L’extrême-droite exhorte à « un retour à la famille normale »
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GayPride/Jérusalem : L’extrême-droite exhorte à « un retour à la famille normale »

Sous haute protection policière, le groupe extrémiste nationaliste Lehava et l'organisation orthodoxe Liba ont contre-manifesté à différents endroits de la capitale

Des manifestants contre la parade de la Gay pride annuelle au centre de Jérusalem, le 2 août (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des manifestants contre la parade de la Gay pride annuelle au centre de Jérusalem, le 2 août (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Deux groupes d’extrême-droite ont organisé jeudi des manifestations à Jérusalem pour protester contre le défilé annuel de la Gay pride en appelant à protéger les « familles normales ».

Sous l’oeil attentif des milliers d’agents de police déployés pour maintenir les marcheurs et les contre-manifestants à l’écart, l’organisation nationaliste extrémiste Lehava a protesté contre le défilé à proximité de son point de départ, au parc Liberty Bell.

Les activistes extrémistes ont brandi des bannières où l’on pouvait lire : « Jérusalem est une ville sainte » et d’autres comparant les membres de la communauté LGBT à la Sodome biblique.

Une très haute sécurité policière les a maintenus à l’écart de la parade, trois ans après une attaque au couteau meurtrière commise par un fanatique ultra-orthodoxe qui avait tué Shira Banki, alors âgée de 16 ans.

De brèves échauffourées ont eu lieu entre les activistes, qui étaient quelques douzaines, et la police. Ils ont affirmé que certains d’entre eux figuraient sur une « liste noire » présumée des forces de l’ordre et qu’il leur avait été interdits de s’approcher de la marche.

Elles ont aussi clamé que des agents de police « déguisés en homosexuels » avaient infiltré leur mouvement de protestation et placé en détention un certain nombre d’entre eux.

L’activiste d’extrême-droite Itamar Ben-Gvir a juré de porter plainte contre la police qui, selon lui, a « réduit au silence » la contre-manifestation.

Les participants se rassemblent pour le défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

De l’autre côté de la ville, le groupe orthodoxe Liba a également manifesté depuis la principale entrée de Jérusalem, à proximité de l’emblématique pont des cordes. Une centaine de personnes se sont rassemblées et des rabbins nationalistes religieux ont appelé à « un retour à la famille normale ».

Un panneau brandi par l’un des manifestants disait « Un père + une mère = une famille » et un autre déclarait : « On veut une vie normale ».

Le rabbin Yigal Levinstein a indiqué que le groupe cherchait à protéger « la famille normale contre les tentatives de destruction à son encontre ».

La marche, 17e édition de la gay pride à Jérusalem et la plus importante de son histoire, a rassemblé 30 000 Israéliens dans l’après-midi de jeudi dans les rues de la capitale.

Ce défilé de deux kilomètres à travers le centre-ville a eu lieu après un mois de protestations de la part de la communauté LGBT contre l’adoption d’une loi relative au recours à la gestation pour autrui (GPA) le mois dernier, qui exclut les homosexuels hommes.

Des contre-manifestants pendant la gay pride annuelle, dans le centre de Jérusalem, dont l’un brandit un panneau qui dit : « Jérusalem est une ville sainte, ne la transformez pas en Sodome ! » , le 2 août 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les organisateurs ont distribué des fleurs aux participants en mémoire de Banki alors qu’ils quittaient le parc Liberty Bell, d’où partait la marche. Ils ont chanté en se dirigeant vers la rue Keren Hayesod, où ils ont observé le silence en arrivant au carrefour où Banki avait été assassinée. Un grand nombre ont déposé des fleurs devant une photo de la victime.

La sécurité lors de cette parade annuelle a atteint un niveau de sécurisation sans précédent, avec environ 2 500 agents des forces de l’ordre qui ont été déployés pour assurer la sécurité de la gay pride, notamment des gendarmes de la police des frontières et des agents en civil. Comme c’est le cas depuis l’attaque au couteau mortelle qui a été commise en 2015, la police a restreint les points d’entrée à la marche et effectué des contrôles de sécurité.

« Notre mission est de garantir que tout le monde puisse s’exprimer », a expliqué le commissaire en chef de la police israélienne Roni Alsheich aux journalistes avant l’événement, « et, bien sûr, que personne ne soit blessé ».

Un portrait de Shira Banki au défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : Luke Tress / Times of Israel)
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