Hongrie : 2 nouvelles synagogues ouvrent et réunissent des groupes juifs rivaux
Rechercher

Hongrie : 2 nouvelles synagogues ouvrent et réunissent des groupes juifs rivaux

Les trois plus grands groupes juifs du pays - l'EMIH, le MAOIH et Mazsihisz - ont une relation ténue, en proie à des conflits idéologiques, théologiques et de financiers

Des enfants examinent un rouleau de la Torah alors qu'il est transporté dans la synagogue de la rue Vorosmarty à Budapest, en Hongrie, le 27 août 2021. (Crédit : Cnaan Liphshiz via JTA)
Des enfants examinent un rouleau de la Torah alors qu'il est transporté dans la synagogue de la rue Vorosmarty à Budapest, en Hongrie, le 27 août 2021. (Crédit : Cnaan Liphshiz via JTA)

BUDAPEST, Hongrie (JTA) – Les communautés juives de Hongrie ont ouvert deux nouvelles synagogues dans le cadre du festival culturel juif annuel de la capitale.

L’une est située dans le centre animé de Budapest, tandis que l’autre est une synagogue de 50 places dans un immeuble d’habitation.

Cette dernière – la synagogue de la rue Vorosmarty – est la propriété de MAOIH, un groupe de coordination de congrégations orthodoxes. Mais MAOIH n’a ni les congrégations ni les fonds nécessaires pour rénover et faire fonctionner l’endroit, qui sera donc géré par EMIH, une organisation-cadre plus importante affiliée au mouvement Chabad-Lubavitch. L’EMIH compte une vingtaine de synagogues et une trentaine d’émissaires.

« Il vaut mieux que la synagogue vive que de la laisser désaffectée comme elle l’a été pendant des décennies », a déclaré la semaine dernière à la presse Robert Deutch, le président de l’EMIH.

Les trois plus grands groupes juifs du pays – l’EMIH, le MAOIH et le plus grand, le Mazsihisz – ont une relation ténue, en proie à des conflits idéologiques, théologiques et de financiers.

Vendredi, environ 300 personnes, la plupart affiliées à l’EMIH mais comprenant également quelques juifs hongrois non observants, ont participé à une fête de rue qui a culminé avec l’apposition d’une nouvelle mezouza à la synagogue par le rabbin Szlomo Koves, le chef de l’EMIH. La structure a été rénové et bénéficie désormais d’une décoration intérieure d’aspect luxueux, avec des murs en marbre, des panneaux en bois et des lumières LED.

Les habitants ont posé pour être pris en photo avec les fêtards qui dansaient en procession au son de la musique diffusée par les haut-parleurs qu’ils avaient apportés avec eux. Mais deux hommes d’âge moyen ont également proféré des insultes à l’encontre des fêtards. Il n’y a pas eu d’agression physique.

La plus grande synagogue a ouvert ses portes dans le quartier verdoyant et placide d’Ujbuda, sur la rive occidentale du Danube. Installée dans un bâtiment historique Bauhaus, la synagogue d’Ujbuda compte environ 200 sièges et une salle de prière circulaire dans un espace rectangulaire. L’EMIH possède et gère la synagogue.

Après l’ouverture, le rappeur hassidique Nissim Black a donné un concert qui a attiré des centaines d’auditeurs, dont de nombreux non-juifs.

Le concert était l’événement de clôture du festival culturel juif qui a duré une semaine et qui comprenait également un hommage au cholent, un plat juif à cuisson lente que de nombreux juifs pratiquants préparent pour le Shabbat. Dimanche, des centaines de kilos de cholent casher ont été distribués gratuitement aux passants dans un parc près de la synagogue.

Par ailleurs, Mazsihisz a inauguré dimanche une nouvelle aile du Jewish Charity Hospital de Budapest, construite grâce à une subvention de 14 millions de dollars du gouvernement.

Cet ajout « montre que les juifs hongrois se portent garants les uns des autres et des autres », a déclaré Zoltan Radnoti, rabbin principal de Mazsihisz, à la Jewish Telegraphic Agency.

La Hongrie comptait autrefois quatre hôpitaux appartenant à des communautés juives, mais un seul a survécu à la Shoah, au cours duquel les nazis et les collaborateurs locaux ont tué plus de la moitié de la population juive d’avant-guerre, qui comptait environ un million de personnes. Seules 47 000 personnes se définissant comme juives vivent aujourd’hui en Hongrie, selon l’Institut de recherche sur la politique juive, basé à Londres.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...