Yaalon démissionne, évoque son manque de confiance envers Netanyahu
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Yaalon démissionne, évoque son manque de confiance envers Netanyahu

Moshé Yaalon a annoncé son départ, invoquant son manque de confiance dans le Premier ministre, suite à l'offre de ce dernier du portefeuille de la Défense à Liberman

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem le 6 Septembre 2015 (Crédit photo: Ohad Zwigenberg)
Le ministre de la Défense Moshe Yaalon arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem le 6 Septembre 2015 (Crédit photo: Ohad Zwigenberg)

Le ministre israélien de la Défense, Moshé Yaalon, a annoncé vendredi qu’il quittait le gouvernement de Benjamin Netanyahu et le monde politique en invoquant son manque de confiance dans le Premier ministre, en pleine querelle avec lui.

« J’ai dit au Premier ministre ce (vendredi) matin qu’étant donné son comportement au cours des derniers événements et mon manque de confiance en lui, je démissionnais du gouvernement et de la Knesset et que je prenais mes distances avec la vie politique », a dit Yaalon sur Twitter.

La politique israélienne est en pleine période de turbulences depuis que Netanyahu a offert mercredi le portefeuille de la Défense à l’ultranationaliste Avigdor Liberman, actuellement dans l’opposition.

Il s’agit pour le Premier ministre israélien d’élargir sa majorité parlementaire, qui ne tient actuellement qu’à une voix.

Au-delà de l’élargissement de la coalition gouvernementale, la décision de Netanyahu de proposer la Défense à Liberman a aussi été largement interprétée par les commentateurs comme une manœuvre destinée soit à sanctionner Yaalon, soit à écarter un potentiel rival au sein du Likud.

De profonds différends opposaient Netanyahu et Yaalon depuis des semaines, notamment sur la liberté de parole des généraux israéliens et l’affaire du soldat de Hebron.

Moshe Yaalon a précisé qu’il n’avait « pas l’intention de quitter la vie politique et dans le futur, je reviendrais en tant que candidat à la tête du pays », a-t-il dit.

Yaalon a fait ces commentaires lors d’une conférence de presse vendredi à midi, au siège de l’armée – la Kirya de Tel-Aviv – où il a annoncé officiellement sa démission temporaire de la vie politique.

La nomination de Liberman, un populiste qui a menacé d’assassiner les dirigeants du Hamas et a appelé les députés arabes « des traîtres », à un tel poste sensible, a suscité de nombreuses critiques, y compris de la part des partisans de Netanyahu, tel que l’ancien ministre Benny Begin.

« J’ai travaillé avec le Premier ministre en harmonie et avec respect, sérieusement et de manière substantielle, depuis longtemps, notamment lors de l’opération Bordure Protectrice, et que je tiens à le remercier, » a-t-il dit vendredi.

« Mais à mon grand regret, je me suis trouvé dernièrement en profond désaccord sur des questions éthiques et professionnelles avec le Premier ministre, un certain nombre de ministres et de quelques membres de la Knesset.

« Je me suis battu de toutes mes forces contre la radicalisation, la violence et le racisme dans la société israélienne, qui menace sa résistance et a également atteint l’armée israélienne, provoquant déjà des dommages », dit-il.

« Je me suis battu de toutes mes forces contre les tentatives pour nuire à la Cour suprême et aux juges d’Israël, qui provoquent de graves dommages au respect de la loi et pourrait être désastreux pour notre pays. »

Le discours enflammé de Yaalon, inhabituel pour l’ancien chef de l’armée connu pour son ton calme, rend peu probable son retour dans les rangs du Likud dans un avenir proche.

« En général, la société israélienne est une société saine, et la majorité ici est sensée et désire un État juif, démocratique et libéral, un Etat qui accepte chaque personne en tant que telle, sans distinction de religion, de race, de sexe, d’origine ethnique ou d’orientation sexuelle, un pays tolérant et ouvert en faveur des plus faibles et des minorités, que nous avons un devoir d’accepter et non d’inciter contre elles, un pays qui se bat sans équivoque contre la marginalisation des femmes, le harcèlement sexuel envers elles, sans transformer [les femmes qui se plaignent] en accusées », a-t-il affirmé.

« Mais à mon grand regret, des forces extrémistes et dangereuses ont pris le dessus en Israël et sur le mouvement du Likud, et sont en train de déstabiliser notre foyer et menacent de nuire à ses habitants. »

« Cela n’est pas le Likud auquel je me suis joint – le Likud de Zeev Jabotinsky et de Menahem Begin – et il convient que la grande majorité des électeurs du Likud, un public sensé, respectable et responsable, comprenne la profondeur de la crise et l’imprudence de l’esprit qui règne sur le parti. J’espère que le grand public aussi, à droite et à gauche, comprend les graves conséquences de la prise de contrôle du centre du Likud par une minorité extrémiste, et luttera contre ces phénomènes. Ceci est essentiel ; l’existence de l’Etat en dépend ».

Yaalon a continué à critiquer les « hauts responsables politiques de notre pays » qui « ont choisi la voie de la division entre les différentes parties de la société israélienne, au lieu de l’unité ».

« Il est intolérable à mon avis que nous soyons divisés entre nous à cause du cynisme et de la soif de pouvoir, et j’ai exprimé ce point de vue plus d’une fois, de par une préoccupation très réelle pour l’avenir de la société israélienne et l’avenir des générations futures. »

« Je ne regrette d’aucune manière que ce soit ces vues professionnelles et éthiques, même si elles ont donné lieu à la fin de mon mandat en tant que ministre de la Défense. Je suis à l’aise avec mes choix et ne m’en détournerai pas. Je crains pour l’avenir d’Israël et je vais continuer cette lutte pour l’avenir, parce que nous n’avons aucun autre pays « .

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