GB : un nouveau manifeste du Labour veut prohiber les ventes d’armes à Israël
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GB : un nouveau manifeste du Labour veut prohiber les ventes d’armes à Israël

Le parti de Corbyn promet également "d'immédiatement" reconnaître un état palestinien en cas de victoire aux élections générales du mois prochain

Le leader du parti britannique d'opposition du Labour Jeremy Corbyn tient une copie du programme du parti durant le lancement de ce manifeste de campagne électorale à  Birmingham, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 21 novembre 2019 (Crédit : Oli Scarff/AFP)
Le leader du parti britannique d'opposition du Labour Jeremy Corbyn tient une copie du programme du parti durant le lancement de ce manifeste de campagne électorale à Birmingham, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 21 novembre 2019 (Crédit : Oli Scarff/AFP)

Le parti travailliste britannique a juré de suspendre la vente d’au moins certaines armes à Israël s’il venait à remporter les élections générales qui auront lieu au Royaume-Uni le mois prochain.

Cette promesse est comprise dans une section consacrée aux droits de l’Homme du programme électoral de la formation, qui a été rendu public jeudi.

Le Labour « suspendra immédiatement la vente d’armes à l’Arabie saoudite pour être utilisées au Yémen ainsi qu’à Israël, pour les armes dont l’usage est fait en violation des droits de l’Homme des civils palestiniens », dit ce manifeste. Les armements précis inclus dans cette promesse de campagne restent indéterminés.

La formation a également promis la reconnaissance « immédiate » d’un Etat palestinien si elle devait être chargée de former un gouvernement, après le vote du 12 décembre, et elle a clamé soutenir une solution à deux Etats qui permettrait la mise en place « d’un Israël sûr aux côtés d’un Etat de Palestine sûr et viable ».

Le Labour a déjà appelé à cesser toute vente d’armes à Israël lors de ses conférences annuelles et ce n’est pas la première fois que le chef du parti, Jeremy Corbyn, jure de reconnaître rapidement un état palestinien s’il devient Premier ministre britannique.

Des participants à la conférence du parti du Labour à Liverpool brandissent des drapeaux palestiniens pendant un débat sous le regard, depuis la tribune, de Jeremy Corby, le 25 septembre 2018 (Crédit : AFP Photo/Oli Scarff)

Ce programme a été largement considéré comme un document d’extrême-gauche, prônant un ordre du jour radical en faveur du changement social – notamment en nationalisant des industries essentielles et en organisant un second référendum controversé sur le Brexit.

Corbyn l’a qualifié de « plan le plus radical et le plus ambitieux pour transformer notre pays depuis des décennies » et de « chance de changement réel comme il ne s’en présente qu’une seule fois dans une génération ».

Parmi les promesses les plus déterminantes, la nationalisation des réseaux ferroviaires, de l’eau, de l’énergie et haut-débit ; en plus de larges investissements dans les services publics, de réformes entrepreneuriales et de l’introduction d’une semaine de travail de 32 heures.

Un sondage publié au début de la semaine par l’institut YouGov montre un soutien apporté au parti travailliste à hauteur de 30 %, derrière le parti conservateur au pouvoir à 42 %.

Corbyn, politicien d’extrême-gauche devenu chef du Labour en 2015, est depuis longtemps un critique féroce d’Israël. Il avait déclaré, de triste mémoire, que les groupes du Hezbollah et du Hamas étaient ses « amis » lorsqu’il en avait invité les membres lors d’une rencontre parlementaire en 2009. Il avait également, dans le passé, assisté à une cérémonie en hommage aux terroristes palestiniens responsables du massacre commis aux Jeux olympiques de Munich, en 1972.

Il est également accusé d’avoir laissé l’antisémitisme se propager sans encombres au sein de sa formation.

Corbyn a rejeté les accusations d’antisémitisme à son encontre et il a expliqué, au début du mois, que les Juifs britanniques n’auraient rien à craindre si le Labour devait gagner le prochain scrutin – dans un contexte d’informations laissant entendre qu’un grand nombre de membres de la communauté juive réfléchiraient à quitter le pays s’il devait arriver au pouvoir.

Selon une enquête d’opinion récente, seuls 7 % des Juifs britanniques ont fait savoir qu’ils réfléchiraient à apporter leur soutien au parti travailliste de Corbyn.

Au mois de septembre dernier, une information avait fait savoir que presque 40% des Juifs britanniques « réfléchiraient sérieusement à émigrer » si Corbyn devait intégrer Downing Street.

L’AFP a contribué à cet article.

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