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Hauts-de-Seine : Deux rues aux noms d’hommes antisémites seront rebaptisées

Les noms proposés sont ceux de huit femmes : Simone Veil, Camille Claudel, Lucie Aubrac, Colette, Marie Laurencin, Marie Curie, Blanche de Castille et George Sand

La rue du marquis de Morès, à Garches. (Crédit : capture d’écran Google Maps)
La rue du marquis de Morès, à Garches. (Crédit : capture d’écran Google Maps)

Le 19 avril dernier, la municipalité de Garches, dans les Hauts-de-Seine, a annoncé lancer une consultation citoyenne afin de rebaptiser deux rues portant les noms d’individus antisémites de la fin du XIXe siècle, a rapporté le site Actu Hauts-de-Seine.

Avec ces futurs prochains noms, la ville souhaite faire honneur à des femmes, et huit noms ont déjà été présélectionnés. Actuellement, aucune rue de la commune ne porte le nom d’une femme.

Les noms proposés sont : Simone Veil, Camille Claudel, Lucie Aubrac, Colette, Marie Laurencin, Marie Curie, Blanche de Castille et George Sand.

Les habitants de la commune ont jusqu’au 31 mai 2022 pour faire leur choix et voter sur le site Internet de la commune. Les biographies des huit femmes sont disponibles sur le site.

Les deux voies dont les noms seront remplacés à Garches sont l’allée Marquis de Morès et la place Charles Devos.

Le marquis de Morès, aventurier et militant politique français décédé en 1896, a fondé la « Ligue antisémitique de France » avec Édouard Drumont, journaliste français et figure historique de l’antisémitisme en France.

Morès avait écrit dans le journal de ce dernier, La Libre parole, ouvertement antisémite, dont l’administrateur entre 1895 et 1916 a été Charles Devos, qui a également été maire de Garches de 1925 à 1931.

Devos, décédé en 1931, a également été directeur de la « Librairie antisémite », à Paris, et trésorier du « Comité national antijuifs ».

En 2020, la maire actuelle de Garches, Jeanne Bécart (LR), avait estimé que la ville ne pouvait « faire la promotion d’antisémites, de personnes qui ont déshonoré la France, dans une ville qui porte les valeurs de la République ».

Yves Menel, ancien premier adjoint et actuel conseiller municipal d’opposition, avait alors expliqué que les changements de noms avaient été évoqués et envisagés depuis longtemps, mais que, par soucis administratif, certains propriétaires n’y étaient jusqu’alors pas favorables.

Ces derniers auraient changé d’avis depuis la diffusion d’un documentaire début 2020, dans lequel était rappelé le passé du marquis de Morès. La maire affirme ainsi avoir reçu suite à la diffusion une vingtaine de courriers d’administrés regrettant la présence de ces rue et allé dans la ville.

Ces dernières années, dans plusieurs pays, un débat a éclaté autour de figures historiques controversées toujours commémorées.

Il y a deux ans, le président Emmanuel Macron avait indiqué qu’aucune statue de personnages historiques controversés ne seraient enlevée dans le pays, comme le souhaitaient alors certains militants anti-racistes français.

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