Hanegbi : nous sommes au bord d’une nouvelle crise de la coalition
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Hanegbi : nous sommes au bord d’une nouvelle crise de la coalition

Le député du Likud compare la menace de HaBayit HaYehudi – Liberman contre une réforme du cabinet de sécurité – à un “suicide politique”

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Tzahi Hanegbi, député du Likud, pendant une réunion à la Knesset en 2010. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Tzahi Hanegbi, député du Likud, pendant une réunion à la Knesset en 2010. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Un député important du Likud et confident du Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu samedi que la coalition gouvernementale était au bord d’une autre crise politique, alors que le parti nationaliste HaBayit HaYehudi a demandé que le Premier ministre réforme le cabinet de sécurité et améliore le partage de renseignements entre ses membres.

Naftali Bennett, président de HaBayit HaYehudi, demande que Netanyahu nomme un attaché militaire au cabinet pour fournir aux ministres des mises à jour sécuritaires en temps réel, augmenter les visites d’enquête sur les bases et d’autres zones militaires, et faciliter l’accès aux informations classifiées.

Bennett a menacé que son parti vote contre la nomination imminente d’Avigdor Liberman comme ministre de la Défense lundi à la Knesset, ce qui enterrerait l’accord de coalition signé mercredi avec le parti Yisrael Beytenu de Liberman. La coalition a besoin des huit votes de HaBayit HaYehudi pour faire passer cette nomination.

« Nous sommes au bord d’une crise politique, qui pourrait empirer lundi si Bennett vote contre le gouvernement et qu’en conséquence le parti HaBayit HaYehudi ne fasse plus partie de la coalition », a déclaré Tzahi Hanegbi samedi sur la Deuxième chaîne.

Hanegbi, qui préside la puissante commission de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset, a déclaré qu’il était justifié d’appeler à l’amélioration du processus d’action du cabinet de sécurité. « Mais cette amélioration ne peut pas, à mon avis, venir par un ultimatum », a-t-il déclaré, mais plutôt par un effort professionnel.

Naftali Bennett prenant la parole à la Knesset, le 28 mars 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Naftali Bennett prenant la parole à la Knesset, le 28 mars 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Hangebi a déclaré que l’ultimatum de Bennet était essentiellement un « suicide politique », particulièrement si la menace est mise à exécution et que HaBayit HaYehudi votre contre le gouvernement pour torpiller l’accord de coalition.

Si le gouvernement de droite échoue, dans le pire scénario, ou si un parti de gauche rejoint la coalition à sa place, HaBayit HaYehudi en paiera le prix politique, a-t-il dit.

Au sujet de la démission de Moshe Yaalon la semaine dernière, Hanegbi a déclaré que l’ancien ministre de la Défense avait fait une « grave erreur ».

Son départ est « une grande perte pour le Likud et pour l’establishment militaire en général », a ajouté Hanegbi, disant qu’il était difficile de comparer Liberman et Yaalon au même poste mais qu’il pensait que Liberman serait un « bon ministre de la Défense ».

Le ministre sortant de la Défense, Moshe Yaalon, pendant l'annonce de sa démission de la Knesset, au quartier général de l'armée israélienne à Tel Aviv, le 20 mai 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le ministre sortant de la Défense, Moshe Yaalon, pendant l’annonce de sa démission de la Knesset, au quartier général de l’armée israélienne à Tel Aviv, le 20 mai 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Hanegbi a reconnu que le Premier ministre avait « tardé » à proposer à Yaalon les Affaires étrangères, mais « au final, il lui a proposé » et Yaalon « aurait dû rester dans le système ».

La critique amère du gouvernement par l’ancien ministre de la Défense pendant son discours de démission était « amorale » selon Hanegbi, qui faisait référence à l’avertissement de Yaalon sur les « forces extrémistes et dangereuses qui ont pris le pouvoir en Israël et au Likud. »

« Il sait que ça n’a aucun sens », a dit Hanegbi.

L’éviction de Yaalon du ministère de la Défense et la nomination de Liberman ont ébranlé l’arène politique israélienne la semaine dernière, alors qu’il était annoncé que cinq sièges du parti Yisrael Beytenu de ce dernier rejoindraient la coalition, pendant que Netanyahu s’efforçait d’étendre sa majorité ténue de 61 sièges à la Knesset.

Cette action controversée a déclenché des critiques du Premier ministre et de sa gestion de l’extension de son gouvernement.

Vendredi, un ministre du parti centriste Koulanou, membre de la coalition, a annoncé qu’il démissionnait lui aussi pour protester contre l’accord de coalition avec Liberman, accusant le gouvernement de mener Israël sur la voie de la destruction, d’affaiblir les relations avec les Etats-Unis et de réduire au silence les opposants sur tous les sujets, de l’accord sur le gaz à la conduite de l’armée.

Avi Gabbay, ministre de l’Ecologie, qui n’est pas député mais a été nommé en tant que candidat externe par le ministre des Finances, Moshe Kahlon, président de Koulanou, a déclaré aux journalistes qu’ « il n’était pas facile pour moi de faire partie de ce gouvernement, un gouvernement qui a entièrement bouleversé la relation avec la plus grande puissance mondiale. »

« Cette semaine, un an après ma nomination, est arrivée la pilule que je n’ai pas pu avaler : la destitution de Yaalon et la nomination de Liberman sont une mesure inhabituelle, même en politique. J’exhorte le Premier ministre à reprendre ses esprits avant qu’il ne soit trop tard, de se rappeler que la sécurité est la sécurité et de se fier aux personnes, au leadership, et pas simplement aux tanks et aux avions », avait déclaré Gabbay.

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