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Inauguration du nouveau musée de la Knesset en présence de Netanyahu et Herzog

Le président appelle au respect entre les pouvoirs et le Premier ministre rappelle qu'Israël était autrefois une démocratie parlementaire où les pouvoirs connaissaient leur place

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononçant un discours lors de l'inauguration du musée de la Knesset, dans le centre-ville de Jérusalem, le 11 août 2025. (Crédit : Asi Efrati/Bureau du porte-parole de la Knesset)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononçant un discours lors de l'inauguration du musée de la Knesset, dans le centre-ville de Jérusalem, le 11 août 2025. (Crédit : Asi Efrati/Bureau du porte-parole de la Knesset)

Le président de la Knesset Amir Ohana, le président Isaac Herzog, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le maire de Jérusalem Moshe Lion et d’autres dignitaires se sont réunis lundi pour inaugurer le nouveau musée de la Knesset, installé dans le bâtiment de Beit Froumine, rue King George, à Jérusalem, où le Parlement israélien a siégé de 1950 à 1966.

Netanyahu et Herzog ont semblé afficher publiquement leur, lorsque le chef de l’État a implicitement critiqué les efforts du gouvernement visant à affaiblir le pouvoir judiciaire, lors de la cérémonie.

Dans son discours, Netanyahu a rejeté les critiques à l’encontre de sa politique judiciaire, insistant sur le fait que la démocratie israélienne était plus forte par le passé, lorsque chacune des trois branches du gouvernement « connaissait sa place et son rôle, et qu’il y avait un équilibre ».

« Israël était une démocratie parlementaire classique qui fonctionnait grâce à un système de freins et de contrepoids. J’espère que nous pourrons revenir à la compréhension qui prévalait à l’époque », a déclaré Netanyahu.

Netanyahu a également rejeté les critiques concernant sa gestion de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.

« C’est précisément en ces jours de grandes victoires contre ceux qui sont venus nous détruire, alors que la fin de la campagne est proche et que nous travaillons désormais à vaincre les derniers vestiges de l’axe iranien ainsi qu’à libérer tous nos otages, que nous célébrons ici notre existence et notre indépendance, au cœur de notre capitale éternelle, Jérusalem », a insisté Netanyahu.

De gauche à droite : Sara Netanyahu, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président Isaac Herzog, Michal Herzog, le président de la Knesset Amir Ohana et le maire de Jérusalem Moshe Lion assistant à l’inauguration du nouveau musée de la Knesset, dans le centre-ville de Jérusalem, le 11 août 2025. (Crédit : Asi Efrati/Bureau du porte-parole de la Knesset)

En réponse manifeste aux vives critiques formulées par le Forum des familles des otages après ses propos de la veille concernant la libération des vingt otages encore en vie à Gaza , qui semblaient faire abstraction de ceux qu’Israël a déclarés morts, Netanyahu a déclaré : « Nous nous battons pour tous, les vivants comme les morts. »

Par ailleurs, lors de la cérémonie d’inauguration, Herzog a implicitement critiqué les efforts du gouvernement visant à affaiblir le pouvoir judiciaire.

« Le respect mutuel entre les trois branches du gouvernement doit être maintenu. Nous devons nous tourner vers le passé et tirer les leçons de la manière dont, malgré de profonds désaccords, les membres de la Knesset ont intériorisé la responsabilité nationale qui leur incombait », a-t-il déclaré.

« Il est important de rappeler que la Knesset est l’incarnation ultime de la souveraineté et que nous devons donc préserver son indépendance et celle de ses membres, même lorsque des opinions sévères sont exprimées », a-t-il poursuivi, semblant ainsi critiquer les récentes tentatives infructueuses d’expulser Ayman Odeh, député et chef de l’alliance radicale Hadash-Taal à majorité arabe, du Parlement.

Abordant les affaires internationales, Herzog a déclaré que la reconnaissance d’un État palestinien serait une « grave erreur » et une « récompense pour le terrorisme », en réponse à l’annonce récente du Premier ministre australien, Anthony Albanese.

S’adressant à l’audience, Herzog a imaginé les réactions des anciens membres de la Knesset « au sujet de l’intention du Premier ministre australien de reconnaître un État palestinien ».

« Je n’ai aucun doute sur ce qu’auraient dit ensemble [David] Ben Gurion et [Menahem] Begin, qui se trouvaient dans des camps opposés, et je le répète moi aussi avec force devant le monde entier : Israël a toujours œuvré et œuvrera toujours pour la paix avec ses voisins, parmi lesquels les Palestiniens. Quand Israël combat la cruauté du terrorisme, il le fait pour la paix et pour le monde libre », a expliqué le président.

« Ces annonces, faites par l’Australie et par d’autres pays, sont une récompense accordée terrorisme, un prix décerné aux ennemis de la liberté et de la démocratie. Il s’agit d’une grave et dangereuse erreur qui n’aidera aucun Palestinien et qui, malheureusement, ne permettra pas de libérer un seul otage », a-t-il ajouté.

