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Gaz offshore : Gilad Erdan conteste à l’ONU l’appel d’offres lancé par le Liban

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU a appelé Beyrouth à "retirer son appel d’offres et à s’abstenir de toute activité susceptible" de créer des troubles en Méditerranée

Photo d'illustration d'un champ gazier offshore. (Crédit : iStockphoto/nattapon1975)
Photo d'illustration d'un champ gazier offshore. (Crédit : iStockphoto/nattapon1975)

Gilad Erdan, ambassadeur d’Israël à l’ONU, a contesté dimanche auprès de l’ONU l’appel d’offres international lancé par le Liban pour l’attribution des licences d’exploration et d’exploitation des réserves supposées d’hydrocarbures offshore situés dans les huit blocs restants de la zone économique exclusive (ZEE) du Liban, a rapporté le journal L’Orient-Le Jour.

Walid Fayad, ministre libanais de l’Énergie, avait annoncé fin novembre la signature d’une décision réinitialisant le second round de l’appel d’offres pour l’attribution de ces licences. Il avait aussi fait passer le nombre de blocs à attribuer de 5 à 8 – parmi ces blocs, deux sont situés en partie dans la zone contestée entre le Liban et Israël.

Dans sa lettre officielle à l’ONU, Gilad Erdan a appelé le gouvernement libanais à « retirer cet appel d’offres et à s’abstenir de toute activité susceptible de promouvoir des activités non consensuelles dans les zones maritimes israéliennes ».

« Le gouvernement israélien présente son objection formelle à toute activité libanaise non consensuelle », a-t-il ajouté. Il a expliqué « qu’Israël s’oppose à toute activité économique non autorisée effectuée par le Liban dans ce domaine, y compris, entre autres, l’octroi de droits par le Liban à toute tierce partie, les activités exploratoires, le forage ou l’exploration des ressources naturelles dans les zones maritimes où Israël revendique des droits souverains ». Il a noté qu’Israël avait appelé « les tierces parties concernées à respecter la position de son pays et à s’abstenir de participer, de promouvoir ou de faciliter toute action susceptible de compromettre ses droits ».

L’ambassadeur israélien Gilad Erdan prend la parole à l’ONU, à New York. (Crédit : Shahar Azran/Mission israélienne auprès de l’ONU)

Israël et le Liban n’entretiennent aucune relation diplomatique et les deux pays sont techniquement en guerre. Ils revendiquent chacun un secteur de la mer Méditerranée, prétendant que celui-ci, selon eux, se situe dans leur zone économique respective.

Le chef du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a mis en garde Israël en octobre dernier contre des prospections unilatérales de gaz naturel dans cette zone maritime contestée avant toute conclusion d’un accord entre le Liban et l’État juif.

Amorcés en octobre 2020, ces pourparlers organisés sous les auspices des États-Unis sont au point mort depuis mai, en raison de divergences sur la surface de la zone contestée entre les deux pays, toujours techniquement en guerre.

La plate-forme de gaz naturel offshore Tamar. (Crédit : Delek Drilling)

Les pourparlers initiaux concernaient une zone contestée de 860 km2, selon une carte enregistrée auprès de l’ONU par le Liban en 2011, jugée aujourd’hui erronée par Beyrouth. Ainsi, le Liban réclame désormais une zone supplémentaire de 1 430 km2, englobant une partie du champ gazier de Karish, déjà confié par Israël à une société grecque.

À l’issue du dernier round de négociations en mai, les États-Unis ont insisté sur la zone litigieuse initiale tandis qu’Israël a accusé le Liban de vouloir torpiller le processus.

Celui-ci est crucial pour le pays littéralement en faillite : il faciliterait la prospection d’hydrocarbures en Méditerranée, au moment où les autorités misent sur de potentielles réserves d’hydrocarbures pour enrayer une crise économique, qualifiée par la Banque mondiale comme l’une des pires au monde depuis 1850.

Le Liban a signé en 2018 son premier contrat de prospection avec un consortium international formé par le groupe français Total, l’italien ENI et le russe Novatek.

Les opérations d’exploration dans un premier bloc maritime ont toutefois révélé des quantités de gaz insuffisantes pour une exploitation commerciale.

Le vice-président américain de l’époque, Joe Biden, (à gauche), s’entretient avec Amos Hochstein, alors envoyé spécial du département d’État pour les affaires énergétiques internationales, lors d’un déjeuner de travail organisé dans le cadre du Sommet sur la sécurité énergétique dans les Caraïbes, au département d’État à Washington, le 26 janvier 2015. (AP Photo/Pablo Martinez Monsivais/Fichier)

Certains signes ont indiqué que Washington était prêt à reprendre les médiations – notamment la venue à Beyrouth en octobre dernier du haut conseiller pour la sécurité énergétique mondiale au département d’État américain, chargé de ces négociations indirectes entre le Liban et Israël sur la délimitation de leurs frontières maritimes. Aucune date n’a néanmoins été avancée pour une éventuelle reprise des pourparlers.

L’AFP a contribué à cet article.

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