Implantations : Feu vert à la construction de plus de 1000 logements
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Implantations : Feu vert à la construction de plus de 1000 logements

Les députés de droite et les chefs d'implantation ont critiqué une directive issue du bureau de Netanyahu qui a ordonné l'abandon du plan de légalisation de deux avants-postes

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Travaux dans le nouveau quartier de l'implantation de Maale Amos, en Cisjordanie, le 18 juin 2017. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)
Travaux dans le nouveau quartier de l'implantation de Maale Amos, en Cisjordanie, le 18 juin 2017. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)

La commission du ministère de la Défense responsable de l’autorisation des constructions au sein des implantations a fait avancer les plans de plus de 1 000 habitations en Cisjordanie, et des centaines d’autres devraient être mises sur le marché lors des jours à venir.

Sur les 1 004 habitations qui ont obtenu le feu vert du sous-comité de planification de l’Administration civile, 382 ont obtenu une approbation finale de construction tandis que 620 ont franchi l’étape de planification connue sous le nom de « dépôt ».

Le ministère de la Défense devrait également approuver des centaines de logements pour le « mise sur le marché » – une étape supplémentaire exigée pour les projets se trouvant dans de plus importantes implantations. Selon un responsable de l’administration civile, ces projets comprennent des habitations à Alfei Menashe, à l’est de Kfar Saba, et à Maale Efraim, dans la vallée du Jourdain.

Au début du mois d’août, plus de 500 maisons ont été approuvées pour cette commercialisation dans l’implantation de Beit Aryeh, au sud-est de Rosh Haayin.

Parmi les plans avancés en dépôt, figure un projet de 370 habitations dans l’implantation d’Adam, au centre de la Cisjordanie, où Yotam Ovadia a été poignardé à mort lors d’un attentat terroriste commis le mois dernier.

Après l’attentat, le ministre de la Défense Avigdor Liberman avait annoncé qu’il prônerait un plan prévoyant la construction de centaines de maisons au sein de l’implantation. Alors qu’il ne l’avait pas explicitement spécifié, il faisait référence à ce moment-là au plan déjà existant qui a été avancé mercredi.

Tandis que la plus grandes partie de ces projets sont situés à l’ouest de la clôture de sécurité – ou au moins à l’ouest de son tracé prévu – un certain nombre d’autres plans sont destinés à des communautés plus isolées.

Des projets portant sur 29 logements dans l’implantation d’Otniel, dans le sud de la Cisjordanie, et sur 52 maisons à Beit El, dans le centre de la Cisjordanie, ont dépassé l’étape du dépôt.

Parmi les plans qui ont été approuvés, 108 unités de logement dans la ville de Nofim, dans le nord de la Cisjordanie, 168 à Tzofim, à l’est de Kfar Saba, et 44 à Maale Adumim, ville-implantation située à l’est de Jérusalem dont un grand nombre de députés de droite ont réclamé l’annexion.

Il y a eu deux projets parmi les près d’une vingtaine figurant sur le registre d’approbation de l’Administration civile, mercredi, qui, selon les législateurs de droite, ont été ôtés à la dernière minute suite à une directive du bureau du Premier ministre.

Les chefs du groupe de lobby Terre d’Israël à la Knesset, Bezalel Smotrich (HaBayit HaYehudi) et Yoav Kisch (Likud) ont fustigé la décision et appelé le Premier ministre à « agir avec une plus grande rigueur pour promouvoir les implantations plutôt que de faire le contraire ».

Les projets controversés prévoyaient la légalisation de deux avants-postes.

Le premier se situe à proximité de l’implantation ultra-orthodoxe de Maale Amos, qui compte dans ses quartiers Ibei Hanahal, un regroupement d’une centaine d’habitations qui ont été construites sans permis. Avant de supprimer le projet de l’ordre du jour de mercredi, l’instance du ministère de la Défense était supposée approuver en dépôt en plan qui aurait vu la légalisation de cet avant-poste en démolissant les maisons édifiées à Ibei Hanachal, avant de les reconstruire avec les permis appropriés.

Construction de nouveaux logements dans l’implantation israélienne de Kfar Adumim, le 25 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le second avant-poste qui devait être légalisé avant que le projet ne soit abandonné à la dernière minute est adjacent à l’implantation de Kfar Adumim. La ville du centre de Cisjordanie prévoit de faire construire un centre d’enseignement qui comprendra des dortoirs.

L’observatoire des implantations La Paix maintenant a indiqué que ces plans étaient une mise en oeuvre de la politique mise en place par le gouvernement, qui récompense les habitants d’implantation pour leurs constructions édifiées sans permis, souvent sur des terres privées palestiniennes.

« Au lieu de résoudre la crise du logement au sein d’Israël, le gouvernement préfère priver la majorité de ses citoyens et développer l’état providence au delà de la ligne verte, tout en appuyant les plans d’annexion de la droite et en portant préjudice aux chances de paix », a déclaré l’ONG de gauche dans un communiqué.

Tandis que la communauté internationale considère toutes les activités d’implantation comme illégales, Israël fait la distinction entre les maisons construites et autorisées par le ministère de la Défense sur des terres appartenant à l’Etat au sein des implantations et les avants-postes installés sans les permis nécessaires et parfois sur des terres privées palestiniennes.

Malgré l’addition de centaines de nouvelles unités de logement dans son conseil régional de Samarie, son président, Yossi Dagan, n’a pas voulu outrageusement se réjouir.

« Nous sommes heureux pour chaque nouvelle maison en Samarie mais nous devons dire la vérité. Des centaines d’unités de logement ne sont pas suffisantes pour une zone qui constitue 12 % de l’Etat d’Israël », a-t-il indiqué dans un communiqué.

« Nous attendons du gouvernement qu’il accélère le rythme, qu’il cesse de se préoccuper de ce qui se dira à l’étranger et qu’il développe cette belle région ».

La session de l’Administration civile, mercredi, a été l’une des quatre organisées chaque année suite à un accord présumé conclu avec la Maison Blanche lorsque Trump a pris ses fonctions.

Lors de sa dernière rencontre, au mois de mai, le ministère de la Défense avait fait avancer 1957 habitations, avec 696 d’entre elles qui avaient emporté une approbation finale de construction. A peine la moitié des maisons évoquées alors se trouveront dans des implantations isolées, hors des « blocs d’implantation » qui, selon la majorité des leaders israéliens, devraient rester au sein de l’Etat juif lors d’un éventuel accord de paix avec les Palestiniens.

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