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« In Absentia », un roman de Raphaël Jerusalmy sur le destin de deux déportés

Ce roman raconte l’histoire de personnages qui s’absentent dans la fiction et le rêve et tire la conclusion qu’il ne faut jamais cesser de raviver la mémoire de la Shoah

L’écrivain français Raphaël Jerusalmy, en 2013. (Crédit : librairie mollat / CC BY-SA 4.0)
L’écrivain français Raphaël Jerusalmy, en 2013. (Crédit : librairie mollat / CC BY-SA 4.0)

Raphaël Jerusalmy, romancier, ancien des renseignements de l’armée israélienne, a publié en début d’année In Absentia (Actes Sud).

Dans cet ouvrage, ce petit-fils de déportés exterminés à Auschwitz retrace le destin de deux hommes unis par un même parcours concentrationnaire, et que l’imaginaire va venir sauver.

Paul Bernstein, amateur d’art juif à Paris, vit dans le Paris occupé, et fuit dans l’art, les mondanités, les huîtres et la mescaline. Il va finalement être déporté à Auschwitz via Drancy.

Pierre Delmain, écrivain communiste, est lui enfermé dans le camp du Struthof, en Alsace, seul camp de concentration nazi sur le territoire français. Là-bas, il a la tâche d’achever, à mains nues, en les étranglant, les prisonniers agonisants qui ont été utilisés par un médecin sadique pour mener ses expériences.

Une troisième histoire est contée dans le roman : celle dans laquelle s’évade Pierre Delmain alors qu’il se trouve dans le camp. Celle-ci, semi-fantastique, se déroule il y a bien plus longtemps, durant la Deuxième Croisade, au XIIe siècle. S’inscrivant dans le rêve et le fantasme, avec des personnages avatars d’individus du camp, elle permet à l’écrivain communiste de s’absenter du Struthof.

In Absentia raconte ainsi l’histoire de personnages qui s’absentent dans la fiction et le rêve.

Raphaël Jerusalmy, diplômé de l’École normale supérieure, explique qu’il n’avait pas l’intention d’écrire sur la Shoah, jusqu’au jour où la conservatrice du musée-mémorial d’un camp de concentration lui a raconté une histoire. Elle lui a expliqué qu’afin d’étayer les théories raciales nazies, un médecin avait commandé 100 squelettes, mis « sur pied », et gazés vivants dans cette position – seuls leurs squelettes ont été conservés.

« Cette histoire-là, c’était une danse macabre dans ma tête pendant des mois », a expliqué l’auteur français, qui imagine ainsi la rencontre entre son personnage Pierre Delmain et Bernstein, l’un des squelettes.

Ce roman tire la conclusion qu’il ne faut jamais cesser de raviver la mémoire de la Shoah.

« Depuis que je l’ai écrit, je suis convaincu de la nécessité de ce livre et de ne jamais s’arrêter d’écrire des romans à propos de la Shoah », a expliqué Jerusalmy.

L’auteur avait publié auparavant les livres La Rose de Saragosse, Évacuation, Les obus jouaient à pigeon vole, La Confrérie des chasseurs de livres, Sauver Mozart : le journal d’Otto J. Steiner et Shalom Tsahal : confessions d’un lieutenant-colonel des renseignements israéliens.

Il a été récompensé des prix Emmanuel-Roblès (2013) et Amerigo-Vespucci (2017).

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