Gaza : HRW accuse Israël et le Hamas de « crimes de guerre présumés »
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Gaza : HRW accuse Israël et le Hamas de « crimes de guerre présumés »

L'ONG accuse Tsahal d'avoir frappé des bâtiments civils sans cibles militaires à proximité ; HRW a dit plancher sur "un rapport séparé" sur les tirs de roquettes palestiniens

Une unité d'artillerie lance des obus vers des cibles à Gaza, le 19 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov, File)
Une unité d'artillerie lance des obus vers des cibles à Gaza, le 19 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov, File)

L’organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé mardi Israël et le groupe terroriste armé palestinien du Hamas de « crimes de guerre présumés » lors des affrontements en mai dans et à partir de la bande de Gaza.

HRW a enquêté sur trois frappes aériennes de l’armée – le 10 mai à Beit Hanoun, le 15 mai dans le camp al-Shati et le 16 sur la rue al-Wahda dans le centre de la ville de Gaza – ayant causé la mort de 62 « civils palestiniens », selon l’ONG.

« Il n’y avait aucune cible militaire évidente dans les environs », indique le rapport.

« L’armée israélienne a affirmé qu’elle avait visé des tunnels et un centre de commandement souterrain utilisé par les groupes armés, mais n’a présenté aucun détail pour étayer cette affirmation », a indiqué Gerry Simpson, directeur associé de HRW pour les crises et les conflits. « Le refus constant des autorités israéliennes d’enquêter sérieusement sur les crimes de guerre présumés, ainsi que sur les tirs de roquettes des forces palestiniennes vers les centres de population israéliens, souligne l’importance de l’enquête de la Cour pénale internationale. »

Le Hamas au pouvoir à Gaza et l’armée israélienne se sont livrés une guerre de 11 jours du 10 au 21 mai.

Les groupes terroristes palestiniens, en premier lieu le Hamas qui contrôle la bande de Gaza, ont tiré plus de 4 300 roquettes et mortiers vers Israël selon les données de l’armée israélienne, et ont « également perpétré des attaques illégales », a ajouté HRW qui a dit plancher sur « un rapport séparé » sur ces frappes. Israël a riposté avec de lourdes frappes aériennes. Les hostilités ont pris fin avec un cessez-le-feu négocié par l’Egypte, après 13 morts en Israël – incluant un soldat, un enfant et une adolescente – et plus de 240 à Gaza. L’armée israélienne affirme que la plupart des Gazaouis tués étaient des terroristes.

Un pompier israélien marche à côté de voitures touchées par un missile tiré depuis la bande de Gaza, dans la ville d’Ashkelon, dans le sud d’Israël, le 11 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Le directeur exécutif par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW, Eric Goldstein, a écrit au ministre de la Défense, Benny Gantz, et au porte-parole de l’armée israélienne Ran Kochav, le 21 juin, pour leur poser une série de questions sur huit frappes effectuées pendant les 11 jours de l’opération « Gardien des murs ».

Dans sa réponse du 13 juillet, l’armée israélienne a rejeté l’argument selon lequel elle avait l’obligation de répondre au questionnaire de HRW en vertu de la loi de 1998 sur la liberté d’information, mais a souligné que « dans de nombreuses frappes de l’armée israélienne au cours de l’opération ‘Gardien des murs’, lorsque cela était possible, l’armée israélienne a averti à l’avance les civils situés à l’intérieur des cibles militaires afin qu’ils puissent évacuer et a utilisé diverses mesures pour s’assurer que les civils avaient effectivement évacué – tout cela dans le but d’éviter de blesser des personnes non impliquées ».

La réponse israélienne soutient également que « l’armée mène des enquêtes et des investigations sur divers incidents survenus au cours de l’opération ‘Gardiens des murs’ afin de déterminer si les règles obligatoires ont été violées et de tirer des conclusions. Les cas de décès de Palestiniens et d’autres cas sensibles connus de diverses sources (médias, plaintes et rapports d’organisations internationales, réseaux sociaux, etc) ont été transmis au mécanisme d’évaluation de l’état-major général chargé de fact-checking, qui fonctionne de manière indépendante et professionnelle pour évaluer au mieux les événements. Dans la mesure où des violations des règles obligatoires sont découvertes, des mesures appropriées seront prises en fonction des considérations pertinentes et des circonstances de l’affaire ».

Une Palestinienne passe devant un immeuble détruit dans le quartier commercial d’al-Rimal à Gaza City, suite à une frappe israélienne, après le cessez-le-feu conclu entre Israël et les groupes terroristes palestiniens. (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)

HRW a appelé les États-Unis à conditionner leur aide à la sécurité d’Israël à la prise de mesures par Jérusalem « pour améliorer son respect des lois de la guerre » et à enquêter sur les allégations passées.

L’organisation a également demandé à la Cour pénale internationale d’enquêter sur les frappes israéliennes lors de l’opération de mai.

« Ces enquêtes devraient également porter sur le contexte plus large, y compris le bouclage écrasant de Gaza par le gouvernement israélien et ses crimes d’apartheid et de persécution contre des millions de Palestiniens », a déclaré M. Simpson.

Le ministère israélien des Affaires étrangères n’a pas fourni de réponse au moment de la publication.

NGO Monitor, un groupe israélien qui enquête sur les activités des organisations non gouvernementales et des gouvernements étrangers dans le cadre du conflit israélo-palestinien, a critiqué le rapport de HRW.

Des soutiens palestiniens du Hamas célèbrent la fin des combats entre le Hamas et Israël à Khan Younes, dans le sud de la bande de Gaza, le 21 mai 2021. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

« Human Rights Watch a un long historique de fausses accusations visant Israël, et ce pseudo-rapport vient s’ajouter à la collection », a déclaré le président de NGO Monitor, Gerald M. Steinberg. « Suivant le schéma habituel, les crimes de guerre du Hamas sont largement ignorés ; l’identification des victimes palestiniennes comme ‘civiles’ et victimes des réponses israéliennes n’est pas étayée ; les ‘témoignages’ des Palestiniens de Gaza ne peuvent être vérifiés, et les références au droit international sont inventées ou déformées. »

HRW a également accusé les groupes palestiniens de violer les lois de la guerre en lançant des milliers de roquettes et de mortiers sur les civils israéliens.

« Dépourvues de systèmes de guidage, les roquettes sont par nature indiscriminées lorsqu’elles sont dirigées vers des zones où se trouvent des civils », indique le rapport.

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