Gaza: 30 M € de l’UE pour réparer Kerem Shalom détruit par les émeutiers
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Gaza: 30 M € de l’UE pour réparer Kerem Shalom détruit par les émeutiers

Une semaine après les lourds dégâts causés par les Palestiniens au poste-frontière, les canalisations de carburant sont partiellement rouvertes

Les émeutiers palestiniens mettent le feu au carrefour de Kerem Shalom dans la bande de Gaza, le 14 mai 2018 (Crédit : Armée israélienne)
Les émeutiers palestiniens mettent le feu au carrefour de Kerem Shalom dans la bande de Gaza, le 14 mai 2018 (Crédit : Armée israélienne)

L’Union européenne a fait savoir vendredi qu’elle donnerait la somme de 30 millions d’euros pour réparer pleinement le poste-frontière de Kerem Shalom vers la bande de Gaza qui a été fortement endommagé au début de la semaine dernière par les émeutiers palestiniens, a fait savoir le site d’information Ynet.

Le ministère de la Défense a fait savoir jeudi que le terminal de carburants de Kerem Shalom — le seul carrefour de marchandises entre Israël et la bande de Gaza – était partiellement réparé et que l’approvisionnement en essence et en diesel reprenait petit à petit.

L’armée a fait savoir que Kerem Shalom rouvrirait la semaine prochaine après la fête juive de Shavouot mais qu’il ne devrait pas fonctionner au maximum de ses capacités.

L’UE a d’ores et déjà investi des dizaines de millions d’euros pour élargir et moderniser le poste-frontière de Kerem Shalom qui sert comme principal point de transit des produits commerciaux et de l’aide humanitaire à Gaza. Habituellement, des centaines de camions traversent chaque jour le carrefour. Son terminal de carburants est aussi le seul moyen d’importer des quantités significatives d’essence et de diesel au sein de l’enclave côtière assiégée.

Ce mois-ci, à trois occasions, des émeutiers de la bande de Gaza sont entrés du côté palestinien du poste-frontière et ils ont mis le feu à certaines parties de la structure.

Les émeutiers ont une première fois pris d’assaut le point de passage frontalier le 4 mai. Ils ont cassé les portails et, croyant apparemment qu’ils se trouvaient sur le territoire israélien, ont mis le feu aux canalisations de carburant, selon les responsables israéliens. En réalité, ils se trouvaient sur le côté palestinien du poste-frontière.

Un camion chargé de marchandises entre dans la bande de Gaza depuis Israël via le passage de Kerem Shalom, dans le sud de la bande de Gaza, le 15 mars 2015. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Vendredi dernier, suite à une manifestation violente sur la frontière, des vandales sont entrés dans Kerem Shalom et ont une fois encore mis le feu au terminal de carburant. Ils ont également incendié un tapis roulant spécialement créé pour transporter des matériaux de construction bruts dans Gaza et vandalisé deux autres, utilisés pour convoyer du fourrage.

Selon les responsables israéliens, c’était le groupe terroriste du Hamas qui avait dirigé cette attaque sur le poste-frontière. Ses membres avaient dit aux émeutiers « quoi faire, où aller », avait déclaré un haut-responsable du COGAT aux journalistes.

Après l’attaque de vendredi, Israël a fermé Kerem Shalom pour évaluer les dégâts et déterminer les réparations à entreprendre sur les équipements.

Lundi, les Palestiniens ont encore une fois pris d’assaut le carrefour, incendiant certaines parties de la structure pour la troisième fois alors qu’elle était fermée pour travaux à réaliser suite aux précédents vandalismes.

Mardi dernier, l’Etat juif a rouvert le poste-frontière aux livraisons par camions et commencé à permettre l’entrée de fournitures médicales et de produits commerciaux, qui ont été néanmoins refusés dans deux cas par les responsables palestiniens.

Ainsi, des responsables de l’Autorité palestinienne, qui travaillaient du côté de Gaza, ont renvoyé 14 camions chargés de produits alimentaires et de couches dans la journée de mardi pour des raisons encore indéterminée. Le lendemain, ce sont des chargements de fournitures médicales, malgré la pénurie dans les hôpitaux de Gaza, qui ont été refoulés parce qu’ils étaient envoyés par l’armée israélienne.

Vue aérienne d’émeutiers palestiniens mettant le feu au carrefour de Kerem Shalom dans la bande de Gaza, le 14 mai 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Alors que l’incapacité d’importer des équipements médicaux et autres produits essentiels à la bande de Gaza en raison de la fermeture temporaire du carrefour a suscité l’inquiétude, les responsables internationaux ont, la semaine dernière, mis en garde contre les conséquences du manque de carburant.

Les Nations unies ont appelé à trouver une alternative à l’approvisionnement d’essence et de diesel, disant que l’épuisement des réserves nécessaires pour assurer les services essentiels surviendrait dans quelques jours.

« L’impact de la destruction des canalisations de carburant et de gaz se fait déjà ressentir, » a noté le bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dans un appel.

« Pour éviter un effondrement de ces services essentiels, un arrangement alternatif pour l’entrée de carburant est urgemment nécessaire jusqu’à la réparation des canalisations de Kerem Shalom », a ajouté l’agence.

L’OCHA a aussi appelé les manifestants palestiniens à ne pas faire davantage de dégâts sur le poste-frontière et à redonner à Kerem Shalom sa pleine capacité de fonctionnement.

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