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Gaza, Liban : Netanyahu critique les avis d’Eisenkot. Le chef de Yashar riposte

Selon le Premier ministre, l'ex-chef de Tsahal et ancien membre du cabinet de guerre aurait laissé "l'ensemble du Hamas" intact ; Gadi Eisenkot : Netanyahu ment et fuit ses responsabilités

Montage de photos (de gauche à droite) : Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, le 1ᵉʳ novembre 2025 ; le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprimant lors de la conférence du Jewish News Syndicate, à Jérusalem, le 21 juin 2026. (Crédits : Moshe Shaï/Flash90 ; Chaïm Goldberg/Flash90)
Montage de photos (de gauche à droite) : Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, le 1ᵉʳ novembre 2025 ; le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprimant lors de la conférence du Jewish News Syndicate, à Jérusalem, le 21 juin 2026. (Crédits : Moshe Shaï/Flash90 ; Chaïm Goldberg/Flash90)

Samedi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a critiqué les positions prétendument défendues en matière de sécurité par l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, Gadi Eisenkot. Il a présenté son rival électoral en pleine ascension comme étant trop prudent sur le plan politique.

Invité lors d’une conférence de presse à répondre aux récentes critiques d’Eisenkot concernant sa gestion du Liban, Netanyahu a fait valoir que le chef du parti Yashar et ses alliés politiques s’étaient opposés à des décisions stratégiques cruciales en temps de guerre, notamment l’entrée de Tsahal à Rafah, à Gaza, la prise du corridor dit de « Philadelphi » le long de la frontière entre Gaza et l’Égypte, ainsi que l’intensification des opérations contre le Hezbollah au Liban.

Eisenkot, qui faisait alors partie du parti HaMahane HaMamlahti de Benny Gantz, avait rejoint la coalition Netanyahu pour former un gouvernement d’urgence après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 et avait siégé au cabinet de guerre jusqu’à sa démission en juin 2024, en signe de protestation contre la gestion de la guerre par Netanyahu.

« Je me souviens de ce qu’a dit Gadi Eisenkot, et de ce qu’ont dit d’autres, alors que nous étions encore à Gaza… Ils disaient que nous devions nous arrêter alors que nous étions encore à Khan Younès », a déclaré Netanyahu.

« Ne pas entrer à Rafah. Ne pas prendre le contrôle du corridor de Philadelphi. Ils disaient que nous devrions simplement conclure un accord, faire sortir les otages et quitter Gaza – quitter toute la bande de Gaza. Et puis, deux ou trois ans plus tard, nous pourrions y revenir. »

Suivre ce conseil, a affirmé Netanyahu, aurait signifié que « l’ensemble du Hamas » et les hauts responsables assassinés par Israël pendant la guerre « seraient toujours là, toujours en vie, toujours aux commandes ».

Le ministre Gadi Eisenkot, observateur au sein du cabinet de guerre, assistant à une conférence à l’université Reichman, à Herzliya, le 6 février 2024. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Netanyahu a affirmé que cela aurait également empêché Tsahal d’étendre ses opérations contre le Hezbollah au Liban, comme il l’a fait fin 2024, près d’un an après que le groupe terroriste libanais eut commencé à attaquer Israël pour soutenir le Hamas.

« Cela signifie également que nous ne serions jamais entrés au Liban. Nous n’aurions pas mené l’Opération [« Beeper » de 2024] », a-t-il poursuivi.

« Nous n’aurions pas éliminé [l’ancien chef du Hezbollah, Nassan] Nasrallah. Nous n’aurions pas détruit 90 % du stock de missiles du Hezbollah. »

« Nous aurions laissé tous les tunnels terroristes de la Force Radwan ici même, à la frontière », a poursuivi Netanyahu, faisant référence à cette unité d’élite du Hezbollah, avant d’ajouter que les récents élargissements de la zone de sécurité autoproclamée par Israël dans le sud du Liban n’auraient pas non plus eu lieu.

« Ainsi, selon le point de vue exprimé par Gadi Eisenkot et ses collègues, ils voulaient, en substance, que nous nous retrouvions les mains vides », a-t-il affirmé.