Un bâtiment d’importance nationale

Dans une déclaration précédant la cérémonie de lundi, le président de la Knesset, Ohana, a décrit le nouveau musée comme « un bâtiment d’importance nationale et historique dans l’histoire du peuple juif, où ont été promulguées des lois, prononcés des discours et menés des débats qui ont façonné le caractère de la Knesset et de l’État d’Israël ».

« L’histoire de la Knesset et de l’État d’Israël n’a jamais été aussi accessible », a-t-il déclaré.

Puis, en évoquant les défis actuels auxquels Israël est confronté, Ohana a déclaré lors de la cérémonie : « Il semble que les épreuves auxquelles nous sommes confrontés, le gouvernement, la Knesset, l’armée et le peuple, ne sont pas moins difficiles que celles auxquelles ont été confrontés nos prédécesseurs qui siégeaient ici. »

Beit Froumine, siège de la Knesset de 1950 à 1966, dans le centre-ville de Jérusalem, le 8 août 2025. (Crédit : Noam Moskowitz, Bureau du porte-parole de la Knesset)

« La Guerre d’Indépendance n’est pas terminée, car il y a encore ceux qui travaillent à rayer l’État juif de la surface de la Terre. Nous nous battons pour éradiquer le mal que représente le Hamas de la surface de la Terre, alors que 50 de nos otages sont toujours détenus à Gaza. Nous nous battons pour eux et sommes déterminés à les ramener à la maison. Une victoire totale à Gaza n’est pas un slogan, c’est une condition sine qua non pour assurer la paix des générations futures », a poursuivi Ohana.

Une histoire marquée par la loi… et la violence

Selon le site web de la Knesset, Beit Froumine devait initialement servir de bâtiment résidentiel et commercial mixte, mais il a été choisi pour accueillir le Parlement en 1948 en raison de la présence d’une grande salle et d’une galerie pour les visiteurs.

Il a été utilisé pour la première fois comme Parlement en mars 1950 et a notamment été le théâtre de l’adoption de Lois fondamentales telles que la Loi du retour. Ce bâtiment sans caractère particulier, situé à un carrefour très fréquenté du centre-ville de Jérusalem, a également été le théâtre de deux des épisodes les plus violents de l’histoire de la Knesset.

Le 7 janvier 1952, des milliers de personnes se sont rassemblées devant le bâtiment pour protester contre la décision du gouvernement de conclure un accord de réparation avec la République fédérale d’Allemagne, sept ans après la fin de la Shoah.

Alors que les parlementaires débattaient de l’accord, un rassemblement d’opposants mené par le futur Premier ministre, Menahem Begin, a progressivement dégénéré. La police a érigé des barricades et des barrières métalliques, mais les manifestants ont commencé à lancer des pierres sur le bâtiment, dont l’une a brisé une fenêtre et touché le député Hannan Rubin à la tête.

Il aura fallu cinq heures à la police pour disperser la foule en colère. Des centaines de personnes ont été arrêtées.

En 1958, Beit Froumine a de nouveau été le théâtre d’une attaque contre des membres du Parlement, lorsqu’un homme souffrant de troubles mentaux, Moshe Duek, a lancé une grenade dans le bâtiment.

Yitzhak Ben-Zvi (au centre) s’exprimant à la Knesset, à Jérusalem, le 30 octobre 1957, après avoir prêté serment pour un deuxième mandat consécutif, au lendemain d’un attentat à la grenade contre la Knesset qui avait blessé plusieurs ministres. (Crédit : AP Photo)

Le ministre de la Justice de l’époque, Moshe Shapira, avait été grièvement blessé. Le Premier ministre, David Ben Gurion, et la ministre des Affaires étrangères, Golda Meïr, avaient également été légèrement blessés.

Le bâtiment a ensuite été utilisé par le ministère du Tourisme, puis vendu à un promoteur privé en 2004. En 2010, les députés ont adopté la loi sur le musée de la Knesset, qui stipule que le site doit devenir un musée. Plus d’une décennie de travaux de reconstruction et de rénovation de cette structure vieille de plusieurs dizaines d’années ont alors été nécessaires.

Le nouveau musée comprend une salle plénière reconstituée, une salle des cabinets, le réfectoire de la Knesset, ainsi qu’une variété d’activités et de programmes, a annoncé le porte-parole de la Knesset.

« Le musée de la Knesset constituera une étape importante dans l’éducation des générations futures sur les événements marquants dont cette institution a été témoin, ainsi que sur les processus historiques qui ont façonné l’État d’Israël », a déclaré Moshe Edri, le directeur général, dans un communiqué, se réjouissant que le nouveau musée « offrira aux visiteurs une expérience unique qui plaira à toute la famille ».

Tal Schneider a contribué à cet article.

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