Hefetz poursuit Yair Netanyahu pour 500 000 NIS pour atteinte à la vie privée
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Hefetz poursuit Yair Netanyahu pour 500 000 NIS pour atteinte à la vie privée

L'ancien assistant prétend que le fils du Premier ministre a tweeté les détails de l'enquête dans le but de l'humilier, de blesser sa famille et de saper son témoignage

Yair Netanyahu au tribunal de Tel Aviv, le 5 juin 2018. (Flash90)
Yair Netanyahu au tribunal de Tel Aviv, le 5 juin 2018. (Flash90)

Nir Hefetz, un ancien assistant et confident du Premier ministre Benjamin Netanyahu qui est devenu témoin d’Etat, a intenté lundi un procès à Yair Netanyahu, le fils du Premier ministre.

Hefetz prétend que le jeune Netanyahu a violé une ordonnance de non publication et la vie privée de Hefetz en exposant sur Twitter les détails d’une enquête sur Hefetz.

La plainte réclame 500 000 shekels (125 000 euros) de dommages et intérêts.

« Il ne peut être contesté que le message malveillant du défendeur a été publié dans l’intention de violer la vie privée du demandeur, de blesser sa famille et de l’humilier, ainsi que de miner la crédibilité de son témoignage », affirme la plainte.

La plainte fait référence aux termes utilisés par Netanyahu lorsqu’il a dévoilé des informations non autorisées, disant qu’il s’agit d’une « maîtresse qui pourrait briser la famille du témoin ».

« Le défendeur était conscient dès le début de la violation de la vie privée et de la probité du plaignant, et des immenses dommages que la publication pouvait lui causer », peut-on lire.

Nir Hefetz, ancien directeur du bureau du Premier ministre, (au centre), le magnat des médias israéliens, Shaul Elovitch (à gauche en arrière), et Eli Kamir (à droite en arrière), vus dans la salle d’audience pour la prolongation de leur détention provisoire dans l’affaire 4000, au tribunal de première instance de Tel Aviv, le 26 février 2018. (Flash90)

Hefetz est un témoin clé dans l’affaire 4000, qui soupçonne que le Premier ministre a favorisé la réglementation au profit de l’actionnaire majoritaire de Bezeq, Shaul Elovitch, en échange d’une couverture positive du site d’information Walla d’Elovitch. Cette affaire est considérée comme la plus grave des trois affaires de corruption dont le Premier ministre est victime et comprend une accusation de pots-de-vin.

En novembre, Hefetz a intenté une poursuite civile contre le ministre de la Justice Amir Ohana pour avoir enfreint une ordonnance de non publication en détaillant publiquement les allégations de mauvaise conduite de la police pendant l’interrogatoire de Hefetz.

Ohana s’était insurgé contre ce qu’il disait être une mauvaise conduite de la police en s’appuyant sur Hefetz pour témoigner contre Netanyahu, révélant des détails sur des moyens de pression prétendument illégitimes utilisés par les enquêteurs qui avaient été placés au secret par le tribunal, soi-disant pour protéger la vie privée de Hefetz.

S’exprimant à la Knesset en novembre, Ohana, qui jouit de l’immunité parlementaire, a décrit comment les enquêteurs ont fait appel à une femme qui n’était pas directement liée à l’affaire 4000 pour l’interroger, lui ont posé des questions « envahissantes et intrusives » sur sa relation avec Hefetz, puis ont organisé une rencontre « accidentelle » entre la femme et Hefetz dans le couloir pour faire pression sur lui. Après leur rencontre, les enquêteurs auraient dit à Hefetz, selon Ohana, que « nous savons tout et nous allons lâcher une bombe sur votre famille. »

Le procureur-général Avichai Mandelblit, (à gauche), et le ministre de la Justice Amir Ohana lors de la conférence annuelle sur la Justice à Lod, près de Tel Aviv, le 3 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les avocats de Hefetz ont accusé Ohana d’avoir fait « un usage abusif, méprisable et malveillant de la tribune de la Knesset pour blesser Nir Hefetz et sa famille et pour tenter de le dissuader de s’en tenir au vrai témoignage qu’il a fourni ».

Ohana a utilisé l’enquête sur Hefetz pour affirmer que le système judiciaire agissait avec des intentions malveillantes contre le Premier ministre, l’accusant de « protéger les criminels » et de laisser « la pourriture prendre le dessus ».

Le procureur général Avichai Mandelblit s’est engagé à examiner les éventuels actes répréhensibles des enquêteurs. Mais il a également émis une réprimande sans précédent à l’encontre des affirmations de M. Ohana, affirmant qu’il s’agissait d’une tentative de « tromper le public » pour le profit politique du Premier ministre.

Hefetz a également intenté un procès au commentateur radio Yakov Bardugo. Ses avocats affirment que Bardugo a diffusé les détails de l’information sous embargo dans un groupe du Likud sur WhatsApp comptant des centaines de membres.

Yair Netanyahu a l’habitude de poster des messages incendiaires sur les réseaux sociaux, y compris un qui semble être un trope antisémite sur le financier juif d’origine hongroise George Soros qui contrôle secrètement le monde.

En novembre, M. Mandelblit a annoncé son intention d’inculper le Premier ministre, l’accusant de fraude et d’abus de confiance dans les trois affaires, ainsi que de corruption dans l’affaire 4000. Le Premier ministre nie avoir commis des actes répréhensibles, a accusé la police et les procureurs de l’État d’une « tentative de coup d’État » contre lui, et cherche à obtenir l’immunité contre les poursuites.

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