« Aujourd’hui, nous contrôlons près de 70 % de la bande de Gaza. Nous mettons le Hamas au pied du mur. Et nous maintenons cette solide zone de sécurité au Liban. »

Netanyahu a accusé Eisenkot, qui a perdu son fils, Gal Meir, et son neveu Maor Cohen, en décembre 2023 à Gaza, de n’avoir jamais été disposé à agir de manière plus agressive sur le plan militaire sur ces fronts afin de « préserver son avenir politique ».

« Je crois que la bonne chose à faire est tout ce qui est nécessaire pour garantir la sécurité d’Israël et celle du nord. L’alternative aurait été de laisser 150 000 roquettes et missiles au Liban », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il y a « des kilomètres et des kilomètres de tunnels là-bas ».

« Et aujourd’hui, nous les détruisons. Je fais donc ce qui est juste. »

Il affirme vouloir désormais un « gouvernement national élargi » et l’unité

Netanyahu a en outre fait valoir qu’il existait un « large consensus » sur plusieurs questions qui contribueraient à la formation du « gouvernement national élargi » qu’il espère constituer, soulignant ce qu’il a qualifié de consensus public croissant contre la création d’un État palestinien et d’une volonté commune d’éviter une « guerre civile » sur des questions nationales controversées telles que l’enrôlement des Haredim.

« À mon avis, il y a bien plus d’unité au sein de la population que ce que l’on voit à la Knesset », a-t-il déclaré.

Toutefois, sa tentative de légaliser l’exemption massive dont bénéficient actuellement les hommes ultra-orthodoxes du service militaire se heurte à une large opposition de l’opinion publique israélienne.

Netanyahu a ajouté qu’il cherchait à parvenir à un « accord sur la question du service militaire [des Haredim] », affirmant qu’il pensait que « c’est possible, et j’ai l’intention d’y parvenir ».

Il a déclaré qu’il serait contre-productif d’envoyer la police dans les yeshivot « haredim-hesder » pour arrêter des étudiants pour non-enrôlement, car cela dissuaderait les hommes haredim de servir un jour : « Nous avons constaté une réaction massive de la part de la communauté ultra-orthodoxe. Les jeunes hommes haredim veulent s’enrôler. Mais lorsque des arrestations ont lieu dans des lieux d’étude de la Torah, l’effet est inverse », a-t-il affirmé, alors qu’aucune opération d’arrestation de ce type n’a été signalée. On ignore également ce qu’il entendait exactement par « yeshivot haredim-hesder ».

« Si je vous disais que dans un pays d’Europe, la police pénétrait dans des yeshivot, emmenait des jeunes hommes étudiant la Torah et les mettait en prison, vous seriez choqués », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le chef d’état-major de l’armée israélienne, Gadi Eisenkot, s’adressant à la presse aux quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 4 décembre 2018. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Eisenkot : « Vous continuez à mentir sur Gaza et le Liban, et vous faites obstruction à l’enquête de l’État »

Eisenkot a riposté en qualifiant Netanyahu de « Premier ministre qui nous a aveuglément conduits à un situation historiquement critique, qui œuvre jour et nuit à la division et à l’incitation à la haine, et qui consacre toute son énergie à encourager les réfractaires au service militaire ». Il a ajouté que le Premier ministre était « indigne de cette nation et certainement pas apte à donner des leçons de morale sur l’unité ».

« Ce soir encore, vous avez continué à mentir au sujet de Gaza et du Liban – des faits qui auraient pu faire l’objet d’une enquête approfondie dans le cadre d’une commission d’enquête nationale dont vous avez également peur », a-t-il déclaré dans un message publié sur le réseau social X.

Netanyahu « occupait le poste de Premier ministre le matin du 7-Octobre et fuit ses responsabilités depuis lors », a ajouté Eisenkot, promettant : « Nous formerons un gouvernement à majorité sioniste qui défendra les intérêts d’Israël. Nous rassemblerons à nouveau le peuple d’Israël. Car Israël doit gagner. »

Un récent sondage réalisé par Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel, montre que le parti Yashar d’Eisenkot dépasse pour la première fois le Likud, le parti au pouvoir, et devient ainsi la première force politique à la Knesset.

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