Implantations: l’UE condamne, les Palestiniens demandent des sanctions
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Implantations: l’UE condamne, les Palestiniens demandent des sanctions

Le département d'Etat n'a pas voulu critiquer les nouvelles constructions annoncées en Cisjordanie, disant qu'Israël prenait "en considération les inquiétudes de Trump"

Des travailleurs arabes sur un chantier dans les implantations, à Ariel le 25 janvier 2017. (Crédit ; Sebi Berens/Flash90)
Des travailleurs arabes sur un chantier dans les implantations, à Ariel le 25 janvier 2017. (Crédit ; Sebi Berens/Flash90)

L’Union européenne a critiqué Israël jeudi pour l’avancée de projets déterminant plus de 1 000 nouvelles constructions en Cisjordanie, disant qu’elles viennent menacer l’établissement d’un état palestinien « adjacent et stable ».

Mercredi, la commission du ministère de la Défense responsable de l’approbation des constructions au sein des implantations a donné son autorisation finale à 382 nouvelles habitations. Elle a par ailleurs avancé à un stade de planification connu sous le nom de « dépôt » 620 unités de logement supplémentaires.

« S’ils sont mis en oeuvre, ces plans viendront encore davantage mettre en péril la perspective d’un état palestinien adjacent et viable », a mis en garde l’aile diplomatique de l’Union européenne dans un communiqué.

Le bloc a également répété son opposition aux constructions au sein des implantations, qui sont, selon lui, « illégales au regard du droit international en plus qu’un obstacle à la paix ».

« L’Union européenne continuera à s’engager auprès des deux parties et de ses partenaires internationaux et régionaux pour soutenir une reprise de processus significatif permettant d’avancer vers une solution négociée à deux états, la seule solution réaliste et viable pour réaliser les aspirations légitimes des deux parties », a expliqué le communiqué.

Ce communiqué a été émis alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est rendu en Lituanie avec pour objectif de s’assurer le soutien au sein des pays de l’est de l’Union européenne.

Avant de décoller de Tel Aviv, Netanyahu a expliqué vouloir « rééquilibrer les relations pas toujours amicales entretenues par Israël et l’Union européenne ».

Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine, s’entretient avec des journalistes lors d’une conférence de presse après sa rencontre avec des diplomates et des dignitaires étrangers, à Ramallah, en Cisjordanie, le 28 février 2018. (AFP / Abbas Momani

Saeb Erekat, haut-négociateur palestinien pour la paix, a demandé des sanctions internationales pour ces nouvelles constructions.

« La dernière annonce israélienne sur les implantations réaffirme l’engagement du gouvernement israélien en faveur de la colonisation et de l’apartheid », a écrit Erekat dans un communiqué. « Cela fait trop longtemps que la communauté internationale devrait imposer des sanctions sur Israël jusqu’à ce que le pays reconnaisse et remplisse ses obligations sous les termes de la loi internationale et des résolutions de l’ONU ».

Il a également clamé que « l’expansion d’implantations coloniales » en Cisjordanie était un « crime de guerre » et il a accusé le département d’Etat américain « d’encourager Tel Aviv à continuer ses violations du droit international qui menacent la paix et la sécurité dans notre région ».

Le département d’Etat américain s’est abstenu de critiquer l’approbation de ce millier de logements mercredi.

« Le président a clairement établi sa position sur les implantations et nous encourageons toutes les parties à avancer vers la paix », a-t-il fait savoir. « Le gouvernement israélien a clairement expliqué que son intention était d’adopter une politique en termes d’activités d’implantation qui prenne en considération les inquiétudes du président. Les Etats-Unis saluent cela ».

Parmi les plans avancés en dépôt, figure un projet de 370 habitations dans l’implantation d’Adam, au centre de la Cisjordanie, où Yotam Ovadia a été poignardé à mort lors d’un attentat terroriste commis le mois dernier.

Après l’attentat, le ministre de la Défense Avigdor Liberman avait annoncé qu’il prônerait un plan prévoyant la construction de centaines de maisons au sein de l’implantation. Alors qu’il ne l’avait pas explicitement spécifié, il faisait référence à ce moment-là au plan déjà existant qui a été avancé mercredi.

Une vue de l’implantation d’ Adam (Geva Binyamin), en Cisjordanie, depuis le quartier juif de Neve Yaakov à Jérusalem, le 1er janvier 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Tandis que la plus grandes partie de ces projets sont situés à l’ouest de la clôture de sécurité – ou au moins à l’ouest de son tracé prévu – un certain nombre d’autres plans sont destinés à des communautés plus isolées.

Des projets portant sur 29 logements dans l’implantation d’Otniel, dans le sud de la Cisjordanie, et sur 52 maisons à Beit El, dans le centre de la Cisjordanie, ont dépassé l’étape du dépôt.

Parmi les plans qui ont été approuvés, 108 unités de logement dans la ville de Nofim, dans le nord de la Cisjordanie, 168 à Tzofim, à l’est de Kfar Saba, et 44 à Maale Adumim, ville-implantation située à l’est de Jérusalem dont un grand nombre de députés de droite ont réclamé l’annexion.

Tandis que la communauté internationale considère toutes les activités d’implantation comme illégales, Israël fait la distinction entre les maisons construites et autorisées par le ministère de la Défense sur des terres appartenant à l’Etat au sein des implantations et les avants-postes installés sans les permis nécessaires et parfois sur des terres privées palestiniennes.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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