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Irak : Grâce à de récentes pluies, les mythiques marais reprennent des couleurs

L'hiver et ses pluies saisonnières sont venus quelque peu soulager les très touristiques marais de Chibayich et de Hawizeh, confrontés à la sécheresse

Un agriculteur irakien va chercher de l'eau dans un ruisseau asséché et pollué, dans la province centrale de Najaf, en Irak, le 1er mai 2022. (Crédit : Qassem al-KAABI / AFP)
Un agriculteur irakien va chercher de l'eau dans un ruisseau asséché et pollué, dans la province centrale de Najaf, en Irak, le 1er mai 2022. (Crédit : Qassem al-KAABI / AFP)

Les sabots dans l’eau, les buffles noirs au pelage lustré mâchouillent lentement des tiges de roseaux. Dans les mythiques marais mésopotamiens du sud de l’Irak, les pluies hivernales ont apporté un peu de répit aux éleveurs de cette région frappée par la sécheresse.

Inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, ces marais ont souffert l’été dernier de la sécheresse qui frappe l’Irak en raison de précipitations en baisse et le débit réduit des fleuves Tigre et Euphrate, dus aux barrages construits en amont dans les pays voisins, la Turquie et l’Iran.

L’hiver et ses pluies saisonnières sont venus quelque peu soulager les très touristiques marais de Chibayich, situés dans la province de Dhi Qar, ou encore ceux de Hawizeh, à cheval sur la frontière avec l’Iran.

Au milieu des roseaux et des petits îlots de terre, Rahim Daoud fait avancer sa barque sur une vaste étendue d’eau à l’aide d’un bâton, tel un gondolier.

« Cet été, ici, c’était de la terre, il n’y avait pas d’eau », se souvient l’homme de 58 ans qui vit de l’élevage de buffles à Chibayich. « Avec la pluie qui est tombée, le niveau de l’eau est monté », se réjouit-il.

Une photo aérienne montrant un bateau amarré dans un canal du marais d’Umm El Wadaa en recul, au sud-est de la ville irakienne de Nasiriyah, dans la province de Dhi Qar au sud de l’Irak, le 16 août 2022. (Crédit : Asaad NiaziI/AFP)

Dans les marais de Hawizeh ou ceux de Chibayich, les photographes de l’AFP avaient pu constater l’été dernier la disparition de vastes étendues de terres humides, remplacées par des sols craquelés et parsemés d’arbustes jaunissant. 

En octobre, un responsable de la province pauvre et rurale de Dhi Qar avait rapporté à l’AFP le départ en six mois de 1 200 familles qui avaient quitté les marais et des zones agricoles du sud de l’Irak. Selon lui, 2 053 buffles étaient morts sur la même période.

L’Irak était alors confronté pour la troisième année consécutive à une grave sécheresse et des températures caniculaires qui ont dépassé les 50 degrés pendant l’été 2022.

« Il y a une amélioration progressive », a reconnu dimanche Hussein al-Kenani, qui dirige le centre gouvernemental chargé de la protection des marais et des zones humides. « L’eau de pluie a été récupérée dans les canaux et les fleuves » pour être redirigée vers les marais, a-t-il précisé à l’AFP.

« Le niveau de l’eau dans les marais de Chibayich a augmenté de plus de 50 cm par rapport à décembre et de plus de 30 cm pour les marais de Hawizeh », a déclaré M. Kenani.

Un homme dans les marais du sud de l’Irak. (Crédit : Domaine public/Wikimedia Commons)

En juillet, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) déplorait « une baisse sans précédent du niveau de l’eau », soulignant « l’impact désastreux » sur plus de 6 000 familles, « en train de perdre leurs buffles, leur unique gagne-pain ».

L’agence onusienne a salué début janvier les récentes pluies venues soulager la région de Chibayich, soulignant « une baisse du niveau de salinité » de l’eau « ce qui fait qu’elle peut être bue par les gens et leurs bêtes ». « C’est un impact positif en particulier pour les éleveurs de buffles », ajoute le communiqué.

Tout en actant une hausse toute relative du niveau de l’eau dans les marais, Jassim al-Assadi, à la tête de l’association de défense de l’environnement Nature Iraq, pointe toutefois du doigt « le problème à l’été prochain ».

« Les pluies à elles seules ne suffisent pas », estime-t-il. « Il n’y a pas suffisamment d’eau venant du côté turc », ajoute-t-il. Et les principaux barrages en Irak, situés en amont des marais, « ne disposent pas d’un réservoir adéquat et suffisant pour le reste de l’année », avertit-il.

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