Greenblatt critique les résidents d’implantations opposés à l’État palestinien
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Greenblatt critique les résidents d’implantations opposés à l’État palestinien

L’ex-envoyé de Trump a fait écho au sentiment exprimé par les responsables de la Maison Blanche, frustrés par les critiques et les attaques personnelles de maires de Cisjordanie

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Jason Greenblatt (à gauche) envoyé spécial du président américain, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 12 juillet 2017. (Crédit : Haim Tzach/GPO)
Jason Greenblatt (à gauche) envoyé spécial du président américain, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 12 juillet 2017. (Crédit : Haim Tzach/GPO)

Jason Greenblatt, ancien envoyé de la Maison Blanche qui a contribué à l’élaboration du plan de paix de Trump pour le Moyen-Orient, a déclaré jeudi que les critiques des dirigeants des implantations sur la proposition étaient « injustes ». Il a également rejeté les attaques personnelles des maires de Cisjordanie contre l’administration américaine.

« Il est bien sûr possible d’être en désaccord, et je comprends leur inquiétude à propos d’un État palestinien [comme envisagé par le plan], mais même cela peut être considéré comme une critique injustifiée », a déclaré Jason Greenblatt lors d’une conférence virtuelle sur le plan d’annexion israélien organisé par le groupe juridique Shurat Hadin.

Greenblatt a fait valoir que le plan Trump donnait une longue liste de conditions que les Palestiniens devaient remplir avant de pouvoir créer leur État, et que même dans ce cas, Israël serait autorisé à entrer librement sur le territoire palestinien s’il le juge nécessaire pour des raisons de sécurité.

« Chaque description dans ce très long plan concernant la façon dont cet État est censé fonctionner devrait répondre à toutes les préoccupations des opposants », a déclaré Greenblatt.

De gauche à droite : Shlomo Ne’eman, maire de Gush Etzion, Hananel Dorani, maire de Kedumim, Yigal Dilmoni, directeur du conseil de Yesha, David Elhayani, président du conseil de Yesha, Yochai Damri, maire de Har Hebron, et Hillel Horowitz, maire de la communauté juive de Hebron, dans une tente de protestation contre le plan de paix de Trump à Jérusalem, le 20 juin 2020. (Autorisation)

Alors qu’une majorité des 24 maires d’implantations soutiennent le plan, un groupe s’est prononcé contre, arguant que l’octroi aux Palestiniens d’un État était une chose qu’ils ne pouvaient pas accepter par principe. David Elhayani, président du conseil de Yesha de coordination des maires, a fait valoir qu’une fois que les Palestiniens se seraient vu attribuer un État, Israël n’aurait plus le pouvoir de limiter ses actions.

Son camp d’opposants s’est également prononcé contre la transformation par le plan d’au moins 15 implantations isolées en enclaves entourées de terres réservées au futur État palestinien. En outre, ils soutiennent que la stipulation du plan selon laquelle ces communautés ne seront autorisées à construire dans leur « caractéristique actuelle » que pour les quatre prochaines années équivaut à un « gel de la construction » qui risque de « suffoquer » ces localités.

Ces derniers mois, Elhyani a également été à l’origine d’attaques personnelles, affirmant que le plan démontrait que le président américain Donald Trump n’était « pas un ami d’Israël » et accusant le principal architecte de la proposition de « poignarder Israël dans le dos ».

« Je pense qu’ils devraient d’abord… être reconnaissants [pour] les choses incroyables [que l’administration a] faites pour l’État d’Israël », a déclaré Greenblatt, faisant écho à la frustration exprimée par les responsables actuels de la Maison Blanche concernant les récentes critiques des résidents d’implantations. « Ne pas reconnaître cela et continuer à critiquer n’est pas approprié. »

Le président américain Donald Trump, à droite, et le conseiller spécial aux négociations Jason Greenblatt. (Crédit : Twitter)

L’ancien envoyé de la paix a précisé qu’il était légitime d’avoir des remarques à faire sur le plan, mais que les dirigeants des implantations – ainsi que les Palestiniens – feraient mieux de s’engager avec l’administration Trump, au lieu de « la critiquer sans arguer leurs critiques ».

La semaine dernière, le directeur du Conseil de Yesha, Yigal Dilmoni, a déclaré que son groupe tentait d’organiser une réunion avec les responsables de l’administration Trump depuis le dévoilement du plan en janvier dernier, mais n’avait toujours pas reçu de réponse.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il souhaitait annexer les 132 implantations de Cisjordanie et la vallée du Jourdain – environ 30 % du territoire alloué à Israël dans le cadre du plan de paix israélo-palestinien de l’administration Trump.

L’accord de coalition du nouveau gouvernement permet à Netanyahu d’entamer le processus d’annexion à partir du 1er juillet. Cependant, l’enthousiasme américain à une telle décision s’est fait plus discret suite à l’opposition au projet d’alliés américains au Moyen-Orient.

Un haut responsable de la Maison Blanche a déclaré jeudi que l’administration Trump n’avait pas pris de décision finale sur son soutien éventuel aux plans d’annexion d’Israël. Il est très peu probable que Jérusalem poursuive son projet sans l’approbation américaine.

Les discussions à la Maison Blanche se sont clos après trois jours, et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman et l’envoyé américain au Moyen-Orient Avi Berkowitz se sont rendus en Israël afin de poursuivre leur travail sur la question.

Les discussions auraient également inclus le conseiller principal Jared Kushner et le conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien. Il n’a pas été déterminé si Trump s’était activement impliqué dans les réunions.

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