GB : Une femme interdite d’entrée à l’école de sa fille en raison de son voile
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GB : Une femme interdite d’entrée à l’école de sa fille en raison de son voile

L'avocat de Rachida Serroukh estime que la décision prise par l'école d'interdire le visage voilé sans règlement écrit préalable est une discrimination 'pure et simple'

llustration: Une femme musulmane portant un voile qui recouvre le visage (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)
llustration: Une femme musulmane portant un voile qui recouvre le visage (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Une femme musulmane au Royaume-Uni a porté plainte pour discrimination contre l’école de sa fille après avoir été informée qu’elle ne pourrait pas porter son voile dans l’établissement.

Rachida Serroukh, 37 ans, a expliqué que cette décision de recourir à la justice a été prise après que le personnel de l’école prestigieuse de Holland Park, à Londres, lui a annoncé durant une réunion des parents qu’elle ne serait pas autorisée à visiter l’établissement le visage totalement dissimulé.

« J’ai été très secouée et dans un état de choc après ce qui est arrivé », a-t-elle déclaré vendredi à The Guardian. « Je n’avais jamais vécu quelque chose de similaire auparavant. J’ai reçu des insultes dans la rue de la part d’étrangers sur mon voile mais rien de tel ne m’était jamais arrivée. Lorsque je suis rentrée chez moi, je me suis tout simplement écroulée ».

Attiq Malik, l’avocat de Serroukh, estime que l’incident est une affaire « pure et simple » de discrimination religieuse.

« Le gouvernement parle constamment des valeurs britanniques. Pour moi, ces valeurs comprennent la diversité et le multiculturalisme. Si une école à Londres agit comme ça, alors que pourrait-il bien se passer ailleurs ? » a-t-il dit au Guardian.

Women wearing burkas. (photo credit: Abed Rahim Khatib/FLASH90)
Des femmes portant la Burqa (Crédit: Abed Rahim Khatib/FLASH90)

Serroukh a expliqué qu’alors qu’elle se trouvait à la réunion parentale organisée au mois de juin, un responsable de l’établissement s’était approchée d’elle et lui avait demandé de lui parler en privé, lui disant que le recouvrement du visage n’était pas autorisé à l’école.

Elle a indiqué au Guardian avoir d’abord été troublée, pensant que le responsable se référait à sa fille.

« J’ai expliqué clairement que ma fille porte le voile et qu’elle ne viendrait pas à l’école avec le visage voilé. Puis j’ai réalisé qu’il parlait de moi et pas de ma fille », a-t-elle ajouté.

Serroukh, qui vit à proximité de l’école dont elle est une ancienne élève, dit avoir demandé à de nombreuses reprises de constater les règlements de l’école bannissant les voiles, l’une de ses amies portant le même type de voile ayant assisté à différents événements pendant des années au sein de l’école sans incident.

« Je n’ai eu aucun problème avec la sécurité à l’entrée de l’établissement et personne ici n’a mentionné un règlement. J’enlève toujours mon voile et je montre la photo de ma carte d’identité lorsqu’on me demande de le faire pour des raisons de sécurité », a-t-elle dit. « Je n’ai pas voulu défier le professeur avant de voir le règlement ».

Elle a indiqué que lorsque le responsable lui a dit de quitter l’école par la sortie arrière plutôt que la porte d’entrée, elle a refusé, affirmant qu’elle devait reprendre sa fille et qu’elle partirait par la porte avant.

Suite à l’incident, Serroukh a expliqué au Guardian qu’elle avait demandé des explications à l’école sur la raison de l’interdiction la visant, les règles du Département d’état du Royaume-Uni stipulant que les écoles peuvent décider elles-mêmes de l’autorisation du port du voile pour les élèves et les enseignants, mais que ces interdictions ne concernent habituellement pas ni les parents, ni les visiteurs.

« Il n’a jamais été nécessaire jusqu’à aujourd’hui que les écoles aient cette interdiction écrite dans les règlements », a répondu dans un courrier adressé à Serroukh Ross Wilson, le directeur-adjoint de l’établissement scolaire. « Au vu des inquiétudes que vous avez soulevées, nous réfléchissons dorénavant à un ajout écrit dans notre réglementation portant sur la santé et la sûreté pour y inclure cette exigence spécifique et nous suivrons alors le protocole normal d’approbation de l’instance dirigeante ».

En réponse, Serroukh a écrit : « Comment pouvez-vous justifier l’interdiction du voile qui recouvre le visage pour toutes celles qui entrent dans l’école ? J’avais montré mon visage avant d’entrer dans l’école et donc, la sécurité ne peut avoir été un motif de préoccupation ».

Wilson lui a répété ultérieurement que « nous souhaitons réaffirmer qu’il n’y avait aucunement d’intention de vous offenser lorsque Madame… vous a rencontré pour évoquer la situation dans la soirée des entretiens de bienvenue et que l’école désire offrir clarté et transparence ».

Serroukh a dit au Guardian qu’en résultat de l’incident, elle a le sentiment d’être exclue de la communauté.

« J’ai le sentiment que je ne suis pas chez moi même si je vis de l’autre côté de la rue et que j’allais moi-même à cette école », tout en ajoutant que « ce qui est arrivé à Holland Park, c’est une discrimination. J’espère que nous pourrons résoudre cette affaire à l’amiable ».

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