Irresponsabilité pénale : Rivlin salue le soutien de Macron au changement de loi
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Irresponsabilité pénale : Rivlin salue le soutien de Macron au changement de loi

Le président israélien a déclaré à son homologue que "la loi telle qu'elle existe est déficiente, et cette déficience a permis à un meurtrier d'échapper à la justice"

Le président français Emmanuel Macron et son homologue israélien Reuven Rivlin lors de leur conférence de presse commune, à la résidence officielle du président israélien, à Jérusalem, le 22 janvier 2020. (Crédit : Haim Zach / GPO)
Le président français Emmanuel Macron et son homologue israélien Reuven Rivlin lors de leur conférence de presse commune, à la résidence officielle du président israélien, à Jérusalem, le 22 janvier 2020. (Crédit : Haim Zach / GPO)

Le président Reuven Rivlin a écrit une lettre à son homologue français Emmanuel Macron concernant une décision de la plus haute juridiction française selon laquelle un homme qui a tué une femme juive à Paris n’était pas pénalement responsable car il était sous l’emprise de la marijuana au moment des faits.

Dans la lettre, Rivlin qualifie le meurtre de Sarah Halimi d' »antisémite, brutal et terrible », tout en saluant le soutien de Macron à la modification de la loi française pour empêcher un autre cas de ce type.

« Votre réponse rapide et claire envoie un message clair à la famille de la victime et à la France dans son ensemble : la loi telle qu’elle existe actuellement est déficiente, et cette déficience a permis à un meurtrier méprisable d’échapper à la justice et à la punition », dit Rivlin à Macron.

« Les faits de l’affaire sont là. Le Dr Sarah Halimi a été victime d’un meurtre méprisable commis par un meurtrier cruel parce qu’elle était juive, et tout doit être fait pour envoyer un message clair qu’il n’y a, et qu’il n’y aura, aucune tolérance de l’antisémitisme malade et méprisable et des attaques contre les Juifs en raison de leur ethnicité et de leur religion », a ajouté Rivlin.

Sarah Halimi, défenestrée en avril 2017 à Paris. (Autorisation)

Le 4 avril 2017, Kobili Traoré, 27 ans, en proie à une « bouffée délirante », a fait irruption chez Sarah Halimi, sa voisine de 65 ans.

Aux cris de « Allah Akbar », le jeune homme musulman la roue de coups en récitant des versets du Coran avant de la jeter par-dessus le balcon de leur HLM de Belleville, dans l’Est de Paris.

Si, pendant l’enquête, sept experts psychiatriques ont tous conclu à une « bouffée délirante », probablement provoquée ou aggravée par sa forte consommation de cannabis, l’un d’eux s’était démarqué sur les conséquences juridiques à en tirer.

L’expert Daniel Zagury suggérait en effet de retenir « l’altération du discernement », invoquant une « intoxication chronique volontaire » dont Kobili Traoré ne pouvait ignorer les dangers.
Les magistrats de la cour d’appel ne l’avaient pas suivi et avaient déclaré le meurtrier irresponsable pénalement, tout en retenant que les charges étaient suffisantes pour des poursuites pour meurtre avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme.
Kobili Traore. (Crédit : autorisation)
Sur ce dernier point, ils avaient suivi les explications du Dr. Zagury sur la dimension antisémite du geste de Kobili Traoré, pris d’un « délire persécutif polymorphe, à thématique mystique et démonopathique ».
« Dans le bouleversement délirant, le simple préjugé ou la représentation banale partagée se sont transformées en conviction absolue », avait expliqué l’expert dans son rapport. Après un débat public, la cour d’appel de Paris, le 19 décembre 2019, avait déclaré Kobili Traoré irresponsable pénalement, et ordonné son hospitalisation assortie de mesures de sûreté pour 20 ans.
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